Édition du
22 October 2017

L’insoutenable paradoxe démocratique

Salim METREF

L’incompréhensible n’est pas tant de voir s’offusquer, sous d’autres cieux, ceux qui ne comprennent ni n’acceptent que l’on puisse concilier, chez eux, idéologie laïque et exigences religieuses que de voir se propager dans les sociétés musulmanes des modèles d’analyse élaborés ailleurs et qui, depuis la tragédie algérienne, font école et font aussi des émules.

Selon le point de vue que l’on adopte, le modèle peut être énoncé à partir de l’un des deux postulats suivants : récuser le choix populaire par la violence et la répression engendre inéluctablement la guerre civile et susciter des peurs réelles ou feintes sur un futur dont on ne devine pas nécessairement les contours et que l’on considère comme dangereux peut-il justifier que l’arbitraire soit commis. Et il s’agit le plus souvent d’exiger dans une première étape que l’alternance au pouvoir, aboutissement d’un processus révolutionnaire, transitoire ou autre, se fasse par l’expression démocratique du suffrage universel et de le rejeter dans une seconde étape lorsque les résultats obtenus ne sont pas ceux attendus. Les vaincus se proclament alors victimes et les vainqueurs sont contestés. La légitimité des pouvoirs égyptien et tunisien que nul ne peut contester est ainsi subitement remise en cause par ceux qui ont la naïveté de croire qu’une révolution peut se faire et s’accomplir grâce ou à cause des réseaux sociaux ou par des personnes assises devant leur écran d’ordinateur. Mais les faits deviennent têtus lorsqu’ils sont récurrents et, comme en sciences expérimentales, un processus n’est validé que par l’apprentissage et l’observation attentive des phénomènes redondants. Pour étayer notre propos, retenons l’anecdote relatée par Bruno Etienne comme entame à cet insoutenable paradoxe démocratique. Au cours d’une émission télévisée, ce vénérable professeur relata comment l’une de ses étudiantes, brillante doctorante, lui annonça à l’issue de sa soutenance de thèse que, dès son retour en Algérie, elle choisira d’élever son enfant et de ne pas travailler, son époux pouvant aisément subvenir aux besoins du foyer familial. Et face à l’étonnement de celui-ci, elle lui demanda comment peut-on encore affirmer en Occident que le travail peut en même aliéner l’homme et libérer la femme. Cette anecdote fut révélée par Bruno Etienne non pas pour plaider pour un quelconque statut de la femme au foyer mais pour expliquer que les choses ne sont pas toujours aussi simples qu’on pourrait le croire et que chaque société génère elle-même les propres ressorts nécessaires à son équilibre et ce, grâce à des mécanismes culturels, sociologiques et religieux qui sont les siens. Et que la liberté ne consiste en définitive qu’à respecter le choix de chacun et qu’il n’y a de place, en guise de coexistence pacifique, qu’au respect mutuel. Et cette quête de la liberté et du respect mutuel a engendré toutes les séquences de l’histoire humaine.

Hiver 1916.

Le froid était particulièrement rude cette année-là, surtout pour les plus humbles et les plus démunis. La situation sociale de larges franges de la population devenait insoutenable. La révolution bolchévique qui voulait libérer l’homme, l’épanouir, l’affranchir de toutes les servitudes et consacrer la seule dictature qui vaille, celle des prolétaires et des paysans, fut dévoyée. Cette ambition au service de l’humanité aboutit bien plus tard à la confiscation de toutes les libertés, érigea le culte de la personnalité en dogme et enfanta finalement le Goulag. Elle se nourrit des perversions de la révolution industrielle et du capitalisme. Ce dernier ne fit pas mieux. Il exacerba la contestation sociale, institua les conflits d’intérêt et de classes et asservit des peuples entiers qu’il colonisa. Les pires sévices infligés à l’humanité furent souvent, après ceux du nazisme, ceux des différentes polices politiques qui essaimèrent à travers le monde et qui constituèrent les machines à broyer de régimes totalitaires dont certains affirmèrent même et souvent défendre les plus pauvres. Le bonheur promis ne se réalisa pas et les églises célébrèrent de nouveau leur culte et accueillirent dans la clandestinité leurs fidèles. L’aspiration à la liberté déferla de nouveau en Europe et renversa toutes les citadelles de la peur et de l’enfermement. Le capitalisme constitua aussi la clé de voûte sans laquelle les pires dictatures ne purent être construites ni les sanglantes guerres menées. D’autres courants politiques essayent depuis et sans succès d’émerger en Europe et aux Etats-Unis mais sont toujours laminés ou contenus par l’hégémonie de ces deux courants politiques dominants. Au confluent du désordre intellectuel induit dans notre mémoire collective par les soubresauts de l’histoire humaine, notamment dans son segment contemporain, et de notre itinéraire postcolonial, de fortes turbulences, dont nous ne sommes pas encore sorties, sont à relever. Ainsi et nous concernant, sur le plan économique par exemple, au système autogestionnaire des premières années de l’indépendance s’est greffé celui du socialisme qui, malgré sa générosité, fit le lit de la corruption et de la bureaucratie qui jusqu’à ce jour font bon ménage et dont l’inextricable interférence nous enchaîne toujours et nous bride. Puis nous connûmes la fausse ouverture libérale qui, comme dans tous les pays tenus d’une main de fer, permit l’émergence d’une bourgeoise étatique, d’essence éminemment spéculative et dont les fortunes colossales ont été souvent amassées grâce à un système économique volontairement maintenu à l’état d’hybride et qui, après avoir broyé les classes populaires, a laminé les classes moyennes, socle indispensable sans lequel aucune transition économique ne peut être bâtie ni ne peut atteindre les objectifs de développement qu’elle se fixe. Et lorsque vinrent enfin s’ajouter les dérives de ce qui était censé incarner les lignes infranchissables, les ingrédients de la déflagration sociale ont alors été réunis et toutes les dérives dangereuses, voire insurrectionnelle et de désobéissance civile, sont devenues possibles. Entre le refus d’un socialisme qui a travesti les sociétés musulmanes et engendré les pires régimes totalitaires et un capitalisme qui n’a fait que reproduire les mêmes aliénations, notamment en exaltant jusqu’à son paroxysme le mythe de la réussite individuelle, les sociétés musulmanes se sont non par recroquevillées sur elles-mêmes comme le prétendent les adeptes inconscients de l’offrande du don du sacrifice de soi, mais protégées dans ce qui constitue le dernier rempart contre l’anéantissement, leur culture et les enseignements de leur religion pour espérer se réapproprier les outils et les vertus d’une renaissance possible à l’abri des deux principaux courants politiques et idéologiques qui continuent de dominer le monde. Les bouleversements en cours dans le monde musulman, notamment depuis le début du siècle dernier, n’ont pas encore révélé toute leur amplitude ni atteint leur aboutissement. Et les courants politiques d’inspiration religieuse qui traversent ces sociétés, et contrairement à ce que l’on pourrait croire, arrivent à maturation. La victoire des islamistes en Egypte et en Tunisie et peut-être plus tard dans d’autres pays n’est pas le fruit du hasard et ne constitue pas un phénomène transitoire mais semble s’inscrire dans la durée. Le projet politique d’inspiration religieuse qui est en cours de maturation profonde intègre et analyse les exigences et les perversions de l’expérience humaine et développe et affine ses volets économique, social, culturel… Les événements que traversent l’Egypte et la Tunisie, malgré les séquences douloureuses qui viennent de s’y produire, ne signifient pas l’échec des révolutions qui y ont eu lieu. Et l’ancrage du projet de changement dans ces sociétés est bien plus tenace et plus fort qu’on pourrait le croire. Les régimes tunisien et égyptien ont vacillé puis sont tombés que grâce à un séisme dont l’épicentre politique est au cœur des bouleversements profonds qui traversent les sociétés musulmanes, malmenées par les effets conjugués des séquelles de la colonisation, des influences occidentales qui les empêchent d’exister en tant que telles et des traumatismes induits par les systèmes politiques qui les ont dirigés ou qu’ils les dirigent encore. Le monde musulman, bien que potentiellement riche, souffre aussi et surtout de difficultés économiques. El les révolutions peuvent être freinées, mais pas vaincues, par l’absence de deux facteurs déterminants. La prospérité économique et la paix sociale. Sans justice, l’une ne peut exister sans l’autre. Les processus révolutionnaires en cours qui se nourrissent de l’absence de ces deux conditions s’essoufflent souvent, mais n’en meurent pas, de ne pouvoir les rétablir et les restaurer rapidement. Pour paraphraser un spécialiste de prospective (1) à propos de l’économie mondiale, les sociétés musulmanes sont aussi comme une forêt mal entretenue : les arbres morts et les branches pourries empêchent les jeunes pousses de se développer. La brèche ouverte par l’existence de cet obstacle, momentanément difficilement franchissable, dressé devant les processus de changement actuels dans le monde musulman permet aux tenants de l’ingérence et du démembrement de s’engouffrer et de claironner, à qui veut bien les entendre, qu’aucun changement ne peut se faire sans eux ni contre eux.

Salim METREF

(1) Expression de Marc Halévy Van Keumeulen

URL de cet article 32261
https://www.legrandsoir.info/l-insoutenable-paradoxe-democratique.html

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11 Commentaires sur cet article

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  • Ali SBIH
    9 septembre 2017 at 18 h 35 min - Reply

    Salamalikoum,

    Il n’ y aura pas de cadeaux dans la course à la conduite des affaires du monde.

    Les exemples récents témoignent du déclassement des voies traditionnels de domination du monde ,ce qui se passe au Brésil au nom de la moralisation de la vie publique ,au Venezuela au nom du rejet d’un choix de répartition du revenu national ,des profonds déséquilibres à venir dans la péninsule Arabique et le golf Persique ,de la perte de statut des pays du Moyen Orient qui passent graduellement sous tutelle étrangère .

    Au nord ,la Crimée et le programme occidental des armes anti missiles ,une tentative de neutraliser la Russie et la Chine avec les « velléités » de la Corée du Nord !

    L’Algérie, la Tunisie ,la Lybie , l’Egypte « évolueront » vers une vocation méditerranéenne, le Maroc est déjà en coupe réglée ! Ainsi le Sud de l’Europe offrira le double avantage d’un grand marché ,d’un fournisseur d’énergie et ……… un cordon sanitaire.
    Des projets existent aussi pour les pays du Sahel.

    Tout ce passe selon un schéma devenu réccurent,des conflits larvées de frontières ,des guerres civiles ,des incompatibilités/intolérances religieuses ,appellent à une intervention militaire en solo souvent coalisée ,un pourrissement entretenu de la situation ,des peuples déplacés ,disloqués rendus à leur fonctionnement originel de tribu ou d’ethnies.

    Que reste t il aux Citoyens/Peuples comme alternative ? quels choix pourront ils faire ?
    D’autant que leurs Gouvernants sont loin voire aux antipodes d’une conscience des bouleversements qui les entourent et dont la force est plus grande que celle des tornades qui aspirera les frontières historiques pour les projeter ailleurs comme celles qui ont été dessinées à Yalta.

    De nouvelles frontières , de nouvelles zones économiques ,de nouveaux Maitres ; un monde nouveau ou la prospérité de la minorité ne rimera plus avec justice sociale mais avec les fabuleux avantages de l’économie numérique.




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  • wahid
    14 septembre 2017 at 20 h 08 min - Reply

    @ Salim METREF

    A lire absolument

    Idées. “Age of Anger”, le “premier livre majeur de l’ère Trump”

    CULTURE

    COURRIER INTERNATIONAL – PARIS

    Publié le 06/03/2017 – 16:53

    L’écrivain Pankaj Mishra en 2014 / PHOTO RANDOM HOUSE UK

    Paru en début d’année, le nouvel essai de Pankaj Mishra est abondamment commenté dans la presse anglophone. L’écrivain indien présente une vision pessimiste du monde, dans laquelle le populisme et l’extrémisme religieux découlent d’un même mal : la frustration des laissés-pour-compte de la modernité.

    Avec Age of Anger (Le temps de la colère, inédit en français), le romancier et essayiste Pankaj Mishra est, d’après The Financial Times, d’ores et déjà “assuré de figurer parmi les intellectuels les plus cités et critiqués de 2017”. Un sentiment que partage le magazine Vogue, selon lequel l’auteur indien signe “le premier livre majeur de l’ère Trump”, tandis que la Los Angeles Review of Books voit en lui “l’auteur idéal pour faire le diagnostic de notre époque”.

    Ainsi qu’il l’écrit lui-même, Mishra a grandi dans une famille “semi-rurale” du nord de l’Inde. Partageant son temps entre Londres et la ville de Shimla, capitale de l’Himachal Pradesh, l’homme se définit comme “un beau-fils de l’Occident” : un “internationaliste accompli” – pour reprendre une expression du Financial Times – qui publie des livres, écrit dans de prestigieuses publications, mais ne se sent pourtant pas totalement appartenir à l’élite intellectuelle.

    Est-ce la raison pour laquelle son analyse détonne dans le flot des ouvrages parus depuis le début de l’année ? Achevé juste avant le Brexit (et avant, donc, l’élection de Donald Trump), Age of Anger identifie la montée des populismes comme l’un des traits majeurs de la période, au même rang que le terrorisme islamiste. Avec ceci de particulier que Mishra voit dans ces phénomènes les deux faces d’une même pièce : c’est-à-dire, comme l’expression d’un ressentiment profond surtout observé chez des hommes jeunes, à qui “deux siècles de soi-disant progrès” ont laissé “le sentiment désastreux d’être des laissés-pour-compte”, rapporte Vogue.

    The Hindu résume :

    ‘Age of Anger’ déboulonne la thèse selon laquelle quelque chose d’extérieur à la modernité libérale (l’islam, la xénophobie, etc.) est responsable des maux du monde. Loin d’être étrangers les uns pour les autres, le nationalisme culturel et l’islam politique […], le progressisme et le terrorisme, le fascisme et le pluralisme […], ont tous la même origine intellectuelle. Ils sont tous des enfants des Lumières.”

    En d’autres termes, pour Mishra, le modèle exporté par l’Occident (un modèle qui implique la sécularisation et l’industrialisation des sociétés) porte en lui les germes de sa propre destruction. D’un côté, la modernité balaie les structures traditionnelles, mais, de l’autre, elle échoue trop souvent à tenir ses promesses d’égalité et de mobilité sociale, provoquant la colère de ceux qui sont “dans l’angoisse de perdre leur honneur, leur dignité et leur statut”.

    Le règne du chaos

    Cette colère, Mishra en trouve des traces dès le XIXe et le début du XXe siècles, chez des personnages comme l’anarchiste russe Bakounine ou le poète nationaliste italien Gabriele D’Annunzio. Les dérèglements actuels n’ont, dans cette analyse, rien de passager ou d’accidentel, mais ils s’inscrivent dans une sorte de chaos endémique, consubstantiel à l’évolution des sociétés capitalistes. Comme l’affirme l’auteur à Vogue, en dehors de quelques parenthèses pacifiques, “l’histoire de la modernité est […] une histoire de carnage et d’anarchie”.

    Certains, comme The Guardian, font valoir que l’avenir n’est peut-être pas “aussi sombre et désespéré que le pense Mishra”. Après tout, si l’on se fie à des indicateurs tels que l’espérance de vie ou le taux d’illettrisme, l’humanité tend plutôt vers le progrès. Age of Anger n’en offre pas moins une réflexion stimulante, selon The Financial Times. Le quotidien en est convaincu : Mishra a livré “le genre de vision dont le monde a besoin en ce moment précis”.

    Delphine Veaudor

    http://www.courrierinternational.com/article/idees-age-anger-le-premier-livre-majeur-de-lere-trump




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    • wahid
      14 septembre 2017 at 20 h 20 min - Reply

      http://www.courrierinternational.com/article/grand-entretien-pankaj-mishra-lallemagne-sest-forgee-en-se-demarquant-de-loccident

      “L’Allemagne s’est forgée en se démarquant de l’Occident”

      EUROPE
      ALLEMAGNE
      DER SPIEGEL – HAMBOURG
      Publié le 08/09/2017 – 12:14

      Pour comprendre la colère qui gronde dans nos sociétés et la violence terroriste, il faut revenir à l’histoire des Lumières et aux racines de la modernité. Et se souvenir des intellectuels allemands, qui ont appelé à la “guerre sainte” contre Napoléon, rappelle l’intellectuel d’origine indienne Pankaj Mishra.

      Monsieur Mishra, votre nouveau livre traite des déchirements de notre monde actuel. Dès l’avant-propos, vous faites référence à un événement oublié depuis longtemps : en 1813, le poète allemand Theodor Körner appelle à la “guerre sainte” contre Napoléon. Pourquoi ce djihad ?

      Pankaj Mishra : Je sais que cela paraît curieux à des Allemands, mais ce que j’entends par djihad n’a premièrement rien à voir avec la religion. J’emploie ce terme pour décrire une situation dans laquelle un peuple est appelé à s’engager dans une guerre sainte pour défendre son existence. Et c’est ce qui s’est produit en Allemagne après la conquête et la victoire de Napoléon.

      À ce propos, pourquoi les Allemands se sont-ils, à l’époque, battus avec tant d’enthousiasme contre Napoléon ? Il n’y avait pas d’État allemand unifié, pas d’armée allemande ni d’identité nationale clairement formulée.

      Napoléon a été le premier impérialiste moderne. C’était un enfant de la Révolution, il avait derrière lui la population française, les ressources de son État mais surtout le concept de progrès social. Il a tenté d’imposer cet universalisme aux Allemands et c’est contre cela qu’ils se sont défendus.

      Certains Allemands avaient pourtant salué la Révolution française.

      C’est précisément pourquoi ce moment historique est intéressant quand on réfléchit au présent. Les Allemands ont été les premiers à toucher du doigt le revers de la médaille des Lumières. Car c’était l’essence même de Napoléon. Napoléon s’est posé en chantre de la raison pour conquérir l’Europe alors que la France était depuis longtemps une puissance impérialiste.

      Pourquoi rejeter le progrès ?

      Les Allemands se sentaient raillés…




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  • Abou Portant
    15 septembre 2017 at 21 h 24 min - Reply

    Ce que dit le président du RCD est juste et logique. L’alternance « maison » n’apportera aucun changement réel en faveur de la liberté et de la modernité. Remplacer Hadj Moussa par Moussa Hadj revient au même. En homme lucide et objectif, M. Belabbas reconnait, à juste titre, qu’il s’agit d’un rapport de forces, qui hélas, est très loin d’être à l’avantage des forces démocratiques et progressistes complètement laminées et désintégrées. La situation actuelle est pire que celle qui prévalait en 1992.Le rapport de forces aujourd’hui est du côté des forces rétrogrades, populistes, réactionnaires, anti-laïques et anti-progressistes. Ni le RCD, ni le FFS ne sont capables de mobiliser mille personnes pour une marche ou un meeting, contrairement aux années 1990 ! La désillusion est grande dans les rangs des démocrates et des progressistes. Le courant islamiste encouragé par le régime illégitime en place, a fait main basse sur la société aujourd’hui presque totalement embrigadée et afghanisée. Qui sème le vent….




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  • Ali SBIH
    17 septembre 2017 at 18 h 15 min - Reply

    Salamalikoum

    @ S METREF
    @ Wahid

    Les temps passent , changent mais « voyagent » avec les causes qui provoquent les mêmes effets.
    Hannibal s’est battu contre Rome parce que on environnement allait être bouleversé, mais aujourd’hui ,il n’y a plus cet ennemi qu’on combat sur une terrain ,il est là ,tapi dans l’ombre avec ses réseaux de communications, ses relais financiers et ses drones.

    De plus en plus les Citoyens sont graduellement désarmés par la dématérialisation de la monnaie ,les transactions sur le net ,les réseaux sociaux et leur puissant pouvoir de manipulation et toutes ces choses qui ont été conçues pour le bonheur du Citoyen mais se sont révélés un puissant gadget d’aliénation.

    Le rythme des faillites ,les délocalisations des activités, les regroupements régionaux causes principales de la fracturation des équilibres internes des pays en créant des distorsions dans la structure du marché du travail et de la redistribution des subventions, ont mis KO l’International ouvrière.

    Quelle est la parade pour les pays exclus de la prise de décision ?

    Et nous ne sommes qu’au premier stade de la mondialisation.




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  • Salim METREF
    17 septembre 2017 at 22 h 03 min - Reply

    @Ali SBIH
    @Walid
    Bonsoir à tous
    Merci à vous pour les analyses et les textes cités.
    Plus que jamais les enjeux sont sociétaux plus qu’autre chose.
    Un contributeur, Monsieur BOUABDEllAH Madani propose des etats généraux de la pensée
    Un reveil des consciences par le retour à l’essentiel, à l’originel
    lisez sur le lien suivant:
    http://www.jijel-echo.com/Algerie-a-quand-les-Etats-Generaux.html




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  • Ali SBIH
    18 septembre 2017 at 9 h 30 min - Reply

    Salamalikoum,

    Merci pour le lien ,
    Mais trop de raccourcis pris, beaucoup de matériaux presque des alluvions déclassés et une grande dose d’amertume ne peuvent aider à l’émergence d’une authentique pensée.

    A bien regarder ,il y a des choix presque fondamentaux qui sont fait tous les jours dans les couches profondes de la Société, cela prend du temps comme pour toutes les lames de fond ,rien qu’avoir les duels perdus par toutes les propositions officiels, les gestes grandiloquents de l’élite, les postures inavouables qui font les gorges chaudes du Peuple, cette jeunesse qui n’a pas la tête dans les étoiles mais les yeux constamment rivés sur les normes de l’Occident.

    Il en sortira à coup sur quelque chose de meilleur.




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    • Salim METREF
      18 septembre 2017 at 17 h 54 min - Reply

      Très juste, il en sortira à coup sur quelque chose de meilleur.




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  • Hamid Belaïd
    18 septembre 2017 at 18 h 22 min - Reply

    Monsieur Salim METREF, voici ce que j’ai dit à Monsieur Boukrouh, que je soutiens dans son combat actuel même si je ne suis pas du même bord politique ni ne partage son idéologie. c’est une lettre que je lui ai transmis juste après son dernier appel au peuple algérien. Je l’ai envoyé aussi sur plusieurs forum et sous des pseudos différents. Elle décline ma façon façon de concevoir le changement et les étapes pour sortir de crise politique et institutionnelle algérienne :

    début de citation

    Bonjour Monsieur Boukrouh

    Je reste évidemment toujours solidaire avec vous, mais votre dernier appel (apparemment il sera suivi d’autres) ne me satisfait pas beaucoup ! La situation de notre pays exige une chose urgente plus ferme. Il faut focaliser tous nos efforts, nous les forces du changement, à trouver un consensus TOUS ENSEMBLE (société civile, partis politiques, intellectuels, personnalités diverses) pour aboutir à une feuille de route commune, un consensus, qui définira les objectifs recherchés et les différentes étapes à franchir pour opérer le changement dans le calme et sans violence. Pour moi et pour certains , cette feuille de route que j’expose ci-après (qui est pour moi incontournable sinon on continue de tourner en rond ) est claire et réalisable, même si elle demande du temps dans sa mise en ouvre et aussi beaucoup de travail politique pédagogique. Moi, et donc certains de mes amis et copains, ne cessons de marteler sur les forums, les réseau sociaux et facebook etc… etc… les propositions suivantes sur lesquelles on devrait mobiliser les citoyens pour les réaliser :

    1/- d’abord continuer à faire pression pacifiquement pour faire appliquer l’article 102 ;

    2/- si ce n’est pas possible pour une raison ou pour une autre, commencer le combat dès maintenant (et donc avant 2019) pour mobiliser et convaincre tous ensembles (partis, politiques, sociétés civiles, intellectuels, personnalités etc…) la constitution d’un gouvernement de transition, tout en refusant, tout en rejetant à tout prix toute proposition d »une élection présidentielle anticipée si vraiment Boutef est à bout de souffle l’article 102 s’impose par la grâce de Dieu. Il faut refuser à tout prix cette élection avec la même système politique et la même Haute Instance indépendante de surveillance des élections (HHIISE). D’ailleurs, il est suspect que pratiquement tous les partis politiques acceptent d’aller aux prochaines élections communales sans demander des garanties et sans formuler des réserves !! Est-ce que la « mangeoire » , « el harg’maa » a pris le dessus sur toute autre considération ??????? Image en ligne

    3/- désignation d’une assemblée constituante qui regroupera les représentants des différents partis politiques, des personnalités crédibles et les représentants de la société civile. Cette constituante aura pour rôle principal de proposer une nouvelle constitution qui consacrera la vraie démocratie, la séparation des pouvoirs et un véritable Etat de droit digne de ce nom. Cette nouvelle constitution devra graver aussi dans le marbre de nouvelles notions ou dispositions qui n’existaient pas clairement et explicitement dans nos constitutions successives à savoir la séparation du religieux et du militaire du celui du champ politique; Notre pays à tous est certes un pays qui vit dans le « cadre des principes islamiques » …mais «dans le respect de toutes les libertés fondamentales sans distinction de races et de confessions» … comme le stipule l’appel du 1er Novembre ! Notre identité doit être consacrée, acceptée, respectée et gravé dans le marbre dans sa triple dimension, dans son triptyque « amazighité, arabité, islamité »

    4/- adoption de cette constitution par voie référendaire pour lui donner une assise juridique et une légitimité;

    6/- Solliciter l’armée pour jouer le rôle de garant durant tout le processus de transition et pour l’accompagner d’une manière impartiale, transparente et loyale ! Image en ligneImage en ligne ???!!!!

    Je sais que vous avez dit que vous compléterez au fur et à mesure votre appel, mais c’est là ma vision des choses et mon appel à moi ! A la limite, on pourrait laisser « tonton » Boutef finir son mandat sur fauteuil roulant mais entre temps on peut commencer dès à présent à convaincre et mobiliser sur cette façon de concevoir la transition , même si on sait que ce processus paraît difficile et demande du temps. Mais si c’est toute la société qui opte et s’implique pour cette solution, la pédagogie et la communication en direction des citoyens avec les moyens modernes qu’on vous parlez dans votre appel, y seront d’une grande utilité si le pouvoir nous empêche d’utiliser les médias lourds disponibles !

    Mes respects Monsieur Boukrouh , et bon courage dans votre propre combat et dans votre réflexion de sortie de crise et pour le changement !

    Fin de citation !

    Bon courage à tous les ALGERIENS !




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    • Salim METREF
      19 septembre 2017 at 14 h 10 min - Reply

      @Monsieur Hamid BELAID

      Merci pour ce partage.
      Et cette quête sincère, comme le font nombre d’entre nous, d’une porte de sortie et d’emergence véritable de notre pays.




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  • Ali ibn chahid
    18 septembre 2017 at 20 h 08 min - Reply

    Si on suit,tel raisonnement,qui sous entend laisser les cours d’eau poursuivre,tranquillement,leurs chemins jusqu’à la mer,vu l’état de la nation,c’est la sécheresse qui attend tout un territoire et son peuple.
    Ce n’est pas la sécheresse tout court,mais aussi et surtout la sécheresse des idées parce que l’on a pas su résister-aux cours d’eau-et construire à temps des barrages pour irriguer la soif de la faune et la flore.

    Dans des situations pareilles,tout le monde assistera,les yeux hagards et les bras croisés,à l’envahissement et la dislocation de tout un pays(les exemples ne manquent pas)puis l’asservissement de tout un peuple quand les regrets les plus sincères ne serviront qu’à enfoncer encore les âmes les plus sensibles.




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  • Congrès du Changement Démocratique