Édition du
21 September 2018

12e anniversaire de la charte  de l’Impunité.

 

 

Salah-Eddine SIDHOUM

 

Lors d’un débat sur la chaîne El Jazeera consacré à la « réconciliation » dans notre pays et à la veille du carnaval référendaire et plébiscitaire fin septembre 2005, je qualifiais la charte imposée par le régime de « charte de l’impunité et de la supercherie nationale » (el moughalata el watania).

Les observateurs lucides avaient déclaré dès les premiers instants  que cette charte dite de la « réconciliation » était vouée à un échec cinglant, car les véritables causes politiques de la crise n’ont jamais été abordées et le Peuple n’a jamais été consulté. L’oligarchie feigne-t-elle d’oublier que les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets et que toute solution qui n’emprunte pas le chemin du dialogue et de la concertation et qui ne s’appuie pas sur la volonté populaire est vaine ?

Élaborée dans les ténébreuses boutiques de la police politique et exécutée par le pouvoir de façade, cette « charte » était d’emblée verrouillée. Aucun débat contradictoire n’était permis. Seuls les habituels troubadours boulitiques  étaient autorisés à s’exprimer pour encenser le texte, qui est d’une indigence intellectuelle et politique déplorable. La machine de l’action psychologique, bien rôdée depuis quatre décennies, était là pour « mobiliser » le peuple et lui faire approuver, malgré lui, le texte à la quasi-unanimité. Cette « charte » est venue consacrer la politique d’éradication et d’exclusion en cours depuis plus d’une décennie et la sacraliser.

Éludant les causes profondes de la crise et de la tragédie qui en a découlé, l’oligarchie, sous couvert de son pouvoir apparent, a décidé de régler de manière partiale et partielle les conséquences de ce drame national. Une véritable offense à la mémoire des victimes et une insane tentative de corruption de leurs familles.

Ce texte « plébiscité » par un peuple sans souveraineté et sans voix (l’Algérie des paradoxes !) et transformé en nouveau Coran du Calife Othman, pour reprendre Abdelhamid Mehri, Rahimahou Allah, consacre l’impunité totale des responsables de tous bords du drame national et de leurs exécutants. Les putschistes