يومية الجزائر
Édition du
12 November 2019

Les candidats du pouvoir de fait et l’épouvantail de “l’Etat profond”

Les candidats du pouvoir de fait et l’épouvantail de “l’Etat

Moins de 24 heures après les gigantesques marches dans toutes les wilayas du pays  – et des Algériens à l’étranger – rejetant la voie sans issue du 12 décembre, l’Autorité électorale a rendue publique la liste nominative des cinq candidats. Ce rendez-vous  qui, au regard de tous les critères, est porteur de graves risques. La crise du système de pouvoir va s’aggraver davantage avec un président faible, sans légitimité, face à une nation unie. Et aussi au prise à des réseaux et des clans en guerre et en course pour l’obtention de soutiens extérieurs pour faire passer leurs projets. 

La liste nominative des candidats sur lesquels compte le pouvoir de fait pour convaincre un minimum d’Algériennes et d’Algériens d’aller aux bureaux de vote – dans le cas où le scrutin est imposé – est éloquente. Loin de toute personnalisation, les parcours de ces candidats sont de nature à ruiner l’effort de désinformation, de propagande et de faussetés vendues par les fonctionnaires de la presse et les “élites” de la haine. 

1- Tous les candidats malgré les différences d’âge ont un même passé au service du système de pouvoir et de sa continuité. Ils peuvent avancer des arguments divers mais ils participent ensemble au maintien du statu quo. 

2- Cinq candidats ont servi Bouteflika et son système en tant que ministre ou premier ministre. Un seul n’a pas été ministre, mais il a été cependant un lièvre dans une course à la présidentielle tranchée d’avance. Ce lièvre a pu lancer un parti et obtenir un un bon quota à la chambre basse. Sa réussite tient à son utilisation dans un but clanique contre un autre candidat dans le scrutin de 2014.  

3 – Trois candidats étaient des défenseurs du cinquième mandat,  un autre le soutenait en tant qu’allié naturel du pouvoir. Un autre candidat a eu des divergences personnelles avec Bouteflika 2003 et a commencé à avoir des ambitions pour  le fauteuil d’El Mouradia en 2004, à la suite de promesses du chef d’état-major de l’époque, feu Mohamed Lamari.

4 – Tous les candidats sont dans ce que les “élites” des plateaux TV appellent les réseaux de l’Etat profond, des gens créés dans les réseaux de Toufik Médiène ou de feu Larbi Belkheir. Ce qui rend d’ailleurs clairement risibles les accusations portées contre les opposants au scrutin du 12 décembre d’être les jouets d’un complot de l’Etat profond. Il y a bien entendu des membres de ces réseaux se positionnent dans l’opposition en prévision des  scénarios futurs, mais l’essentiel de ces réseaux est dans le soutien au pouvoir de fait. 

5 – Tous les candidats, sans exception, ont exercé des responsabilités, sous Zeroual et Bouteflika, ou bien ils ont été dans les partis du pouvoir qui ont applaudi toutes les politiques et se sont alliés avec Bouteflika et ceux qui l’ont amené en 1999. On ne connaît d’eux aucune initiative pour changer le régime, ni de luttes en ce sens. 

Ces éléments – et d’autres que nous pourrons évoquer avec plus détails par la suite-  sur ces candidats sont de nature à conforter les Algériens dans l’impératif de continuer sur la voie de la révolution pacifique. Certaines victimes de la propagande et des indécis vont comprendre que le scrutin du 12 décembre est dangereux pour la nation et son tissu social. Les Algériens seront encore plus nombreux à vouloir jeter les ponts du consensus pour une rupture officielle avec tous les réseaux de corruption et d’allégeance. Car l’enjeu est bien de construire un compromis historique pour changer le régime et construire une Algérie nouvelle, avec une société ouverte, un État des institutions, un État des  des citoyens fort de l’adhésion de son peuple et respecté à l’étranger..  


Nombre de lectures : 1954
Pas de commentaires

Laisser un commentaire

*

*

Lire aussi