يومية الجزائر
Édition du
20 February 2020

50èm Vendredi en Algérie

Lahouari Addi

La protestation populaire ne faiblit pas avec une maturité dans les mots d’ordre qui démentent l’idée que les gens ne sont pas politisés. Deux mots d’ordre qui prouvent le contraire sont à, retenir: le gaz de schiste et la Palestine.
L’évocation du gaz de schiste par Tebboune montre à l’évidence qu’il est plus soucieux des intérêts du régime que des intérêts du pays, mettant en danger l’équilibre écologique du Sahara et l’avenir des générations futures. Ce que les manifestants lui ont rappelé, c’est qu’un détenteur de l’autorité publique doit écouter le public et doit appliquer une politique que veut le public. Un détenteur de l’autorité publique défend l’intérêt commun. Or il n’est pas dans l’intérêt de l’Algérie d’exploiter le gaz de schistes pour des raison évidentes. La denrée rare chez nous, c’est l’eau, et elle va devenir de plus en plus rare au niveau de la planète. Utiliser des millions de mètres cubes d’eau pour extraire une matière qui sera exportée et qui renforcera le caractère rentier de l’économie nationale est une preuve supplémentaire que les intérêts du régime et ceux du pays ne sont pas les mêmes. Le régime cherche à élargir la base rentière de l’économie pour qu’il puisse acheter la paix sociale et pour se faire accepter. Alors que la tâche historique est de mettre fin à la logique rentière de l’économie pour la faire entrer dans la logique de la production pour satisfaire le marché national et pour exporter. L’idéal aurait été que les importations soient payées par des exportations de marchandises fabriquées localement et que les recettes des hydrocarbures soient investies dans un fonds souverain. Pour arriver à cet objectif, il faut une transition vers un nouveau régime et évidemment les décideurs ne l’acceptent pas.
Quant au second mot d’ordre des manifestants, la Palestine, il a été scandé parce que les Algériens expriment leur solidarité avec des victimes d’un système colonial. Ils rejettent l’injustice du système international qui ne respecte pas le droit international. La décolonisation, qui a commencé après la Seconde Guerre Mondiale, ne sera achevée que lorsque les Palestiniens auront leur Etat. C’est ce qu’expriment les manifestants du Vendredi 50 qui envoient un message aux puissances occidentales, mais surtout aux dirigeants algériens pour leur dire que la politique étrangère de l’Etat ne correspond pas depuis longtemps à ce que veut l’opinion publique qui veut la paix et le respect du droit international. Etant plus soucieux de leur survie que de l’opinion publique de leur pays, les dirigeants algériens ne veulent pas irriter les puissances occidentales. D’où la timidité de la position officielle vis-à-vis du plan de Trump qui va légaliser en Palestine l’apartheid et le code de l’indigénat au XXIèm siècle.
Que ce soit en politique intérieure ou en politique extérieure, le régime façonne sa politique en fonction de ses intérêts immédiats et non en fonction de l’intérêt du pays. C’est ce qui a poussé les algériens à sortir un 22 février.


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8 Commentaires sur cet articles

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  • mourad
    1 février 2020 at 1:41 - Reply

    Je voudrais apporter certains commentaires à cet article et notamment au passage suivant: « Le régime cherche à élargir la base rentière de l’économie pour qu’il puisse acheter la paix sociale et se faire accepter »
    Je pense que le régime n’a cherché à élargir ni sa base rentière, ni à perdurer. En fait, je doute de l’existence d’un régime algérien. Il n’y a qu’un bureau d’exécutants.
    Toutes les décisions prises depuis 40 ans le prouvent. Bouteflika a jeté par la fenêtre 1000 milliards de dollars. De même, la nomination d’un traitre condamné pour haute trahison et non encore jugé pour d’autres affaires, à la tête de Sonatrach prouve qu’il n’y a pas de régime et qu’on est « géré par procuration » par des galonnés bien rémunérés.

    Est-ce que ces exécutants ont pour mission d’acheter la paix sociale? La réponse est oui à court terme grâce à la planche à billets (pour les dinars) et aux réserves de change (2 à 3 ans ?). C’est donc une stratégie de continuité qui hélas mène vers une mort brutale et sans préavis (tant que nos médias et nos intellectuels chantent « tout va très bien Mme la marquise »).

    La situation est explosive car on n’aura rien à bouffer dans 3 ans et on ne pourra pas mettre de noms sur les responsables de cette situation. Mais tout le monde préfère ignorer ces données.
    Le gaz de schiste est une diversion. Même si on voulait le développer, les retombées (négatives) ne seront pas là avant dix ans, donc après l’hécatombe programmée pour 2022/2023.
    Je vous laisse deviner le sort réservé à l’Algérie après la guerre civile… Syrie, Irak, Lybie ??

    Un dernier commentaire :
    « Que ce soit en politique intérieure ou en politique extérieure, le régime façonne sa politique en fonction de ses intérêts immédiats et non en fonction de l’intérêt du pays. C’est ce qui a poussé les algériens à sortir un 22 février. »
    Oui, le bureau de liaison (dénommé régime) agit contre les intérêts nationaux.
    Non, ce bureau exécute une feuille de route qui s’appuie sur des objectifs de destruction à long terme (pas d’Energie solaire, sabotage de Sonatrach et Sonelgaz, privatisation de la rente gazière ref. Sorfert , Asmidal, arabisation des sciences etc..).

    Aujourd’hui, le Hirak est en danger car c’est le dernier rempart et la seule voie d’expression populaire. Le temps joue contre l’Algérie car la bombe à retardement fait tic-tac depuis 20 ans et personne ne cherche à la désamorcer. Dans deux ans, le régime aura achevé sa mission.

    Les mots d’ordre du Hirak:
     Le Hirak doit exiger le jugement des traitres Bouteflika, Chakib Khelil, Ould Kaddour qui bénéficient de l’immunité internationale (cordon ombilical du bureau de liaison)
     Le Hirak doit exiger le départ des anciens du régime
    Les économistes algériens doivent nous éclairer sur ce qui va nous arriver dans deux ans.

  • Amar
    2 février 2020 at 12:35 - Reply

    Manque de vision ou régime antinational ? Alors que les pays du nord de l’Europe ont mis en place une stratégie d’exploitation de leurs ressources de façon à garantir leur perennité pour les générations futures, le Québec (Canada) a mis en place un fond pour le même objectif, l’Algérie se comporte comme un patriarche qui dilapide le patrimoine familliale pour assouvir ses désirs insatiables. Comment peut-on imaginer un pouvoir qui risque de dilapider la plus précieuse ressouce du futur (l’eau des nappes fréatiques) pour un hypothétique retour sur investissement du gaz de schistes.
    Depuis le 22 février (pour ne pas remonter plus loin) je n’ai pas entendu ou lu un representant du régime ou une de ses innombrables clientèles avancer une seule idée novatrice, et qui n’est pas un réchauffé de solutions du passé et qui ont conduit a l’échec que nous constatons et que le pouvoir en premier reconnaît.
    Il est hallucinant qu’un peuple soit ammené à se résigner et à accepter un pouvoir qui ne peut que reproduire l’échec. Comment cela se peut-il qu’après 60 ans de développement selon les termes de ceux qui nous produit l’échec présent, l’Algérie n’a pas d’autre alternative
    a cette gérontocratie paralysante et qui a castré la jeunesse algérienne.

  • Nacer
    2 février 2020 at 7:44 - Reply

    L’objectif principal du régime,survivre et de maintenir. Les collectifs maintiendront la mobilisation populaire pour son adhésion pour des grèves et la grève générale. Tout doit être un champs de bataille. L’affrontement politique doit viser la télévision de la haine et du monsonge au gris. Des manifestations massives autour de la présidence et du MDN pour démontrer encore la force du mouvement de contestation politique,et canaliser toutes les énergies. Il n’y a pa de question des généraux sans la question populaire; il n’y a pas de question de pouvoir sans la question de la transition. Trop c’est trop la police politique est de trop.

    • zinou
      3 février 2020 at 6:49 - Reply

      Salam nacer! la grève génerale est un facteur important; pratique collective d’oppostion et d’auto-émancipation du Hirak. la conscience n’est pas le produit d’un savoir exterieur mais d’être en lutte. la transformation du système rêve collectif pourrait passer par la grève génerale. tout et tous au sercice du changement politique radical.

      • Nacer
        4 février 2020 at 5:22 - Reply

        Salam zinou,la révolution populaire nécessaire déclenchée et décidée par le peuple avec son génie propre avec une seule ligne politique générale pour la chute du régime sans crainte. Le face à face renouvelé permet aux hirakistes de se reconnaître et de connaître leurs adversaires.

  • Dey
    4 février 2020 at 8:34 - Reply

    L affront la honte le deshonneur tells sont les qualificatifs DU systeme militaire ET sa facade civil miserable

  • mokhnache
    7 février 2020 at 8:51 - Reply

    Avec une justice muselée et sous tutelle du garde des sceaux et avec des institutions ni autonome ni émancipée et surtout avec cette culture qui consiste a prendre des decisions sans en justifier ni les chiffres ni les outils cela veut forcement dire qu il y a des gens qui tirent des ficelles qui decident sans se mouiller et qui entretiennent soigneusement l impunite! s il y a des lois et une culture de l evaluation des politiques et la responsabilisation des acteurs on n arrivera jamais la! souvenons nous de bouteflika qui était confronté a l inspection de la banque d algerie qui a etabli un rapport sur les pratiques frauduleuses de la banque el khalifa il a fait passé des lois pour oter l autonomie a la banque d algerie et permettre a medelci de mettre dans les tiroirs le rapport en question! il n y a pas des lois qui protegent les institutions et il n y a pas de lois non plus qui protegent les journalistes dans leur travail les hommes au pouvoir se confondent encore avec les institutions c est pour cela que la mission de la sociéte se trouve double: liberer les institutions et liberer la sociéte de l emprise de la domination….

  • rachid
    13 février 2020 at 8:12 - Reply

    bonsoir monsieur addi je confectionne tous vos articles,vos analyses sont pertinentes
    un intellectuel de votre temple doit etre ecouter et respecter
    deux piste pour ce pouvoir pour trouver l’argent
    ma masse monetaire en circulation hors circuit bancaire ,en la chiffre à 4o milliard de dollars
    pour la capter deux solutions
    I)- soit en change de monaie
    2) imposer l’usage du cheque pour toute transaction qui ddepasse 500.OOOda
    3)- si en privatise partiellement par le canal boursier les canard boiteux: sonacome,enie,emiem, la sns etc,des milliard à recuperer, et injecter dans les infrastructures
    ex:ligne feroviaire alger hassi messaoud
    ligne feroviaire port de jijel vers le niger
    4) source )vendre tous les logements sociaux ou de fonction de 1980 à 2010
    salutation

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