Procès Khaled Drareni au tribunal de Sidi M’hamed : «Je n’ai fait que mon métier de journaliste»

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IDDIR NADIR 

EL WATAN

04 AOÛT 2020

Le parquet a requis quatre ans de prison ferme et une amende de 100 000 DA ainsi que 4 ans de privation des droits civiques contre le détenu Khaled Drareni et ses coaccusés, Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche.

Le procès du journaliste Khaled Drareni et des deux militants, Samir Benlarbi et de Slimane Hamitouche, s’est ouvert, hier, au tribunal de Sidi M’hamed (Alger). Le journaliste Khaled Drareni a comparu en visoéconférence depuis la prison de Koléa, où il est en détention depuis plus de quatre mois.

Poursuivi pour «incitation à attroupement non armé» et «atteinte à l’unité nationale», le directeur du site Casbah Tribune et correspondant de la chaîne TV5 Monde a expliqué à la juge qu’il n’a fait que son «travail en tant que journaliste libre et indépendant».

«J’ai couvert toutes les manifestations, y compris celles soutenant le pouvoir», a-t-il souligné. «Quand je fais mon travail, je préserve l’unité nationale et je ne la menace pas», a-t-il relevé, précisant que les slogans qu’il a rapportés sur son compte Twitter étaient scandés durant les manifestations.

Interrogé sur sa publication d’un communiqué du Pacte de l’alternative démocratique (PAD), composé de partis et d’associations de la société civile, l’accusé répond : «Je suis journaliste et je n’ai aucun problème à publier des communiqués de partis agréés par l’Etat ! C’est le cœur de mon travail.»

Arrêté le samedi 7 mars à Alger-centre alors qu’il couvrait une marche du mouvement populaire, Khaled Drareni est placé sous contrôle judiciaire après sa garde à vue au commissariat de Cavaignac avec ses deux autres coaccusés.

Il est présenté le 29 mars devant le tribunal de Sidi M’hamed afin d’exécuter la décision de la chambre d’accusation près la cour d’Alger, en date du 24 mars, qui a annulé son contrôle judiciaire. La juge du tribunal de Sidi M’hamed a interrogé également Samir Belarbi et Slimane Hamitouche, qui ont été remis en liberté le 2 juillet dernier.

Le parquet a requis quatre ans de prison ferme et une amende de 100 000 DA ainsi que 4 ans de privation des droits civiques contre le détenu Khaled Drareni et ses coaccusés Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche.

«Consternant et choquant ! 4 ans de prison ferme requis par le procureur de la République contre notre correspondant en Algérie», a protesté Reporters sans frontières (RSF) dans un tweet, précisant que le journaliste «n’a fait qu’exercer son droit à l’information».

Après le réquisitoire, les avocats, une quarantaine, venus de plusieurs régions du pays, ont démonté les accusations jugées «étonnantes» et réclamé la relaxe pour les trois prévenus. Les plaidoiries s’étaient poursuivies durant une partie de la soirée.

Il est à signaler par ailleurs que durant la journée d’hier, plusieurs activistes du Mouvement populaire ont été entendus par les juges à travers le pays, a annoncé le Comité national pour la libération des détenus (CNLD). Le procès en appel des deux détenus, Fares Kahiouche et Hamada Khatibi s’est tenu à M’sila.

Arrêtés dans la soirée du lundi 13 avril, Khatibi est accusé de publications sur Facebook pouvant porter atteinte à l’intérêt national alors que Kahiouche est accusé d’outrage à la personne du président de la République. Le procès en appel de Zahir Keddam, programmé initialement pour hier, lundi 3 août, il est renvoyé au 24 août courant à la cour de Tipasa.

Le procès en appel du détenu Brahim Rekkad est renvoyé également à l’audience du 10 août à la cour de Chlef. Le CNLD annonce par ailleurs que le détenu Laalami Chems Eddine, dit Brahim, a entamé une grève de la faim à compter d’hier. L’activiste est poursuivi dans quatre affaires.

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