LE PLUS GRAND CASSE DU SIÈCLE

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     Abdellah CHEBBAH                                       Déc.2020

Ce n’est pas un film. C’est une réalité à laquelle assiste un peuple. De jours en jours, il y a un évènement qui revient remettre les pendules à l’heure et annoncer un nouveau parcours. Une nouvelle histoire commence là où la précédente n’a pas eu de fin. Des histoires d’un lit vertical, à dormir debout.

Quoi penser du retour inopiné, impromptu du général Khaled Nezzar et de la disparition de Tebboune?

Un étrange déjà-vu.

Les feuilletons se succèdent avec les mêmes acteurs, les mêmes producteurs et les mêmes metteurs en scène, qui passent du drame à la comédie, de la comédie au conflit, du conflit au ridicule, du ridicule au grotesque, du grotesque au spectacle,  tandis que les spectateurs, ces badauds qui sont constamment tenus en haleine et en suspens, assoiffés, hypocritement de nouvelles, restent amorphes devant le plus grand casse du siècle, non pas d’une banque mais des trésors d’un pays, attendant toujours une fin. Pendant que ces acteurs s’enrichissent à tour de rôle, les spectateurs s’appauvrissent financièrement et moralement. Voilà la vraie histoire qui se projette en affiche à chaque nouveau feuilleton.

Certains parlent d’une histoire de règlements de compte. D’autres tiennent à spéculer pour faire perdurer la saga qui arrange et donne plus d’idées aux scénaristes.

Malheureusement, c’est tout autre, la rente. Ce qui explique l’acharnement à se maintenir au pouvoir. Sans rente, il n’y aurait pas d’intérêt à s’accrocher.

Il faut juste remarquer qu’à chaque crise financière que traverse le pays, les commanditaires doivent se réunir de nouveau pour se départager la rente. Ils gardent tous, mutuellement, des comptes et des dossiers, qui leur permettent de négocier leur nouveau dus. Ils ouvriront un nouveau feuilleton où certains seront remercier et d’autres envoyés en retraite et d’autres encore mis en attente d’un prochain feuilleton. Pour ce qui est du peuple, le laisser pour compte, il se verra réduit parce qu’il y a, toujours crise. Et les bons comptes feront toujours de bons amis sous une nouvelle loi des finances bien ficelée à leur mesure..

Et ainsi vont les choses dans ce pays qui s’enlise depuis six décennies sans aucune solution qui mettrait un terme à ce casse.

Ces feuilletons ne prendront fin que le jour où il n’y aura plus de spectateurs, ni d’étalagistes, décorateurs de plateaux, qui entretiennent les scènes où les acteurs ne pourront plus performer leurs rôles. Ces derniers, voués à eux-mêmes, seront incapables de se maintenir et ainsi, seront redevables devant l’histoire de ce pays et obligés de rendre des comptes.

Et ainsi, ce genre de spectacle hallucinant ne se reproduira plus jamais sous notre nouveau pays. Les générations montantes ne seront plus des spectateurs mais des acteurs emprunts de leur histoire et aguerris, qui sublimeront les écrans du cinéma mondial. Il n’y aura plus de feuilletons navets mais des documentaires instructifs qui propulseront ce pays parmi les grands de ce monde. Tous les moyens existent, il ne restera que de mettre la main à la pâte avec courage et abnégation. Il faut oser, défier et avoir l’audace de changer les choses. Celle-ci défie la peur et l’hésitation.

                                  Si la porte est fermée, il faut entrer par la fenêtre

3 Commentaires

  1. Hélas , le « pacifisme » ne rime point avec la casse et pourtant où ça passe ou ça casse …Comment se débarrasser de ces vielles carcasses qui nous empoisonne le passé , le présent et l’avenir… Nous sommes tous au courant ya nass…Qui va oser ? comment procéder sans faire de casse .?..Devant cet imbroglio soit on agit soit on se tait et on se casse …Je pleure ces détenus ces braves qui subissent le plus de casse…Ça me dépasse …le gang des généraux , les Nezzar , Toufik qui refont surface ..je ne sais plus si c’est moi ou le Hirak qui s’efface ….faut jouer a casse casse …

  2. non ils ont pris le pays en otage pour eux c est une ghanima ne nous leurrons pas ! l alternance ne se fait qu entre eux! ils interdisent a la societe de prendre son avenir en mains c est un cas de colonisation ..pourquoi??? tout simplement parce que le pays a de nombreuses possibilites de se developper et de devenir tres attractifs aussi bien pour les locaux que pour les etrangers ….l algerien a besoin d un intermediaire pour avoir ses droits …meme s il est majors de la meilleure université du monde on ne fait pas appel a lui pour lui confier un poste d ambassadeur ou de recteur d université …l université doit etre encore gerée par des militants pas par des intellectuels deja ici on ne peut aller plus loin! on a vu deja un hadjar sans bac et qui n a pas besoin de prix nobel dans ses rangs pour gouverner l enseignement superieur ..on l a vu sans retenue et sans rougir comment il regner sur l enseignement superieur! pour lui et ceux qui l on mis ce n est rien qu un gisement rentier pour caser les proches des clans et la meme chose est valable pour tous les autre secteurs….les yougoslaves n avaient pas trop refflechit ils connaissaient les degats que peut faire une dictature meme si elle a ete menée par un Tito qui n etait pas un modele de voleur mais avait frainé le developpement et les projets de ces concitoyens qui ne le lui ont pas pardonné ………………..car il n y a pas de dictaure douce il des dictatures tout court celle qui emprisonnent tout ce qui bougent comme fodil boumala ou karim tabou ….ou drareni…

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