La mesure biaisée de la clémence présidentielle ordonnant la libération des détenu-e-s d’opinion en Algérie.

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Hakim Allouche

 La Comité National pour la Libération des Détenu-e-s (CNLD) a publié sur sa page Facebook, la liste des détenu-e-s d’opinion par wilaya mise à jour en date de 8 juillet 2021. On compte 282 détenus avec une durée de détention cumulée terrorisante atteignant ainsi un demi siècle.

La grâce présidentielle à l’occasion du 5 juillet, fête de l’indépendance et de la jeunesse, a touché 04 wilayas comptant pour l’instant 12 libérés sur 18 détenus d’opinion, annoncés par le communiqué présidentiel: Constantine(2), Biskra(2), Mostaganem(1) et Alger(7).

En comparant le solde restant de 282 à 288 des détenus enregistré une semaine avant, en date du 30 juin 2021, on constate que la baisse est de 2% calculée, au lieu de 6% attendue.

La première raison de cette dernière est évoquée ci-dessus montrant que les détenus politiques concernés par la grâce présidentielle ne sont pas totalement libérés.

La deuxième explication réside dans la continuité des arrestations arbitraires des activistes et militants politiques qui ont eu lieu, en ce début de mois de juillet. On observe à la suite de la décision des hautes autorités algériennes un changement de tendance sur le modèle répressif faisant apparaître un point d’inflexion et allant vers la baisse qui sera confirmée dans le cas où la libération se poursuit les jours à venir.

Au rythme actuel, on projette vers la fin de ce mois de juillet un solde approximatif de 250 détenu-e-s avec la durée cumulée restant toujours en hausse qui pourrait atteindre un seuil alarmant de 67 ans.

Depuis le début du mois juin, les trois wilayas ayant la place sur le podium sont par ordre ascendant en nombre des détenu-e-s d’opinion sont : Alger (83) , Boumerdes(41) et Sétif (25).

Cette semaine, on enregistre une wilaya de plus à ce bilan terrifiant touchant le nombre 37 au total. Ces indicateurs de la machine répressive et judiciaire atteignant des performances sinistres montrent que la situation actuelle est très mauvaise et inquiétante en droits humains et libertés fondamentales, gravement bafoués en Algérie. Enfin, l’issue pour se libérer de ce tourbillon autoritaire abominable reste la résilience pacifique en masse dans l’union aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.

Il y a lieu d’encourager l’élan d’espoir ayant pour objectif la protection des Algérien-ne-s d’exercer leur droit à la liberté d’expression, d’associations et de réunion, formulé par toutes les demandes des 82 ONG algériennes, internationales.. et les diverses actions menées par la diaspora algérienne (marche, rassemblements,…) auprès du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies.

1 COMMENTAIRE

  1. Ces grâces présidentielles bien réparties dans le temps marquent une trêve pour le pouvoir. Les forces de sécuruté ont besoin de répit et de revoir leurs famille. Ce n’est point un signe de clémence envers les hirakistes. Le pouvoir a tout simplement besoin de respirer. Il est à bout, épuisé. Le peuple ne devrait pas se réjouir de ses libérations comme un signe d’indulgence du pouvoir.

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