Rien de pire que l’injustice à gros verrou de geôle tyrannique algérienne dans un contexte pandémique

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Hakim Allouche

Suite à la gravité de la crise sanitaire de la Covid-19, beaucoup de militants, activistes politiques, avocats,…ont appelé à suspendre toute marche et regroupement à risques notamment les marches du vendredi jusqu’à ce que la vague pandémique soit maîtrisée. L’appel semble être bien reçu observant la suspension des marches notamment à Tizi-ouzou avec une discipline exemplaire la semaine passée, comptant le 127ème vendredi sans mobilisation importante.

Cet aval favorable avec une telle démarche citoyenne responsable est à saluer avec beaucoup de respect et un point victorieux pour la révolution pacifique. C’est une belle leçon de conscience collective mettant en priorité la prévention sanitaire afin d’éviter les contaminations de ce virus qui se propage à une vitesse jamais observée. Nos hommages aux deux wilayas Vgayet et Tizi Ouzou, qui ont pu maintenir la flamme d’indignation par une mobilisation citoyenne exemplaire, enregistrant un record surprenant et une résistance exceptionnelle.

Parmi les collectifs appelant à la trêve nationale pour des raisons sanitaires, on note en l’occurrence celui des Professeurs en Sciences Médicales demandant aux pouvoirs publics de libérer les détenu-e-s d’opinion dans les meilleurs délais. Dans cet appel à la sagesse et la raison, la sonnette d’alarme est tirée avec écho en expliquant que maintenir en prison les détenu-e-s dans les conditions carcérales que l’on connaît, est synonyme d’aller droit dans l’irréparable. Ce sont des conditions d’une prolifération et propagation mortifère du virus, avec la promiscuité, l’insalubrité et l’absence de toute vaccination. Rajoutant qu’en effet, un bon nombre des prisonniers injustement incarcérés sont exposés à une mort certaine. On ne veut pas en arriver là ! Personne ne se le pardonnerait.

Finalement, la mesure de la clémence présidentielle ordonnant la libération d’un tiers des détenu-e-s d’opinion en Algérie a pour solde affreux 197 détenu-e-s, qui sont malheureusement toujours enfermé-e-s à gros verrou des geôles d’un pouvoir tyrannique. Pour information, l’évaluation des indicateurs de la répression n’est pas faite en date du 14 juillet, suivant la source CNLD et CHAT, afin de prendre en compte les chiffres modifiés après cette annonce présidentielle.

L’indicateur de la répression touchant le total des 36 wilayas en durée cumulée de détention est montrée sur la cartographie des détenu-e-s, évalué en date du 21 juillet 2021, reste inhumain à un seuil terrifiant de 43 ans. Les trois wilayas sur le podium en nombre des détenus sont Alger(51), Boumerdes(21) et Sétif(17). On trouve par ordre descendant de la durée de détention: Alger (+10 ans) , Relizane(+3 ans) et Boumerdes(+2 ans).

L’Algérie vit une situation complexe difficile à dénouer. L’illégitimité et l’incompétence des tenants du pouvoir en Algérie ont conduit à des résultats catastrophiques dans tous les domaines: les droits humains fondamentaux réprimés, le effets irrémédiables sur la santé publique, crise économique,…etc. Il y a lieu de rappeler que les recommandations de l’OMS (L’organisation mondiale de la santé) sont très claires là-dessus, les hautes autorités ne peuvent ignorer que la transparence est un outil de lutte contre les épidémies et que l’adhésion du Grand Peuple avec une coopération active est nécessaire et vitale.

L’Algérie pour sortir de cette crise sanitaire avec un taux de mortalité le moins élevé possible n’a pas d’autres choix que de libérer instamment, sans condition, tous les détenu-e-s d’opinion et politiques et d’opter au plus vite pour un changement du système en place vers la légitimité, la vaccination massive et le respect strict de toutes les barrières.

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