Refus de rapatriement de la dépouille d’un Algérien.

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Doit-on avoir un Jugurtha abandonné à Rome et un autre à Paris, mais que se passe-t-il ?

On ne prend pas un cadavre en otage, ni la loi divine et non plus humaine ne le permettent.

C’est fondamentalement scandaleux et humiliant pour l’Algérie et même pour toute l’humanité.

L’Algérie, qui a ratifié toutes les conventions internationales en matière de droits humains, refuse de rapatrier la dépouille de Jugurtha, qui miaintenant est en phase de décomposition depuis des jours.

Bref rappel des faits :

La personne nommée ci-dessous a été retrouvée morte le 04 décembre 2022. Son corps flottait dans la seine à Clichy, Paris, France.

Âgé d’à peine 38 ans, Jugurtha LOUERGUIOUI, était un jeune père de famille, il laisse derrière lui 3 enfants. Ils vivent actuellement dans son village natal en Kabylie à « Attouche », c’est dans la Commune de Makouda, Wilaya de Tizi Ouzou.

Selon les premiers éléments de l’autopsie, la cause de la mort de Jugurtha est qualifiée de « mort violente ». Actuellement, L’autorité judiciaire poursuit toujours ses investigations.

La levée du corps de Jugurtha a eu lieu le 03 janvier 2023 à l’Institut médico-Légal de Paris.

Tous les documents usuels et nécessaires à son rapatriement, ont été déposés au préalable aux autorités consulaires algériennes de Nanterre.

Cependant à ce jour : le 13 janvier 2023, les autorités algériennes n’ont toujours pas autorisé le rapatriement de sa dépouille. Ceci rendant impossible tout espoir aux familles et proches d’entamer un véritable deuil.

Il est très difficile de ne pas faire de lien entre l’attitude insupportable des autorités algériennes et les accusations infondées portées à l’encontre du défunt. En effet, celui-ci était accusé d’appartenance à un groupe pacifiste, appelé : MAK (considéré comme le Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie).

Il avait été auparavant condamné à 20 ans de réclusion. Craignant pour sa vie, Jugurtha fut donc contraint à l’exil. Au final, cette crainte s’est avérée fondée puisqu’il a perdu la vie d’une cause violente, aux dires du premier rapport d’autopsie.

Jugurtha était arrivé en Espagne le 24 mars 2021 et un mois plus tard en France.

Depuis lors, il vivait en toute discrétion, en bonne sociabilité et n’a jamais eu la moindre altercation avec quiconque. Il était très apprécié par les gens de la communauté algérienne en France.

Nous demandons une enquête dans les meilleurs délais avec interpellation des autorités algériennes qui doivent immédiatement délivrer une autorisation de rapatriement de la dépouille de Jugurtha LOUERGUIOUI vers son village natal afin que ses parents, ses enfants et proches…etc puissent enfin l’enterrer, et entamer leur deuil comme il se doit en lui rendant hommage.

Nous dénonçons ici avec force cette dérive du régime et appelons au respect des droits et libertés consacrés par la Déclaration universelle des Droits de l’Homme et des textes qui en découlent.

L’instrumentalisation de la justice, pourtant dénoncée par une majorité de magistrats qui ont manifesté au côté du peuple pour revendiquer l’indépendance effective de la Justice, prive de surcroît les mis en cause de leurs droits à un procès équitable, ce qui était le cas de Jugurtha.

Pire encore, même mort, sa dépouille est malmenée par ce régime, portant atteinte ainsi au repos des défunts et empêchant sa famille et proches de pouvoir faire son deuil.

Kamel Lakhdar Chaouche, journaliste et écrivain, d’Attouche.

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