L’ETE AFRICAIN… !

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« Lorsqu’un jour le peuple veut vivre, force est pour le destin de répondre,
Force est pour les ténèbres de se dissiper, force est pour les chaînes de se briser »1

Par Dr. KHELFAOUI Benaoumeur*

Si l’été de la première moitié du XIX° siècle avait forcé le Dey Hussein, dernier dey d’Alger (1808-1830), à remballer son éventail, céder, forcé, le royaume.., et mourir par la suite en exil à Alexandrie. Et bien que l’hiver colonial français fût infernal durant un siècle et demi, le printemps 1962 força les descendants de Bugeaud à signer le cessez-le-feu et à un rapatriement impétueux et catastrophique « chez eux »…

L’Afrique, ce continent particulièrement riche de ses ressources tant naturelles que minières voire humaines, qui a toujours vécu la domination…de l’esclavage à la spoliation et le dépouillement par la colonisation et même après les soi-disant indépendances de façades !

En effet, les obscurs voire dubitatifs onze accords coloniaux France-Afrique qui se résument en un pillage systématique de l’Afrique, dénotent pour le commun des Kunta Kinté que la souveraineté n’est pas totalement acquise tant que les autochtones ne disposent pas encore pleinement d’eux-mêmes pour jouir de leurs richesses et de leur droit à l’autodétermination !? L’ex président français l’avait explicitement « révélé » à TV5 Monde en 2008 « On oublie une chose : une grande partie de l’argent qui est dans notre porte-monnaie vient précisément de l’exploitation depuis un siècle de l’Afrique. Alors, il faut avoir un peu de bon sens, je ne dis pas de générosité, de bon sens, de justice, pour rendre aux Africains ce qu’on leur a pris. »2.

Ayant toujours installé – de force – leurs « délégués », pour jouer, en figurants et en valets, les présidents africains de façade, la France n’a jamais hésité, depuis 1963, à assassiner plusieurs leaders africains intègres en exercice. Ainsi, avec la complicité de ses services secrets, le SDECE, la DGSE et la Direction de la surveillance du territoire, les trois bras armés qui se sont servis des valets et traitres africains, elle n’a cessé de jouer la stratégie du choc qui enfante des groupuscules armés sous diverses formes pour ensuite intervenir – ironie du sort – militairement afin de les combattre dans une guerre perpétuelle… Une des réalités révélées par l’historienne française Karine Ramondy dans sa thèse sur l’assassinat des leaders africains durant les années 1960 « Leaders assassinés en Afrique centrale 1958-1961 : entre construction nationale et régulation des relations internationales »3, le confirme (tout comme tant d’autres révélations)4 – on ne peut plus – pour le commun des anticompotistes ! 

Et comme si en réalisateur de leurs farces à la singerie ne suffisait pas à rassasier leur appétit coloniale dévoratrice, les maîtres-imprimeurs du franc CFA, ne se privaient guère de s’amuser à mépriser en mettant en dérision – en live – leurs « délégués » faisant office de bouffons à la présidence des pays africains principalement ceux sous la domination du franc CFA. Comme fut le cas de l’humiliation faite par Macron, durant son discours à l’université de Ouagadougou, à son homologue burkinabé Roch Kaboré qui, vexé et froissé par son « maître » devant l’assistance, décida, à la surprise générale, de quitter la salle ; voire même à leur piquer leurs femmes comme l’histoire de l’épouse du Bokassa avec l’ex président français Valéry Giscard d’Estaing5, et dont le « valet-cocu » dû faire avorter « sa » femme suite à sa grossesse faite par le Maître français…

L’hiver impérialiste de la spoliation et de l’humiliation n’ayant que trop duré, la brise purificatrice de l’été africain de 2023 est venu assainir le sahel tant aveuglé par les vents de sable non-stop des opérations Barkhane and Co, dont les dubitatifs desseins ne sont autres que le maintien d’un statu quo défendant les intérêts d’un pétainisme piteux tordant le torse en quête de nazisme anti-africain… !!!

En effet, le Niger, emboitant le pas à ses voisins le Mali et le Burkina-Faso du jeune « chef de classe » Capitaine Ibrahim Traoré, qui ne cesse de surprendre les puissances occidentales notamment après son discours prononcé en Russie devant le président Poutine, vient de surchauffer, en cet été caractérisé par sa chaleur infernale, tant le Quai d’Orsay que l’Élysée, soucieux – entre autres – pour leur groupe Orano ex-Areva…

 Chemin faisant, il est tout à fait clair que si la mobilisation des masses ait suivi cette brise purificatrice, ceci dénote explicitement que les peuples africains, principalement la jeunesse, qui n’arrêtaient de crier à haute voix sur tous les toits, par des réactions et sentiments hostiles à la présence française en Afrique, ont décidé de reconquérir leurs réelles indépendances et construire leurs nations épurées des parasites impérialistes. La figure majeure de l’anticolonialisme Frantz Fanon explique cette mobilisation comme suit « la mobilisation des masses, quand elle se réalise à l’occasion de la guerre de libération, introduit dans chaque conscience la notion de cause commune, de destin national, d’histoire collective. […] la construction de la nation, se trouve […] facilitée par l’existence de ce mortier travaillé dans le sang et la colère. »6     

Décidemment, cet été africain de 2023, s’il fera immanquablement tomber les feuilles de l’arbre colonial, il enfantera, chez les ex-faiseurs de présidents africains, non seulement un hiver politicofinancier glacial – tant au sens propre qu’au figuré – mais il donnera paradoxalement naissance à des bourgeons prometteurs pour un printemps africain verdoyant et prospère…

Espérant que l’ex ministre de l’économie française et actuel président Macron n’ait pas oublié sa formule prononcée en 2017 à Alger, quand il répondit à un journaliste d’Echourouk News en disant « La colonisation c’est un crime. C’est un crime contre l’humanité. C’est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux vers lesquels nous avons commis ces gestes. »7 … ? Amen !

*Maître de Conférences, Université Kasdi Merbah – Ouargla

2 Commentaires

  1. Les Africains dites vous? prenez le cas de l’afrique du Sud et le Zimbabwé furent beacoup mieux sous l’occupation, leurs économie fut fleurrissante! l tous le tiers Monde = Corruption mensonge vol homme politique mal formé, non éduqué, le saviez vous Monsieur au Zimbabwé les terre propriété auparavant des blance sont livrés au noir ces derniers les ont donnés a leurs oncle frère famille! résultat la faillite actuelle du zimbabwé, on se demande si ces peuples méritent vraiment l’indépendance?!.

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