Édition du
26 September 2016

Il est peu probable que l’année 2016 soit celle du changement.

 

MascaradesL’année 2015 vient de s’achever. Pour notre pays, force est de reconnaître qu’elle a été des plus agitées. En fait, bien que la vie soit faite de bonnes et de mauvaises nouvelles, l’effondrement des prix du pétrole –le pays en dépend pour sa survie –crée une panique incontrôlable.

Dans cette situation alambiquée, les premiers responsables sont évidemment ceux qui gouvernent.  Alors que dans tous les pays, lorsque les résultats sont médiocres, les citoyens peuvent sanctionner les dirigeants, en Algérie –et c’est là où le bât blesse –, nos chefs sont inamovibles.

En d’autres termes, si ailleurs il suffit de glisser un bulletin de vote en vue d’obtenir le renouvellement de la classe politique, en Algérie, cela relève d’une mission impossible. Ainsi, qu’il y ait une bonne ou une mauvaise gestion –depuis l’indépendance, on a eu beaucoup affaire à celle-ci qu’à celle-là –, l’équipe dirigeante se maintient contre vents et marées.

Poussant la contradiction à son summum, il était parfois possible que le régime propose deux politiques diamétralement opposées en un laps de temps relativement réduit, et ce, alors que le bon sens recommande que l’échec d’une politique implique le départ de toute l’équipe dirigeante. Et c’est là où se situe, me semble-t-il, le véritable problème politique de l’Algérie : l’inexistence de l’alternance.

En fait, à partir du moment où le dirigeant n’est pas menacé par une sanction électorale, il ne va pas chercher à se surpasser. En ce sens, un tel système est générateur du statu quo parfois mortifère pour les pays les plus fragiles. Résultat des courses : l’Algérie patine et souffre d’une crise multidimensionnelle, dont les conséquences, et notamment l’austérité, vont peser sur les compatriotes les plus fragiles.

Cependant, bien que le pouvoir ait une grande part de responsabilité de ce qui arrive au pays, il est indécent de ne pas évoquer celle du peuple algérien en général. Que s’est-il passé pour que ce peuple qui a connu des moments de gloire devienne à ce point irresponsable ? Sans aucune exagération, ce dernier –et c’est le moins que l’on puisse dire –s’est totalement métamorphosé.

Passant d’un peuple héroïque dans les années 1950 pour avoir subi l’une des guerres les plus meurtrières, le peuple algérien ne maîtrise, 53 ans après l’indépendance, nullement son destin. Ses manifestations sont désormais sporadiques et violentes, renforçant par ricochet le pouvoir en place. En aucun cas on ne peut parler d’un peuple veillant sur le legs des hommes de novembre 1954, dont le dernier survivant, Hocine Ait Ahmed, vient de les rejoindre, en cette fin de l’année 2015, ses frères de combat.

Que doit-on attendre de l’année 2016 ? Sauf un miracle, le régime va continuer dans sa politique solitaire, c’est-à-dire ne tenant pas compte de l’avis des organisations politiques, des associations, des syndicats autonomes et des citoyens ne faisant pas partie de sa clientèle. Mais pour qu’il soit crédible, l’Algérien devra avant tout être à la hauteur des événements. Il doit renoncer à la violence pour exprimer la volonté de changement et s’éloigner autant que faire se peut des partis extrémistes. D’ailleurs, faut-il rappeler que dans toute l’histoire de l’humanité aucun parti extrémiste n’a réalisé le bonheur de ses concitoyens. À méditer vraiment.

Pour conclure, il va de soi que l’espoir est toujours permis en Algérie. Ses potentialités humaines et matérielles sont telles que les rêves les plus démesurés sont à sa portée. Pour ce faire, les Algériens doivent se sentir concernés par ce projet national à bâtir et dont le but est de mettre le contrôle de toutes les institutions entre les mains de ce peuple. Ce fut le rêve des novembristes. Si les Algériens veulent leur rendre hommage, il faudra qu’ils accomplissent ce rêve, et ce, bien que la réalisation puisse demander du temps.

Aït Benali Boubekeur


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6 Commentaires sur cet article

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  • AMAR
    29 janvier 2016 at 14 h 37 min - Reply

    EFFECTIVEMENT LE PEUPLE PORTE UNE TRES GRANDE RESPONSABILITE SUR CE QUI NOUS ARRIVE ON A TOUJOURS EU DES APPRENTIS SORCIERS QUI NE PRETENDENT SAVOIR GERER QU AVEC LA CARTE BLANCHE..C EST A DIRE QU ILS ETAIENT TOUS INCAPABLES DE PRENDRE DES DECISIONS JUSTES ET LEGALES ET ON N A PAS PU ET SU LEUR DIRE NON ! si en 1995 LA MISE EN OEUVRE DU PLAN D AJUSTEMENT STRUCTUREL A ETE RENDUE POSSIBLE AU COUTS QUE L ON SAIT DANS UNE ATHMOSPHERE DE GUERRE, la LOI DE FINANCES 2016 ET LES MESURES QUI VONT SUIVRE N AURONT PAS LE MEME CADRE NI LES MEMES AMORTISSEURS!
    le gouvernement N A COMME SOLUTION QUE L AUSTERITE ..LA REDUCTION DES COUTS OR A 20 DOLLARS LE BARIL SONATRACH DOIT FAIRE UN CHOIX DOULOUREUX CONTINUER A PAYER SA PLETHORE DE PERSONNEL AUX PRIX QUE L ON SAIT OU S ACQUITTER DES 85% DE FISCALITE C EST A DIRE GERER L ENTREPRISE AVEC UN COUT DE 3 USD/BARIL !des choix dramatiques s imposeront! peut etre que ce sera l opportunite aux algeriens DE CHANGER LES CHOSES ET D INTERDIRE A CES ZAIMS DE NOYER LE PEUPLE DANS UN AUTRE ENDETTEMENT QUI HYPOTHEQERA L AVENIR DES NOUVELLES GENERATIONS…

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  • AMAR
    29 janvier 2016 at 15 h 00 min - Reply

    LES PROCHAINES PREOCCUPATIONS REGIONALES AURONT L ALGERIE COMME EN-JEUX! L EXHODE DES POPULATIONS DE L INSTABILITE LYBIENNE ET DU SAHEL AURONT DE SERIEUSE REPERCUSSIONS SUR NOTRE PAYS QUI N A PAS SU RESERVER UN DEVELOPPEMENT MINIMA POUR LES WILAYA FRONTALIERE….SI LA GRANDE MENACE DE FAILLITE C EST L ECROULEMENT DU BARIL A DES SEUILS INTOLERABLES, LE TROUBLE FETES SERA NOTRE INCAPACITE A CONTENIR LE FLUX DES EXHODES DES POPULATIONS FRONTALIERES QUI DONNERONT L OPPORTUNITE AUX GRANDS GARDIENS DES TEMPLES D INTERVENIR ET DE FOUTRE ENCORE PLUS DE PAGAILLE………..

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  • Bencheikh
    29 janvier 2016 at 19 h 45 min - Reply

    Renvoyer dos à dos le pouvoir et le peuple est un peu trop facile cela supposerait qu’ils ont les mêmes pouvoirs et moyens.
    On ne tire pas sur l’ambulance.

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  • Tsoufiq18
    29 janvier 2016 at 22 h 02 min - Reply

    Non et non le peuple en tant que peuple ne peut etre tenu pour responsable de sa situation ;
    Explications:
    Le peuple algérien comme tous les peuples a trop souffert des injustices des hommes et des vicissitudes e de l’histoire; A peine sorti de d’une guerre de libération particulièrement meurtriére qui s’est soldée par la disparition de son elite revolutionnaire la plus pure , la plus politisée et la plus consciente , le peuple algerien s’est retrouvée entre les deux machoires d’une dictature militaire venue des frontiére et qui a fait jonction avec les elements oprtunistes les combattants du 19 mars ; Ce coup de force ne pouvait reussir s’il ne continue pas :
    – l »epuration de toute l’élite des patriotes qui ont echappés aux balles de l »ennemi; C’est ainsi que seront ecartés systématiquement touts les historiques et les cadres de la revolution ( Ait Ahmed ,Boudiaf , Dahlab,Benkhedda, Ferhat Abbas, Bouragaa, Mohand oulhadj
    et des centaines d’autres,
    – L’assassinat de Chaabani , Khider , Krim, Khemisti, Chabou, Said Abid, Medeghri, ;

    En depit de tout ceci le peuple s’est remis au travail emporté par la ferveur revolutionnaire et fiérte de la liberté recouvrée; Les premieres années de l’indépendance se sont deroulées plutot dans le respect des fondamentaux universels en matiére de civisme ;
    Les travailleurs faisant bien leur travail , les paysans aimaient et s’occupaient bien de leur terre et les etudiants etaient studieux et passionés par leurs etudes; Helas les chacals qui etaient aux commandes ne pouvaient supporter ça;
    Il fallait casser ce peuple on lui faisant perdre le gout et de la terre et du travail et des etudes ; La revolution agraire , l industrie industrialisante l’arabisation au rabais sont les armes utilisé pour casser les ressorts et les defenses imunitires de la société;

    Les apprentis soriers qui nous gouverne pensaient que ce faisant ils pourraient facilement mater un peuple sous formé et travaillé au corps par les islamistes; La crise petroliére qui leur eclata à la figure au milieu des années 80 debouchera sur la decennie noire dont les consequences seront aussi dramatiques voir plus que la guerre de liberation; 200 milles morts ,un millons d’expatriés un delitement systématique de tous les corps de metiers ( medecin , chercheurs , ingenieurs , journalistes, artistes, enseignants );

    Vous conviendrait Monsieur Ait Ben Ali que ce peuple a donné beaucoup, Rares sont les peuples qui ont payé un cout aussi lourd en un laps de temps aussi cours; Survivre à autant de tragedie en seulelement 60 ans ; Le peuple panse ses blessure et saura dire son mot le moment voulu;
    La chute du prix du baril sera un accelerateur de l’histoire; Il appartient à ce peuple meurtri de démontré encore une fois que lui il n’a pas de patrie de rechange et qu’il est donc condamné encore une fois à se faire violence pour sortir sa patrie de cette impasse;
    Et il reussira.

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  • Ait Benali
    30 janvier 2016 at 11 h 43 min - Reply

    Bonjour les amis! Il ne faut pas non plus renier l’évidence: ce que je critique, c’est la passivité du peuple. Depuis 1962, il est exclu de la vie politique, alors que c’est lui qui doit affirmer l’orientation du pays. On a assisté à des épisodes où des chefs ont déposé d’autres sans que le peuple ne demande des explications.
    Personnellement, je crois que le salut du pays viendra de la prise de conscience collective. Bien évidemment, le peuple n’est pas responsable des détournements, des gaspillages, mais il faut reconnaître que cela a été possible uniquement dans la mesure où le peuple n’assume pas son premier rôle: être le pouvoir de contrôle.

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  • AMAR
    30 janvier 2016 at 16 h 27 min - Reply

    LE PEUPLKE C EST NOUS TOUS ! et avant de chercher a DEPOSER DES DICTATEURS, MISSION QUI SEMBLE GIGANTESQUE COMMENCONS D ABORD PAR DENONCER LES ABUS!!! UNE LETTRE CA NE COUTE PAS CHER! si DEMAIN UN WALI, UN PROCUREUR, UN MINISTRE RECOIT D UN COUP 5000 OU 6000 LETTRES DENONCONS LE MEME DELIT …CROYEZ -moi qu il craindra la suite….surtout si ces denonciations seront suivies!!!! les derniers evenements de KASSERINE EN TUNISIE SONT TRES PROMETTEURS POURLA SOCIETE TUNISIENNE !!! LA SOCIETE SE REVEILLE ET VEUT COMPRENDRE COMMENT DES CANCRES LORS DES ETUDES DEVIENNENT DES LUMIERES LORS DES CONCOURS…IL Y A DES CHOSES QUI CLOCHES ET CELA DOIT S ARRETER! RESULTAT: il y a eu limogeage du gouverneur…..CHEZ NOUS ALLONS VOIR COMMENT UNE GRANDE PROPORTION DE CANDIDATS A L ECOLE DE MAGISTRATURES SONT SELECTIONNES…PLUS LES POSTES SONT IMPORTANTS PLUS LES CANCRES Y SONT FAVORIS…QUI PEUT ARRETER CETTE PRATIQUE SI CE N EST LE PEUPLE! donc ne nous dedouanons pas nous avons notre part de responsabilite………….

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