Édition du
29 September 2016

Les articles 51 et 73 ont existé dans les faits avant la révision constitutionnelle.

 

dictature et oppositionDepuis la publication du projet de la révision constitutionnelle, la communauté algérienne établie à l’étranger multiplie les initiatives. C’est, évidemment, insuffisant pour que le régime tremble ou qu’il soit déstabilisé. Parmi les initiatives, on peut en trouver de tout. Il y a des articles de presse, des pétitions et parfois des sit-in devant les représentations nationales.

Cependant, bien que cette mobilisation soit légitime, le fait qu’elle se focalise uniquement sur deux articles, en l’occurrence les articles 51 et 73, pose un autre problème : l’émigration ne se bat pas pour une stratégie de démocratisation globale, mais pour défendre ses propres intérêts.

En outre, il ne faut pas être un politologue pour savoir que ces deux articles en question n’excluent pas davantage la communauté émigrée plus que ne l’était la situation avant la révision constitutionnelle. L’accès à des fonctions suprêmes n’est pas libre, car cela suppose que l’on soit sous un régime démocratique par excellence.

Ainsi, en dépit des déclarations des dirigeants sur l’ouverture du régime, tout le monde sait –et c’est vraiment un secret de polichinelle –que le pouvoir recrute les personnes dont il a besoin. Et dès lors que le citoyen n’est pas d’accord avec la gestion des affaires du pays, le régime n’a pas besoin des articles 51 et 73 pour exclure les candidats aux postes clefs. Cette règle s’applique indistinctement contre les nationaux et les binationaux.

Quant au rôle de l’émigration, bien qu’elle ait joué un rôle historique pendant la guerre d’Algérie, son apport a été et est encore peut-être d’ordre financier. Vers la fin de la guerre, le budget annuel du GPRA était financé à plus de 80% par l’émigration. Hélas, cela n’empêchait pas les dirigeants de désigner, de façon bureaucratique, les responsables de la fédération de France du FLN. Pour rappel, cette méfiance viscérale remonte à 1949.

Quid de la situation après l’indépendance ? Malgré les évolutions notables, force est de reconnaître que la méfiance demeure. Bien que les partis d’oppositions aient des rapports plus sains avec l’émigration, il n’en reste pas moins qu’aucun d’eux ne laisse ses militants s’organiser librement. La nomination vient toujours d’Alger, perpétuant ainsi la vieille tradition héritée du PPA-MTLD.

En somme, il est évident qu’en l’absence d’une réelle démocratie, la constitution ne peut être qu’à l’image des dirigeants. Cela dit, on ne peut que s’associer à la dénonciation d’un texte qui constitutionnalise le statut inférieur d’une certaine catégorie de citoyens. Mais, la solution, selon mon humble avis, ne réside pas dans la suppression des deux articles incriminés.

En revanche, celle-ci réside dans un combat pacifique global pour l’instauration de la véritable démocratie en Algérie. Ce jour-là, toutes les lois discriminatoires disparaîtront automatiquement.

Aït Benali Boubekeur

 


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5 Commentaires sur cet article

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  • Mouloud
    2 février 2016 at 16 h 29 min - Reply

    Monsieur

    L’article 51 et tous les autres sont toujours d’actualité, ils ne visent pas seulement les Bi Nationaux mais ils visent une troisième catégorie: les algériens mono nationaux honnêtes, sans grade ni relations.

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  • AMAR
    2 février 2016 at 16 h 45 min - Reply

    tout a fait d accord avec vous! nous sommes tous des sous citoyens tous ces articles ne constituent qu un decors pour ne pas s attarder sur le principal a savoir :
    -la separation des pouvoirs
    -l independance de la justice
    -la liberte de la presse
    -la neutralite de l administration
    -c est avec cet environnement que la citoyennete va etre renforcee et la constitution n aura pas besoins de tels articles pour proteger le pays et ses citoyens.

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  • Dria
    2 février 2016 at 19 h 24 min - Reply

    En attendant l’instauration de la véritable démocratie en Algérie,cette Constitution verra le jour. Nous sommes persuadés de sa concrétisation sinon il n’y aurait pas eu tous ses débats dans la presse indépendante et étatique, qui font le bonheur des initiateurs de ce projet.

    Nous ASSISTONS à une énième supercherie et on s’y fait, car au fond on est persuadé que cette Constitution sera adopté du premier au dernier article et passera comme une lettre à la poste, la machine est en marche,et rien à l’horizon ne semble l’arrêter, qui va dire le contraire….

    En dehors des problèmes de Fond et de Forme que soulève cette dernière Mouture, et qui ne sera que de l’encre sur du papier comme les précédente versions, une catégorie d’algérien se frotte les mains ceux qui voit dans tous SCRUTIN un filon qui ramène grand ,de l’ARGENT à dilapider en ces temps de disette, des marchés de l’imprimerie, aux postes des commissions de surveillances, aux chef de bureaux…

    Le Peuple dans tous ça! on est deux catégories
    – ceux qui participe au vote pour changer leur situation (causes évoqués plus haut)
    – ceux qui boycottent le vote, qui critiquent, qui expliquent, qui écrivent, ceux qui espérent , ceux qui restent DEBOUT , et qui auront un changement de taille une NOUVELLE CONSTITUTION.

    (à Tahya al djazair, certes le sel ne fleurira pas, mais la constitution Passera,et se passera de nos commentaires)

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  • rachid dahmani
    3 février 2016 at 8 h 10 min - Reply

    Bonjour,

    Pardonnez mon insolence. Mais il me semble qu’on a du mal à comprendre que le régime pourri que l’on a fabrique des lois auxquelles il déroge comme bon lui semble selon les circonstances du moment et qu’il fait ce qu’il veut quand il veut ou il veut sans que cela ne lui pose aucun problème. Il peut rédiger la constitution qu’il veut et outrepasser tous ses articles. Il peut sélectionner selon son bon vouloir toutes les personnes qu’il désire associer à sa toile même si la constitution l’interdit. Enfin, il peut tout faire, la chose et son contraire en tout temps selon ses désirs du moment…alors émigrés, pas émigrés, du sud, du nord, de l’ouest, de l’est… il s’en tape le coquillard. Tant qu’il préside aux choses du pays pour ses intérêts peu lui importe les brouhahas qui ne le dérangent pas outre mesure. Bonne journée à tous.

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  • Nordine
    4 février 2016 at 17 h 18 min - Reply

    encore une fois pipo flan vent et hypocrisie, ici dans le quartier on a un binational très sympathique hyper qualifié dans le sport de haut niveau en france et à l étranger il est sur de nombreuses vidéos, ici il a postulé auprès de nombreuses fédés … aucunes réponses. je lui faisait comprendre qu’il n’aura jamais sa place en Algérie et qu’il devrait arrêter d’espérer car pourvoir un poste à gros salaire, les responsables préférons placé un membre de leurs familles même si la personne est un cancre bourricot abruti débile.
    très récemment on l’a vu sur bein-sport auprés d une grosse equipe !!!.
    qu’ils arrêtent de nous balancer de la poudre au yeux sid ahmed ghozali est binational américain said boutelflika est binational français la loi de la réintégration de la nationalité française a été faite après la guerre d algerie afin entre autres de récupérer essentiellement leurs éléments bien dressés de la france

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