Édition du
5 December 2016

Serment d’Hippocrate ou business d’hypocrites ?

medecineCupidité, incurie, multiplication d’erreurs médicales… arnaque, etc., voilà ce à quoi se confrontent nombre de nos citoyens dans certains établissements de santé privés!

En vérité, se soigner en Algérie pose de gros problèmes, aussi bien pour les petites bourses que pour les fortunés. Un constat amer qui se confirme, au fil des années, vu d’un côté, la dégradation de la performance médicale, à tous les niveaux, dans nos structures sanitaires (prise en charge des malades, compétence professionnelle du personnel soignant, matériel, hygiène, etc.), et de l’autre, les pratiques immorales de «mâarifa», pots-de-vin et favoritisme y sont devenues monnaie courante, bureaucratie et absence de contrôle obligent! Si les nôtres ont déjà la peur au ventre dès qu’ils mettent le pied dans un hôpital public, ce qui en dit long sur le climat de suspicion généralisée qui ronge, en aval, toute la société, cette peur-là augmente davantage quand ils ont affaire à des médecins qui les réorientent vers des cliniques privées dont ils sont, la plupart des fois, les propriétaires pour les mêmes soins, mais avec des coûts exorbitants. S’y ajoute là, le risque de voir leur situation aggravée en raison de probables erreurs médicales et… négligences.

Le récit de ce jeune ayant emmené, récemment, son épouse, enceinte de son état, à l’une des cliniques d’une banlieue algéroise pour accoucher, fend vraiment le cœur. Au bord de la déprime, celui-ci n’a, malheureusement, pas digéré le fait que sa femme, pourtant bien portante juste avant, soit subitement décédée, aussitôt après. Indigné devant le peu de transparence et le black-out des responsables de ladite clinique, l’homme aurait dénoncé dans la foulée leur perte d’éthique médicale, dans un émouvant article publié sur les réseaux sociaux et dans la presse électronique.

Des cas malheureux pareils sont loin d’être uniques dans notre pays, hélas! Mais pourquoi en est-on arrivé-là? C’est-à-dire à telle enseigne que des cliniques privées, censées être des lieux inspirant la confiance et compensant par leurs prestations exemplaires (confort, matériel sophistiqué, accueil, etc.,) les failles d’un service public quasiment « hors-service », deviennent des labyrinthes d’incertitude et des couloirs de mort qui ne profitent qu’à des «toubibs» affairistes et sans scrupules? A vrai dire, le manque de lois rigoureuses à même de mieux encadrer les activités dans le secteur sanitaire privé ou, sinon, leur non-application (si elles existent) et le culte de l’argent-roi y sont pour beaucoup de choses. Ce qui trouve, du reste, un écho défavorable chez nos masses, déjà travaillées par une profonde crise de confiance et excédées du fait que leurs officiels, eux, partent, tous, tranquillement à l’étranger pour se soigner aux frais de la princesse. Bêtise ordinaire, indifférence ou mépris insultant pour le peuple, l’essentiel est que ce luxe-là n’est, certainement, pas le leur. Comment peut-il l’être d’ailleurs quand on sait la valeur trop faible du dinar et les soins très onéreux à l’étranger? Voilà, enfin, qui restera, peut-être pour longtemps, la véritable frustration pour tout Algérien et un défi, autrement plus urgent, pour nos responsables : garantir un meilleur système de soins performant, peu bureaucratique et égalitaire!

Kamel Guerroua.


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3 Commentaires sur cet article

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  • AMAR MOKHNACHE
    2 novembre 2016 at 10 h 48 min - Reply

    le probleme de la GOUVERNANCE DU PAYS est POLITIQUE Nous avons affaire a un pouvoir apparent et a des DECIDEURS DE L OMBRE avec leurs clans et ramifications ! les USA meme ont declare qu il y a de bonnes mesures ….mais il y a des problemes dans leurs applicabilite !!
    c est a dire que l on etabli parfois des lois claires et nette mais ces lois ne peuvent pas etre appliques pour tout le monde! un ministre a clairement declare qu il n a pas pu ferme une gargotte defaillante!! des quotidiens on fait etat de la femme d un magistrat a EL BIAR qui n a pas voulu ceder le passage a un bus et a bloque la circulation pendant presque une heure….SIDI SAID, secretaire general de l’UGTA a lance devant les tele son fameux J’ASSUME SUR UN SCANDALE FINANCIER TRES GRAVE sans la moindre inquietude……LES CAS SONT TRES TRES NOMBREUX ET NE RELEVE QUE D UNE SEULE CAUSE : L IMPUNITE !!!
    un ETAT FAIBLE NE SANCTIONNE QUE LES FAIBLES C EST CONNU DONC C EST AU NIVEAU DES INSTITUTIONS DE SE LIBERER DES HOMMES ET DE REVOIR LE CADRE DE LA PRISE DES DECISIONS ET LA CULTURE DE SON APPLICATION CAR C EST A CEs NIVEAUx QUE TOUTES LES DERIVES PRENNENT NAISSANCE. les histoires sont tres nombreuses et releve souvent de negligeances, de legeretes..POUR les structures de sante c est le meme probleme que celui des gargottes ou du cachir mais plus grave et plus important car il implique une classe d intellectuelle qui a pris gout a la rente qui a pris tout le secteur en otage et qui ne veut pas gagner sa vie par l effortet l’amelioration du niveau et des cout de soins…le personnel medical des hospitaux declare en catimi que les medecins sont souvent absent et qu il est impossible de leur imposer une rigueur ou des normes de rendement nous sommes seuls livres aux patients…le ministre declare qu il n a pas reussi a informatiser les hospitaux malgres de tres nombreuses relances!!!! quand in sait que les statistiques sont les outils de premier plan dans la prise de decision on comprend l impossiblite des cadres de ce secteur a prendres des decisions ….LES HOPITAUX ET LES CLINIQUES SONT DEVENUS DES MOURROIRS ET AUCUNE ETUDES SERIEUSE N A ETE INITIEE POUR FAIRE L ETAT DES LIEUX ET PROPOSER DES SOLUTIONS POUR REVOIR LES MODELES D ORGANISATIONS ET LES STRUCTURES DE VEILLES QUI ONT PERMIS TOUTES CES DERIVES QUI N ONT PAS DU TOUT L AIR DE S ARRETER…

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  • rachid dahmani
    2 novembre 2016 at 11 h 00 min - Reply

    Bonjour à tous,

    C’est ce qu’on aurait appelé chez nous la médecine squelettique… dans ce domaine médicale c’est l’incertitude totale…en gros vous rentrez dans un hôpital et vous ne savez pas quand vous ressortirez au cas ou vous ressortirez. Dans une clinique privé pareil à la différence qu’on vous impose de payer et de beaucoup payer. Dans le cabinet du médecin vous ne savez pas si vous êtes ausculté par un médecin ou par un agriculteur. Si vous êtes opéré chez nous assurez vous que ça ne soit pas par un vétérinaire. Enfin, il faut vous dire aussi que même si vous avez beaucoup flousse vous êtes logé à la même enseigne que celui qui n’en a pas d’un point de vue médical…après pour le confort c’est autre chose. On comprend pourquoi tout le monde veut se faire soigner ailleurs…mais ce n’est pas tout le monde qui le peut. Bonne journée à tous.

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  • Ali
    28 novembre 2016 at 8 h 21 min - Reply

    Pourquou voulez vous que le secteur de la santé soit different dana la gestion que tous les autres secteurs de l’ enseignemnt, de l agriculture, du transport, du commerce , des ptt, des hydrocarbures, de l’ habitat, de la douane, des mairies, des dairas, des wilaya, des impots,de l’import import,dee banques,des routes,des mosqées, de l’ information , ils appartiennent tous á une administation corrompue longtemps couverte par la hausse des prix du petrole mais s’est trouvée soudain incapable de se partager le butin avec l’ effondrement du prix du baril , situation imposée par les maitres du monde qui ne supportent plus de voir des tresors dilapidés par des voleurs á eux seuls qui tentent maintenant de recuperer le manque á gager ou du moins une infime paritie en se rabattant sur le qoutidien des pauvres, et ce n’ est qu’ un début.

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