Édition du
5 December 2016

ADLENE HICHEUR : Pourquoi cet avilissement?

Adlene HicheurIn page Facebook de Mr Saoudi Abdelaziz.

Le physicien franco-algérien condamné pour terrorisme en 2012 avait réussi à refaire brillamment sa vie à Rio de Janeiro, après avoir purgé sa peine de prison en France. Heureusement, les autorités brésiliennes et françaises veillent : Adlène Hicheur, dangereux contre-exemple, a été expulsé manu militari du Brésil mi-juillet 2016 et assigné à résidence dans le cadre de l’état d’urgence à Vienne (Isère) pour prévenir toute tentative en récidive de réinsertion.
Son VTT rouge à la main, Adlène Hicheur attend devant l’hôtel de police de Vienne (Isère). À 14 heures pile à l’horloge de la gare voisine, l’homme, en polaire et veste de sport, s’avance. Une fenêtre s’ouvre, à gauche de l’entrée du commissariat. « Bonjour, M. Hicheur », dit une jeune policière en tendant une feuille d’émargement. Le temps de signer, le visage disparaît ; le guichet se referme, insoupçonnable derrière la façade grillagée. La scène a duré dix secondes. Le physicien franco-algérien de 39 ans repart sur son vélo. Il reviendra à 19 heures, puis à 9 heures le lendemain matin, et ainsi de suite jusqu’à la fin de l’état d’urgence déjà prolongé à deux reprises.

Sourcils broussailleux et fines lunettes rectangulaires, Adlène Hicheur se demande parfois s’il va « se réveiller » de ce « cauchemar ». « J’ai été condamné, j’ai purgé ma peine, j’ai retrouvé un travail loin de la France, pourquoi cet avilissement ? » De retour à 39 ans dans l’appartement familial, vivant aux crochets de ses parents retraités et sans possibilité de travail dans sa spécialité, la physique des particules, Adlène Hicheur vit cette assignation comme un « assassinat social et professionnel ». « C’est une prison à vos frais, vous vous précarisez, vous dépérissez, et les gens vous voient aller pointer, cela entretient la peur dans leur esprit. Orwell et Kafka peuvent aller se rhabiller. » Le physicien s’est vu confisquer ses passeports algérien et français. Outre ses contraintes de pointage, il juge impossible de trouver un emploi même alimentaire avec le récépissé remis par la police française. L’assignation lui interdit aussi de sortir du périmètre de la commune de Vienne. Adlène Hicheur ne peut pas aller dîner chez son frère qui habite une commune voisine, ni célébrer la naissance de l’enfant d’un ami qui habite à quelques centaines de mètres, de l’autre côté du Rhône. Il lui suffit de franchir la passerelle au-dessus du fleuve pour passer de l’Isère au Rhône et être en infraction.

Extrait du reportage paru hier sur Mediapart sous le titre : Adlène Hicheur, coincé en France, «entre Kafka et Orwell»
https://www.mediapart.fr/…/adlene-hicheur-coince-en-france-…


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