Édition du
5 December 2016

Faillite frauduleuse : Le Gros, le détail et la médiocrité du moins mauvais

Salima GhezaliPar Salima Ghezali

Photo D.R.

Photo D.R.

Les hommes de ce système ont littéralement cannibalisé le pays.

De ventre-creux, comme de descendants de lignées de bachaghas serviles, le système a fait des milliardaires arrogants. D’anciens collabos il a fait des héros. De gratte-papier de colonie des aristo-rats de république approximative.

Elle ne pouvait naître que d’une faillite provoquée, cette oligarchie fille de redresseurs de partis et de détourneurs de biens publics. Elle a enlevé le FLN à Mehri pour l’offrir à Saïdani. C’est tout dire. Elle a fait insulter Aït Ahmed par un régiment de morveux ignares. Et tenu au-dessus de sa tête l’accusation de séparatisme. Il est parti dans un des plus beaux moments de communion nationale. Gérez vos caïds de douars maintenant ! Et il ne fût pas le seul à avoir été diffamé, ce système a fait cracher leur venin à des régiments de béni-oui-oui pour trainer dans la boue d’authentiques patriotes.

Puis ils viendront verser une larme sur leur tombe. Libérés enfin de témoins, ils peuvent s’atteler à faire semblant de sauver des squelettes après avoir laissé enterrer vifs les plus dignes des enfants de cette terre.

Et au terme de plus d’une décennie de sang, mêler  le 1er Novembre aux saletés de la guerre des années 90 et aux barbouzeries du terrorisme global.

Le système a excellé dans l’imposture, s’appuyant sur ce qu’il y a de pire dans le reliquat de plus d’un siècle de colonialisme génocidaire. Il a trouvé ses hommes de main  dans toutes les strates de la société. Ses manipulés de bleuïte permanente se prenant pour la révolution elle-même. Même pas dignes de prendre place dans un spectacle de Biyouna.

Elle au moins  aura eu les mots que le génie populaire authentique suggère dans les pires situations : « Moi, chevalier de l’ordre des Arts et des lettres ! Alors que je me suis arrêtée à l’ardoise ! » Ce n’est pas elle qui a fait qu’un chant de liberté laisse la place à la quête de reconnaissance  de l’ancien colonisateur devenu  protecteur de cabaret hallal. C’est la cohorte de prétendus « serviteurs de l’Etat » qui n’ont jamais servi que leurs œillères.

Avec la loi de finances 2017 le gouvernement a achevé cette semaine de boucler le dispositif d’entrée dans la campagne électorale. Sans avoir absolument rien réglé de la crise. Il reconduit le système et ses nuisances, en gros et dans le détail, tels que les a laissés Zeroual et aggravés le règne de Bouteflika. Trois petites phrases ont scellé le sort d’un pays pour une génération au moins, unies en une formule de l’échec assuré :

Refusé en gros et dans le détail + C’est le moins mauvais des candidats = Je les laisse à leur médiocrité.

Elles collent, ces petites phrases, au pays comme aux hommes qui les ont prononcées et ceux qui les ont suivi,  pour témoigner de ce qu’il ya d’absence de conscience dans : l’arrogance du refus, l’insignifiance de la justification et  la hargne du désastre annoncé.

« Est-ce ainsi que les hommes vivent ?»

En gros, le même système sans vision déchiré en factions rivales du côté des demi-aveux du  moins mauvais  Ziari  sur l’inexistence de consensus au sein du pouvoir  et par contrecoup au FLN. Mais, dans le détail, il n’en considère pas moins qu’il faut aller aux élections et que la majorité  doit revenir à ce parti, vermoulu de toutes parts, dont la fonction cardinale est d’offrir la couverture politique à des réformes qu’il sait impopulaires.

Inflation-système du côté des outrances du  moins mauvais Ouyahia qui, en gros, part en guerre contre 400.OOO personnes liées à « l’argent sale qui veulent déstabiliser le pays »et, dans le détail, promet de remettre au travail les 39 millions d’algériens qui survivront à cette nouvelle poussée éradicatrice. Lui qui cria haut et fort « Vive l’Oligarchie ». Mais une guerre est toujours bonne à déclarer quel que soit l’alibi qu’on lui donne. En gros, le perdant ce n’est jamais que le peuple. Les oligarchies, c’est connu, prospèrent sur la ruine du bien commun. Et ne font surtout pas dans le détail quand il s’agît de faire saigner le burnous. D’autant qu’avec les chiffres… En 1992 ils n’avaient prévu « que » 60.000 morts… et là en enlevant 400.000 algériens de 40 millions Ouyahia en perd 600.000 en cours de route. A moins que « la médiocrité » des algériens les rende plus gérables par la multiplication des soustractions…Question d’habitude.

Le même système côté détail de la « trêve politique » que propose le moins mauvais  opposant Mokri  après avoir battu  les pavés du « printemps arabe »en s’excusant en gros auprès des algériens de son attitude participationniste antérieure.

Et comme s’il manquait un détail macabre à ce tableau sans attrait, voici l’information sécuritaire non attestée officiellement qui refait surface à propos d’un attentat à Ain Defla. L’information donnée d’abord par un site marocain a été reprise par des journaux algériens. Si le MDN a beaucoup communiqué (1, 2, 3) cette semaine, il n’a ni infirmé ni confirmé cette affaire. Rien de nouveau là non plus. Pendant de longues années il en a été ainsi de l’information sécuritaire. C’est tout l’intérêt du terrorisme, d’où qu’il vienne, que de maintenir de la sorte une « présence médiatique » comme le rappelle l’article d’un journal qui en sait un bout sur la question, à telle enseigne que  le départ de l’actuel chef d’état-major et une vaste purge y ont été annoncés il y a peu…  Et pour rester en territoire connu, Jeune Afrique  a jugé utile de  publier le 8 novembre dernier un ressassé des conditions de la démission de Zeroual . Rien qui n’ait été déjà édité ici ou là.

Une semaine ordinaire avec ses émeutes et ses petites phrases pour la chronique d’une crise qui a tout de la faillite frauduleuse. Manger un pays en gros et dans le détail en s’abritant derrière l’alibi du moins mauvais pour le noyer  dans la médiocrité. La thérapie sera à la mesure de l’avanie.

1-https://www.algerie1.com/societe/mdn-destruction-de-neuf-casemates-a-sidi-bel-abbes

2-http://www.dzinfos.com/2016/11/7-casemates-et-44-bombes-artisanales.html

3-http://www.aps.dz/algerie/49139-deux-terroristes-se-rendent-%C3%A0-tamanrasset-mdn)

– See more at: http://www.libre-algerie.com/faillite-frauduleuse-le-gros-le-detail-et-la-mediocrite-du-moins-mauvaispar-salima-ghezali/17/11/2016/#sthash.kYa62oZH.6xsPLlLZ.dpuf


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4 Commentaires sur cet article

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  • MOUSSAOUI Abdelkeder
    17 novembre 2016 at 18 h 40 min - Reply

    comme elle nous a toujours habituée,Mme GHEZALI s’excelle dans la lucidité et le franc parlé, allah yaatik essaha wel afia du fond du cœur.

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  • Dria
    17 novembre 2016 at 19 h 30 min - Reply

    chère @Salima Ghezali

    Vous avez omis à un détail prés l’acteur principal le PEUPLE, qui se contente du second rôle et qui continu de subir, telle un pneu usé ,l’essentiel pour lui c’est de rouler quitte à le faire avec la jante. En bon spectateur nous avons appris à rouler nos pouces et a rouler pour les autres.

    En gros c’est le PEUPLE qui admet cette situation, ce sont ces enfants qui alimente en effectif la junte militaire et paramilitaire, les élus , les députés , les gouvernants, les généraux, les juges sont issus de ce peuple non, nous lisons sur tous les frontons de nos édifices un slogan mensonger des plus véridiques « par le peuple et pour le peuple ».

    Y a t il un espoir de voir ce peuple libérer de toutes ces contraintes que lui ont fait subir ces propres enfants dans un ordre décroissant le MILITAIRE, le POLITIQUE, le RELIGIEUX, l’homme et la femme de PRESSE , L’UNIVERSITAIRE et enfin le commun des CITOYENS.

    Nous sommes tous complices à des degrés différents, et c’est le silence de nous autres citoyens qui fait plus de mal à ce pays, le carnaval vire au cabaret hélas et on continu de décrire , le fond nous l’avons atteint et comme l’avait si bien dit Fellag  » l’Algérien quand il atteint le fond , il continu de creuser…

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  • djamel
    19 novembre 2016 at 11 h 03 min - Reply

    En fait le peuple c’est toujours lui qui paie les pots cassés et ceux qui vont l’être. Le 8 mai 1945 c’était le peuple, le 11 décembre c’était le peuple, le 19 juin 1965 à annaba c’était le peuple, le 20 avril 1980 en kabylie c’était toujours le peuple, en 1986 à constantine c’était encore le peuple, en octobre 1988 c’était bien-sûr le peuple au cours de la décennie noire c’était bien entendu le peuple, au printemps 2001/2002 c’était encore ce foutu peuple. Aujourd’hui c’est toujours le peuple qui casque et ses mal élevés de fils qui ramassent. Peut-être parce que nous n’avons enfanté que des fripouilles. Pourtant il ya bien eu les ben mhidi, didouche, amirouche el haoues, lotfi, ben boulaid et la liste est longue.

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    • Dria
      20 novembre 2016 at 0 h 03 min - Reply

      @djamel
      Tout à un prix, tout les peuples font des sacrifices pour améliorer leur sort, les algériens d’aprés indépendance ont payé un lourd tribut sans tirer aucune devidende de leur actes, la cause c’est qu’ils ne sont jamais allez au bout de leurs sacrifices, et ils ne furent pas solidaires lors de ses tentatives.

      Si en tant que peuple on veut retrouver notre dignité, un peu de valeur, de la liberté et de la justice, c’est par le chemin du SACRIFICE et la SOLIDARITÉ qu’on doit transité inéluctablement.

      Pourquoi ne pas agir devant cette fripouille, ils ne sont pas nombreux, nous sommes majoritaire, ils ne sont pas fort nous pensons que nous sommes faibles.

      Si on avait en face des Franco, Mussolini, Pinochet le nombre de victimes aurait pu être plus important.
      Hélas nous avons des frères algériens qui sont pire que ces dictateurs qui agissent dans l’ombre…

      Nous avons acceptés de vivre sous leur ombrage, alors nous continuons de payer les pots cassés …
      .

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