Édition du
28 April 2017

« La Tunisie est en train d’écrire une très belle page de son histoire »

https://www.youtube.com/watch?v=5fG_uNJw3TQ

Photo / vidéo Seif Soudani – LCDA

François Burgat est politologue, directeur de recherche au CNRS et à l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman. Il a récemment publié « Comprendre l’Islam politique, une trajectoire de recherche sur l’altérité islamiste 1973 – 2016 ». Nous avons profité du passage à Tunis de ce spécialiste du monde arabe pour nous entretenir en exclusivité avec lui de questions brûlantes qui animent l’actualité tunisienne. 

Lors d’une conférence mardi à l’initiative de l’Institut Français de Tunisie et de l’IRMC, autour du thème « Les musulmans en France et en Allemagne : expériences, perceptions, perspectives » aux côtés du politologue Edmund Ratka et animée par Jerome Heurtaux, François Burgat a rappelé l’apport historique souvent passé sous silence des musulmans en Europe, avant de réitérer sa formule qui a amusé l’auditoire : « En France, un « bon musulman » est un musulman qui… n’est plus musulman ».

Lorsque nous le rencontrons aujourd’hui mercredi, l’actualité tunisienne, mais aussi internationale, est encore dominée par le thème du retour de combattants djihadistes tunisiens des zones de conflit, sans que l’information ne soit réellement vérifiable. Comment discerner le vrai du faux ? Le postulat selon lequel ces combattants désirent automatiquement rentrer en masse, au lendemain de la défaite face au régime syrien à Alep, est-il à prendre au sérieux ? Quelle est la part d’instrumentalisation politique de cet épouvantail du « grand retour » de la part d’adversaires politiques d’Ennahdha ? Burgat répond sans détour ni langue de bois.  

Il revient également sur le statut d’unique rescapé du Printemps arabe de la Tunisie, et du coût politique que cela implique pour le parti à référentiel islamique, affirmant qu’il « n’aurait pas donné le prix Nobel au quartet » mais plutôt à ceux qui ont su raison garder et éviter au pays un conflit violent.   

L’homme revient enfin sur les premières et historiques séances d’audition publiques des victimes du despotisme, soulignant le fait que « la Tunisie a fait ce que la France n’a pas été capable de faire » en matière d’exercice mémoriel et de dépassement des blessures du passé.

Propos recueillis par Seif Soudani


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UN COMMENTAIRE

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  • Mazouzi
    3 avril 2017 at 15 h 34 min - Reply

    Il n’y a que des spécialistes dans ce monde pour donner des bons points ou en retirer à nos pays qui plus est…des étrangers!




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