Édition du
28 June 2017

ARRÊTEZ DE MENTIR !

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Le mot d’Azwaw O

En ces temps d’imposture, dire la vérité est un acte révolutionnaire. »
George Orwell.

L’impunité est l’identifiant de tout régime illégitime, totalitaire et sanguinaire. La clanocratie du crime et de l’argent sale n’échappe pas à cette triste réalité. En effet, « le fleuve de sang » continue à couler dans les mémoires collectives. Les cris des milliers de victimes, leurs larmes et celles de leurs proches, les silhouettes de plus de 20 000 disparus, leurs derniers mots, leurs derniers regards avant d’être happés par les mains de visiteurs portant la nuit du crime dans leurs yeux continuent à hanter l’être algérien. Ils continuent à crier : VÉRITÉ ET JUSTICE !

Seulement, à ce jour, le pouvoir algérien continue à imposer l’omerta sur ce dossier.

C’est ce que le rapport annuel d’Amnesty International sur la situation des droits de la personne humaine dans le monde, publié le 22 février, a constaté dans son chapitre consacré à l’Algérie.
 » Cette année encore, les autorités se sont abstenues d’enquêter sur les atteintes graves aux droits humains perpétrées dans les années 1990 et de traduire en justice les responsables présumés. Les homicides illégaux, les disparitions forcées, les viols et les actes de torture commis par les forces de sécurité, ainsi que certaines atteintes aux droits humains perpétrées par des groupes armés, pourraient constituer des crimes contre l’humanité » est-il rapporté dans ce document.

Au sein du régime algérien, l’impunité est structurellement liée à « la caporalisation » de la société. En l’absence de la légitimité politique, elle sert d’instrument d’exercice du pouvoir. La peur qu’elle porte en elle a pour rôle d’anesthésier toute capacité à mobiliser les richesses populaires.

Elle a ainsi pour conséquence d’annihiler toute tentative autonome de construire ce que l’historien camerounais Achille Mbembe qualifie de « contre-élite », pour permettre l’émergence d’une conscience citoyenne  capable de rendre irréversible le changement démocratique.

C’est que, à ce niveau aussi,  » le terrorisme pédagogique » dénoncé par le journaliste Said Mekbel avant qu’il n’en soit victime à son tour, est un sujet tabou !

Mensonge et impunité vont de pair. Ils sécrètent ainsi le cynisme. Un tel climat ne peut qu’être favorable à la violence et à la corruption.

Au sein d’un régime aussi violent que la clanocratie algérienne, l’exercice d’une souveraineté usurpée au peuple ne peut se faire sans mettre en évidence la toxicité du discours développé, l’absence de toute forme de contrôle ou de contre-pouvoir et le mépris affiché envers le peuple.

En clair, pour la clanocratie, il n’y a de vérité constante que celle de sa pérennisation.

Comment peut-il en être autrement quand Ouyahia, le Hadjeb du président de la chaise vide, use de propos qui rendent nocive la parole publique à la conscience nationale ?

User de la notion de « l’Etat » pour rendre « indispensable » l’institutionnalisation de l’interdit est une insulte au combat du peuple algérien pour l’indépendance du pays et la construction d’une République algérienne démocratique et sociale.

Attribuer le cynisme d’un tel procédé à la personne d’un président malade, c’est étaler au grand jour la monstruosité d’un système qui se sert de l’institution présidentielle comme d’un plat à déguster.

Banaliser la mort de Mohamed Tamalt en prison, accabler sa mémoire -et, en conséquence, culpabiliser les siens- en assimilant l’usage qu’il a fait de son droit de « grève de la faim » à une tentative de « faire pression sur la justice », aller jusqu’à affirmer que « personne ne peut porter un jugement sur le magistrat qui n’a pas maintenu Tamalt en dehors de la prison, car cela toucherait au principe de l’indépendance du juge qui rend des sentences selon la loi et selon sa conscience » est une injure doublée de menace à l’égard des journalistes, des acteurs politiques, des militants des droits de la personne humaine et de tous les démocrates impénitents qui osent faire preuve de capacité de penser et d’agir en toute autonomie.

C’est dire combien manque-t-il à Ouyahia et à ses semblables de lire et comprendre Hannah Arendt qui, dans son livre « La Crise de la culture », avertissait :   » La liberté d’opinion est une farce si l’information sur les faits n’est pas garantie et si ce ne sont pas les faits eux-mêmes qui font l’objet du débat. »

LA « BRONCHITE » DIPLOMATIQUE !

L’institution présidentielle vouée au ridicule, le feuilleton mensonger continue ! Il a suffit d’« une bronchite aiguë » pour que la visite de la chancelière allemande Angela Merkel en Algérie soit reportée ! Du moins, c’est ce qu’un « communiqué de la présidence » a indiqué.

En attendant, les hommes d’affaires allemands, eux, ont tout le loisir de se rendre en Algérie, de rencontrer leurs « homologues » du réseau militaro-ploutocratique algérien. En ce sens, la rencontre politique entre les deux chefs d’Etat n’est que formelle par rapport au ballet des affaires et…des commissions à en tirer !

Le cannibalisme clanocratique se donne ainsi en spectacle. Il envahit le langage national de mensonges nocifs à l’être algérien, détruit toute notion de représentation étatique de l’Algérie, offre sa souveraineté en spectacle aux chancelleries étrangères, livre le rêve algérien à la désillusion, voire au désespoir, et sacrifie jusqu’à l’idée de la patrie à la prédation.

Le maintien du mensonge sur l’état de santé du président de la chaise vide met le pays hors du temps politique. Il en fait le territoire de l’irrationnel dans l’exercice du pouvoir et de l’informel dans la distribution de la rente.

Or, cette situation, les chancelleries étrangères l’ont intégrée dans leurs différentes façons de traiter avec l’Algérie. Le bulletin de santé du président n’étant pas du ressort de la souveraineté nationale, il sert d’un côté à maintenir le pays sous perfusion d’un chef d’Etat absent et, de l’autre, à servir d’atout dans des « arrangements » politico-économiques échappant à toute visibilité.

Pour réconcilier la politique avec la vérité, il est nécessaire d’abattre les clôtures de toutes les raisons -sécuritaires ou économiques- d’Etat. Il y va de l’authenticité de la représentation étatique de la légitimité populaire.

D’ailleurs, c’est sur ce terrain que prospèrent les ventes concomitantes de l’industrie militaro-industrielle mondiale. Pour ne citer que cet exemple, l’Algérie figure à la cinquième place des importateurs d’armes dans le monde pour la période 2012-2016, selon un rapport du Stockholm international Peace Research Institut, publié mardi 20 février.

A l’échelle africaine, elle occupe la première place avec « 46% des importations dans la région « . Qui dit mieux ?! .

Le prétexte fallacieux de défendre la souveraineté nationale pour justifier cette frénésie de dépenses militaires ne peut tenir devant la réalité des faits.

C’est ce que nous apprend l’historien Daho Djerbal, notamment dans l’entretien intitulé « La Corruption en Algérie vue par…Daho Djerbal », publié par Le Matin.dz, le 15 janvier 2017 :

« La militarisation accrue sous prétexte de défense nationale, les dépenses dites de sécurité, le recrutement massif dans les services de police accompagnent le rétrécissement du champ politique et l’affaiblissement du pouvoir de contrôle des représentants de la nation. »

Dans cet environnement miné par le mensonge et la fausseté, accepter la condition de participer à un débat de maintien du statu-quo revient à tirer une balle dans le dos du politique.

L’option du « moindre mal » consiste, en ce cas, à faire sienne la réduction de l’opposition politique à une compétition politicienne.

Car, pour reprendre Hannah Arendt,  » Politiquement, la faiblesse de l’argument du moindre mal a toujours été que ceux qui choisissent le moindre mal oublient très vite qu’ils ont choisi le mal. »

A bon lecteur !
Az.O.


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2 Commentaires sur cet article

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  • Mohammed
    22 février 2017 at 23 h 59 min - Reply

    La Vérité:(pouvoir illégitime, sanguinaire et voyoucrate)est éclatante comme les Rayons du Soleil.
    Mais(notre société « caporalisée ») de peur d’être Aveuglée par les Rayons de cet imposteur grand astre-la quasi-majorité de nos concitoyens préférerait marcher dans les Pénombres pour certains et carrément dans les Ténèbres pour d’autres.
    Mais on est certain,demain,le temps d’une éclair éclipse(du régime dictatorial) que tout le monde va lever la tête et regarderait en face cette vérité,cet astre géant,pardon gênant..
    On trouverait,certainement,ceux qui Applaudissaient les Mensonges d’hier tout en se Cachant dans l’Ombre ou les Ténèbres Marquer leur Temps d’Arrêt(après avoir tourné leurs vestes bien-sur)et dire aussi leur vérité à-eux: »qu’ils étaient conscients de n’être que des Acteurs Menteurs et qu’ils n’avaient pas d’autres choix »!!
    Ils commenceraient alors,encore et encore à cracher leur venin sur le système qui les a vu Naître et Grandir en son Sein pour Rester Toujours ces Mêmes Menteurs..
    Le comble,c’est que l’on trouvera des gens qui les croiront.




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  • water water
    28 mars 2017 at 21 h 59 min - Reply

    La vérité est en chacun de nous

    Par définition, pour etre en paix avec les autres, il faut d’abord etre en paix avec soi.
    Un homme de culture arabo berbère, de religion musulmane,l’important chez lui, accessoire chez l’homme blanc et vis versa, pour lui la mort est un passage, pour l’homme blanc une fin,
    on lui impose de singer l’homme du nord jusque dans ses cauchemars et reves.
    La première personne du pluriel a disparu au nom du dictat de Zeus, au nom de tous les craties et les démos et au nom du mmaraboutisme et du salafisme latino grec.

    En arrière par dessus les tombes.




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