Édition du
25 April 2017

Sana Hilwa Sayidi Errais !

 Youcef l’Asnami

80 ans ya bougalb  ! Sana Hilwa Sayidi Errais !

80 ans dont 18 ans de pouvoir quasi absolu sur une Algérie qui peine à trouver sa voie. Pour quel bilan ?

–          La réconciliation nationale qui, certes, a ramené la paix pour un peuple meurtri  dans sa chair et traumatisé  par l’extraordinaire violence vécue pendant la période dite de la décennie noire.  Mais cette réconciliation nationale a ignoré les causes structurelles qui ont engendré la révolte de tout un peuple en 1988 et qui ont poussé des milliers de jeunes à rejoindre les maquis pour mettre fin à la Hogra. On n’impose pas  une paix civile à coups de subventions à tout va grâce à une divine manne énergétique. Parce que cette manne est épuisable tout simplement !!!  De même que la réconciliation nationale n’a pas permis de trouver des réponses aux questions relatives aux nombreux disparus de cette période.

–          Les libertés civiles ? Oui l’algérien est plus libre de crier sa colère ouvertement aujourd’hui qu’il ne pouvait le faire avant 1988 ! Nous avons une presse relativement libre mais qui sait se retenir quand il s’agit d’affaires dites sensibles. Sauf quand il s’agit de règlements de compte au sommet de l’Etat où elle est arrosée, dans ce cas, par les différents clans du pouvoir pour déstabiliser l’ennemi menaçant. L’opposition des partis politique ? Difficile d’y croire tant ces partis ne deviennent à peine audibles qu’à la veille des élections. Doit-on rappeler le nombre des vrais opposants, arrêtés, jugés ou emprisonnés ?

–          Notre dépendance alimentaire vis-à-vis de l’étranger ? Les chiffres donnent le tournis ! Il suffit de s’attarder sur le budget du ministère de l’Agriculture et celui du Commerce pour voir la part des importations en lait, céréales et autres produits alimentaires pour se rendre compte dela gravité et du danger de cette honteuse dépendance qui met à mal notre souveraineté nationale. Un pays incapable de subvenir aux besoins alimentaires de son peuple peut il être souverain ? 

–          La politique en faveur des jeunes  ? Il est peut être tôt de dresser un bilan relatif à la  générosité de l’Etat vis-à-vis des jeunes au travers les « prêts –dons » de l’ANSEJ . Mais aura-t-on un jour un bilan objectif de cette opération qui a contribué grandement à calmer notre jeunesse ?

–          Le logement social ? Certes des milliers de logements ont été construits. Le béton a défiguré des villes entières et a sacrifié des milliers d’hectares de terres agricoles, offrant, dans certains cas, un paysage et un environnement des plus  désolants. La qualité des constructions des très nombreuses cités est plus que déplorable : logements mal finis, environnement dépourvu de verdure, de commerce ou de transport. Une course contre la monte insensée.

–          L’investissement étranger ? On en parle plus qu’on en réalise. Car, là aussi, on refuse d’admettre qu’il n’est pas aisé pour étranger d’investir dans un pays où le système bancaire est des plus archaïques,  la bureaucratie omniprésente et la corruption qui s’est installée durablement dans le « système ».  L’aide aux petites et moyennes entreprises algériennes, dont beaucoup sont  très innovatrices reste insignifiante comparée aux « gros projets » d’investissement.  On fait plus confiance à une pseudo Entreprise Américaine avec un méga projet agricole farfelu qu’aux petites entreprises qui ont prouvé leur savoir-faire et leur utilité.

–          Le système éducatif ? Du primaire au supérieur, il ne cesse de se réformer sans résultats tangibles quant à l’insertion professionnelle et sociale de nos élèves et étudiants.

On se limitera là pour le bilan. Mais la baisse des prix du pétrole a mis à nu la fragilité de cette politique axée essentiellement sur le court terme : du « Hak Weskout », on va passer au « Wellah Ma Khssara fik, mais ma3andiche ! !!!

Mais au-delà du maintien artificiel au pouvoir d’un Prédisent affaibli, malade et inaudible, entouré de clans qui s’affrontent  pour sa succession, quelle alternative s’offre au pays ?  Surcout devant la cruelle absence de mécanisme de partage du pouvoir entre les différentes composantes de la  société ?  L’Algérie d 2017 ressemble sur  bien des points aux pays arabes où le soulèvement populaire a eu raison de leurs dirigeants dans les années 2010 : chômage, cherté de la vie, insécurité grandissante, productivité faible, banques inefficaces, soutien des prix insoutenable à long terme, système éducatif défaillant…
La marmite est pleine et prête à exploser à tout moment.

La disparition brutale du Président  – ce que personne ne souhaite- risque de mettre le pays dans une situation désastreuse faute d’alternative. Il y va de sa responsabilité d’assurer une transition politique qui redonne espoir à ce peuple qui semble vivre au jour le jour. Parce que 18 ans c’est long ! Trop long !!!


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2 Commentaires sur cet article

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  • Dria
    2 mars 2017 at 20 h 17 min - Reply

    18 ans c’est l’age de devenir majeur, avez vous penser a nos jeunes qui sont né le jour de son investiture, ils ont également 18 ans aujourd’hui , ils sont devenus majeur également et ils ont le droit de voter au prochain scrutin légalement, une génération entière est né sous son règne et a atteint l’age de voter…

    Des jeunes qui sont prêt à voter et a faire le service national , mais qui n’auront jamais le droit au logement et à l ’emploi comme c’est le cas dans les pays scandinave..

    Honte à cette génération de parent qui n’a fait que subir durant tous ce temps sans réagir, et qui a enfanté d’une génération qui n’a connu qu’un seul président, ya des monarchie ou le règne du roi fut plus court, comment espérer à un changement de la part de cette progéniture, la balle est dans le camps de ses parents

    Nous sommes dans les temps-morts, ce n’est pas une prémonition, mais l’odeur de la mort rode dans ce pays du peuple mort qui a peur de la mort .




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  • fatma
    2 mars 2017 at 23 h 37 min - Reply

    Un peuple mort qui a peur de la mort, voilà en effet ce que nous sommes exactement et qui résume tout.
    sans commentaire




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  • Congrès du Changement Démocratique