Édition du
27 May 2017

L’URNE QUEL STATUT?

Miraculeusement régénéré par un sang guerrier, fortifié par des gènes éclos de la résistance opiniâtre et féroce contre des conquérants colonialistes, le peuple algérien, devant les tragédies de ses dépossessions rapaces, impie et athée vis-à-vis du démon de la fatalité de l’aliénation, contre lequel il se dressa avec défi, et fervent croyant prosterné avec recueillement devant la divine liberté, ne s’est jamais laissé bâillonné et a consciemment et inlassablement payé sa délivrance, dans un commerce de troc, par ce sang sacré dont les gènes ont hérité, de génération en génération, des qualités révolutionnaires, vaccinées par la providence contre la malédiction pétrolière…

La nuit glaciale et infernale de l’hiver colonial étant balayée par les lueurs de l’aurore printanière de mars 62, dont les bourgeons, par leur effet de germination explosive, cassèrent toutes les chaînes rouillées de l’asservissement. Les héritiers des millions de martyrs, dont les poumons aspiraient à de grandes bouffées d’oxygène, obsédés par l’optimisme quant aux prairies verdâtres et panoramiques du paysage prometteur du lendemain, les yeux fermés par double assurance fraternelle/révolutionnaire, armé par la prodigieuse carte de vote, ont cautionné, approuvé et applaudi, toutes les pièces théâtrales qui se jouaient sur la scène sociopolitique et économique, sous le thème « pour une vie meilleure », dans un décor de couleurs socialistes orchestré par la musique arrangée des chants patriotiques…
La désillusion d’octobre 88 qui ferma les rideaux, arrêta le spectacle, dégagea les salles en les vidant des ronfleurs, dépoussiéra la scène à ciel ouvert où allait désormais se jouaient en live, respectivement, des spectacles de comédie musicale, d’art dramatique et enfin de tragédie. Dans ce chavirement précipité, après la double dévaluation tant du dinar que de la carte de vote, une grande partie des héritiers de BENMHIDI, ayant estimé et embrassé la révolution qui fut jetée à la rue, déclarèrent leur divorce à l’urne insoumise et se jetèrent dans les bras de l’adultère qui enfanta la violence barbare !
Depuis l’aube du XXI°siècle, une timide réconciliation conjugale, est organisée à chaque anniversaire célébrant, tambour battant, la lune de miel, ayant pour objectif sacré de renouer les relations matrimoniales, entre la malheureuse urne et son fuyard, qui resta indifférent devant toutes les coiffures et coquetteries de son ancienne compagne, à qui il avait pourtant promis amour et fidélité jusqu’à ce que la mort les sépare !
Devant le désarroi de la question de légitimité, il se creuse la tête horriblement, en cherchant à dissiper les nuages du doute, qui le ronge, à chaque fois que l’urne transparente ou opaque accouche prématurément ou se débarrasse des fœtus malformés par avortement ?
Dans cette relation de mariage de raison qui n’a pas pu créer de sentiments d’amour qui peuvent forger l’union en dépit des enfants illégitimes, le fugitif dont les sens se disputent la pensée, résigné et lucide, essaye tant bien que mal dans sa méditation, à comprendre les différentes interprétations calomnieuses qui se communiquent par des bouches-à-l’oreilles languissants.
Pour des badauds, l’urne est un symbole, car disent-ils, son nom arbitraire évoque et suggère l’opération démocratique, régie par des lois et dont le slogan est « par le peuple et pour le peuple », tout en créant implicitement une intention de communication avec l’électeur ?
Pour d’autres Mekhlouf Elbombardi, du fond de leur Carnaval-fi-dachra, estiment qu’il s’agit tout simplement et banalement d’une icône, puisque affirment-ils, en connaissance de cause, qu’elle dénote, à l’instar des plaques du code de la route, la direction et le chemin à suivre pour accéder au grade de pourvoyeur de madame Dalila?
Enfin, les harraga et les fugitifs, la considèrent comme un indice, car pour eux, qu’elle soit confectionnée en verre transparent ou en bois non conducteur, soumise et forcée d’exercer le vieux métier, elle est reniée, puisque l’image qu’elle reflète, l’a réellement affectée, et de ce fait, ils concluent qu’elle n’a aucune intention de communication ?
Au demeurant, l’espoir qui est prescrit comme tranquillisant, unique salut qui règle encore la respiration, scrute l’éventuel accostage à l’issue de quelques pluies diluviennes, d’un Arche de Noé d’où descendraient des éminents sémiologues qui trancheraient sur la question !?
 
KHELFAOUI BENAOUMEUR
UNIVERSITE DE OUARGLA

Nombre de lectures : 1699
3 Commentaires sur cet article

LAISSER UN COMMENTAIRE

*

*

  • lounis salah
    4 mai 2017 at 16 h 04 min - Reply

    Mes salutations
    J’ai reçu sur mon téléphone portable, un sms pour prendre contacte avec mon consulat de Lyon pour les votes en Algérie, je suis de la 2emme génération de Français d’origine Algérienne après l’indépendance (1970),
    mon père 1ere génération venu en France après l’indépendance, retourné en 1995 pour finir sa vie dans son pays natal, nous autres nous ne reconnaissons rien en l’Algérie,
    je me suis rendu en 2016-17, je me sentais pas chez moi,
    je ne lis pas l’arabe, me sentais comme un mendiant dans un pays qui je croyais encore miens, alors pour qui voter?????????
    pour un arabophone non merciiiiiiiiiiiiii




    4
    • boraha
      13 mai 2017 at 16 h 33 min - Reply

      t’es quelle descendance toi? Vandallois?




      0
    • rachid dahmani
      14 mai 2017 at 7 h 43 min - Reply

      Bonjour,

      Du moment que vous dites que vous ne vous reconnaissez en rien en Algérie, que vous ne vous sentez pas chez vous en Algérie, que vous ne lisez pas l’Arabe (quoiqu’on peut l’apprendre, mais ce n’est pas le problème), une question se pose. Pourquoi vous posez vous la question pour qui voter? que vient faire l’arabophone dans votre esprit? pourquoi être venu en Algérie? Vous êtes Français à part entière, votre pays c’est la France et puis c’est tout. Vous votez aux élections Françaises. A se demander alors pourquoi venir sur ce site Algérien? Bonne journée l’ami.




      0

    Congrès du Changement Démocratique