Édition du
26 September 2017

Quand le « zorro » d’hier devient malfaiteur, pour une certaine presse !

Adepte du pouvoir personnel, Tebboune, un petit dictateur

 Algerie1.com

Par Djamil Mesrer| 23 Aout 2017 
Abdelmadjid Tebboune, l’éphémère premier ministre, qui n’aura duré que deux mois et demi, un record mondial (décidément notre pays en décroche ces jours-ci des records mondiaux), était selon quelques ministres et autres walis un petit dictateur, adepte du pouvoir personnel, ne laissant aucune marge pour ses collaborateurs, voulant centraliser tout et n’importe quoi à son niveau.En effet, roulant des mécaniques, très imbu de sa personne,  se prenant pour un petit Bonaparte, il n’hésitait pas à convoquer pour un oui ou un non un ministre, le laisser poireauter une bonne heure dans l’antichambre du bureau du premier ministre, avant de demander à son protocole de le congédier au prétexte que Monsieur est occupé.

Il terrorisait ces grands commis de l’Etat en formulant des demandes aussi farfelues qu’excessives. Et lorsqu’il s’adresse à eux c’est avec suffisance, mépris et même une forme de paranoïa. A l’un d’eux il lui reprocha d’aspirer à prendre sa place, à un autre il lui demanda de lui obéir au doigt et à l’oeil, à un autre encore il lui fit des remarques tellement désobligeantes qu’il serait mal venu de les reproduire. Il appelait au téléphone certains de ses ministres, vociférant des propos incompréhensibles.

Adepte du pouvoir personnel il demanda à ses ministres en particulier ceux de l’habitat, des finances, du commerce, de l’industrie, des travaux publics, de centraliser à son niveau toutes les décisions et en particulier de distribuer lui même les licences d’importation, au mépris de la règlementation et notamment du comité interministériel chargé de cette activité.

Il demanda même à obtenir en permanence la liste nominative et détaillée de tous les bénéficiaires de crédits bancaires, en contradiction totale avec la loi relative à la monnaie et au crédit et avec toutes les réglementations émises par le Conseil de la monnaie et du crédit. Tebboune s’était ainsi substitué à la Banque d’Algérie, la seule à surveiller l’activité des banques et établir un rapport annuel dont un exemplaire est transmis au Premier ministère.

Tebboune avait besoin de ce sentiment d’exister, quitte à froisser, offenser et vexer ses interlocuteurs selon l’analyse faite par ses collaborateurs. L’un d’eux a affirmé que Tebboune « a subi les contre coups de l’ivresse de la puissance et du pouvoir », cette lugubre gravitation vers les hautes cimes d’où la chute brutale qui en a suivi. Et ce n’est que justice, puisque de l’avis unanime de ses collaborateurs et des ministres qui ont eu à travailler avec lui, il n’avait ni l’étoffe, ni la carrure et encore moins les compétences requises pour occuper le poste de premier ministre. C’est dire qu’encore une fois une erreur de casting allait plonger l’Algérie dans l’inconnu.

Impliqué dans l’affaire Khalifa Bank

Par ailleurs et contrairement à ce que pensent beaucoup de personnes, Tebboune est très lié et très proche de beaucoup d’hommes d’affaires du genre beznassi. A ce propos on se souvient lorsqu’il était ministre de l’habitat (2001-2002), de sa proximité avec l’escroc Abdelmoumène Khalifa (photo) d’où sa citation en 2007 dans cette scabreuse affaire  où plusieurs OPGI de wilayas (Constantine, Béjaia, Oran, Ain Temouchent, Relizane…), avaient révélé que des « correspondances ministérielles encourageaient les dépôts dans les banques Khalifa », quand d’autres  évoquaient « une note ministérielle encourageant les OPGI à faire fructifier les excédents dans les banques privées « , alors que la seule banque privée était Khalifa Bank.

Les directeurs des OPGI qui avaient placé quelque 103 millions d’euros (10,5 milliards de dinars) auprès de Khalifa Bank ont tous désigné le ministre de l’habitat (2001-2002) Abdelmadjid Tebboune comme seul donneur d’ordres.

Il  sera inculpé pour son implication dans le scandale et placé en liberté en attendant la fin de cette instruction. L’affaire sera finalement renvoyée devant la chambre d’accusation de la Cour suprême où il sera poursuivi pour plusieurs délits, dont « complicité dans la dilapidation de deniers publics », « détournement de deniers publics » et « délit d’initié ».

A la surprise générale, il sera nommé de nouveau nommé ministre de l’habitat en 2012, dans le gouvernement Sellal, après une traversée du désert de 10 ans.

En tant que ministre, jouissant du privilège de l’immunité, d’accusé il devient témoin, et se présentera à ce titre, en avril 2013, devant le tribunal criminel de Blida pour nier sa responsabilité quant à« l’émission d’ordre ou de recommandation pour le versement de fonds des OPGI à Khalifa Bank. »

Effectivement, en 2007, en sa qualité d’ancien ministre de l’Habitat, interrogé par la juge Fatiha Brahimi,  il répondra  «Je le dis et je le répète, il y avait un dépôt avant mon arrivée en août 1999 et le dernier dépôt a été effectué après mon départ en 2003. Les OPGI avaient la liberté totale de le faire ou pas, ils n’ont qu’à assumer leurs actes», avait-il déclaré pour sa défense. Cependant, les investigations judiciaires ont révélé qu’en 1999, seuls trois OPGI ont déposé leur argent chez Khalifa Bank (Dar El-Beïda, Hussein Dey et Béjaïa). En 2000, leur nombre est passé à 15, et en 2001 à 42. Autrement dit, la plupart des dépôts avaient été effectués durant la période où Tebboune était ministre.

Master Card

Interrogé sur la présence d’une Master Card en son nom et délivrée par Khalifa Bank alors qu’il n’en était pas un client, il avait reconnu avoir utilisé la carte en 2002, pour « des soins médicaux dans un hôpital en France et pour des frais d’hôtel. » Alors que d’autres sources avaient évoqué des voyages aux Etats-Unis avec la même carte.

Selon le liquidateur de l’époque, Abdelmoumen Khalifa avait « offert à 20 grands bénéficiaires de fortes sommes en dollars via Master Card, pour leurs dépenses lors de voyages à l’étranger ». Et parmi ces bénéficiaires Abdelmadjid Tebboune, qui ne sera pas inquiété.

Pourtant, lors de ce procès un avocat, Ahmed Fadhel, et intervenant pour son client, avait souligné à juste titre, que « la corruption était manifeste lorsqu’on bénéficie d’intérêt contre un autre intérêt ». 

Aucune relation avec Gaid Salah

Plusieurs médias ont avancé que Tebboune avait des relations privilégiées avec le général de corps d’armée Ahmed Gaid Salah, relations d’ailleurs démenties vigoureusement par ce dernier auprès de ses proches.

Cette supposée relation, fuitée à bon escient dans la presse, se voulait servir les intérêts de Tebboune et surtout créer une dissension entre le vice-ministre de la défense et le président de la république. Sauf que les relations soi-disant tendues entre le président et le chef d’état-major de l’armée n’existent que dans la tête de ceux qui veulent bien y croire.

La seule relation connue de Tebboune avec un général de l’armée c’est sa proximité avec le directeur de la gendarmerie nationale.


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3 Commentaires sur cet article

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  • yahia el kortbi
    24 août 2017 at 16 h 29 min - Reply

    Tout compte fait ils sont tous des affairistes de basses classes des bizness quoi.




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  • Dria
    24 août 2017 at 19 h 27 min - Reply

    Et le feuilleton de l’été continu, il n’ya pas de différence entre les chiots d’une même portée, alors il n’y a aucun doute depuis 1999 et l’instauration de la prédation institutionnalisée ..

    Ce qui m’intrigue c’est les 40 millions de spectateurs dont je fait parti qui acceptent de voir n’importe quel film même les navets on en raffole , nous n’avons plus de goût une pathologie de plus contracté a notre insu l’ AGEUSIE, après l’amnésie, l’aphasie ….

    Sommes nous devenu anosgnosique,pour moi c’est confirmé, car si on avaient vraiment conscience de notre état …




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  • Quand le « zorro » d’hier devient malfaiteur, pour une certaine presse ! – nublaxity africa
    24 août 2017 at 19 h 35 min - Reply

    […] continue reading […]




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  • Congrès du Changement Démocratique