Édition du
21 July 2018

«la bombe algérienne»

Le magazine de droite Valeurs actuelles et «la bombe algérienne»

Un tableau apocalyptique

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El Watan le 13.01.18 

 

Alors que le gouvernement français prépare une réforme durcissant l’accueil des migrants et les conditions d’octroi de l’asile en France, le magasine de droite (dure) Valeurs Actuelles publie dans sa dernière livraison, comme il en est coutumier, un dossier alarmiste sur une déferlante d’Algériens vers la France (100 000 au cours des prochaines années) en cas de «déstabilisation» de l’Algérie.

La bombe algérienne. Immigration massive, explosion des banlieues… Ce que craint la France si l’Algérie bascule». Derrière cette accroche anxiogène et alarmiste, le journal dresse un tableau apocalyptique de l’Algérie en cas d’aggravation de la situation socioéconomique du pays.

Et d’annoncer la couleur avec ce préambule : «Intellectuels, diplomates, membres des services de renseignements, tous les experts de la question algérienne le disent : le pays entrera bientôt dans une forte zone de turbulences. L’impact sur la France sera considérable». Dans un des articles du dossier il est écrit qu’«en coulisses, au ministère de l’Intérieur, on n’hésite désormais plus à parler de l’arrivée potentielle de près de 100 000 ressortissants algériens dans les prochaines années si la situation s’aggrave».

Dans un long article, l’écrivain Boualem Sansal revient sur le régime politique et les grands événements qui ont marqué l’Algérie depuis le règne de Boumediène à Bouteflika, notant l’omniprésence de ce dernier depuis le début, en tant que ministre, puis dauphin à la succession de Boumediène, jusqu’à son retour triomphant à la tête de l’Etat.

La rétrospective de Boualem Sansal sur «un demi-siècle marqué du sceau de Bouteflika» s’achève ainsi : «Voilà toute l’Algérie. S’il est un coupable parmi les coupables, c’est bien Bouteflika. Il est au pouvoir depuis 1962 et le restera jusqu’à sa mort, et, au-delà, il se perpétuera à travers ses frères et leurs enfants. C’est clair, la dynastie Bouteflika survivra au peuple mais le peuple ne lui survivra pas». A l’appui de cette assertion, l’écrivain ajoute : «Traumatisé par la décennie noire, celui-ci n’a plus de ressorts. S’il fait mille émeutes par jour, c’est pour dénoncer des élus locaux, en des échauffourées qui n’ont pas de signification politique au-delà.

Et puis, il y a les islamistes, ils sont toujours là, plus nombreux, prêts à bondir sur la bête, et la dynastie s’est dotée d’une armada suréquipée, surentraînée, surpayée, elle ne fera qu’une bouchée du peuple et vite fait remettra les islamistes dans leur rôle d’épouvantail. Le plan est réglé, le cinquième mandat est dans la poche.» Ainsi, à suivre l’analyse de Sansal, point de salut, point d’ouverture, si ce n’est dans la fuite et l’exil. Vers la France. L’écrivain poursuit : «Vers qui se tourner ? l’ONU, l’Union européenne, l’Union africaine, la Ligue arabe ? Allons !

Les Algériens placent leur espoir en la France, où vivent quelques-uns de leurs compatriotes : 2, 4, 7 millions ?), et leurs enfants, qui ne savent rien de l’histoire coloniale, font pareil, mais voilà, le jeune Macron, qui lui aussi méconnaît l’histoire, est venu à Alger pour leur dire à bout portant : ‘‘Vous n’êtes rien pour moi, je ne vous dois rien, débrouillez-vous !’’ Sait-il qu’en le disant aux Algériens, il le dit aussi à ces millions de Français qui ont l’Algérie au cœur et dans la tête, les pieds-noirs, les harkis, et ceux qui, à titre civil, militaire ou religieux, ont servi en Algérie ?

Tous veulent savoir ce qui s’est réellement passé, qui a trahi, qui a menti, et pouvoir se reconstruire un futur qui reconnaisse le passé et le respecte. Et puis, il y a les candidats à l’émigration, qui se fichent de tout cela, de l’Algérie, de la France, de leurs bisbilles, ils iraient sur la lune et s’y trouveraient bien si nul visa n’était exigé pour s’y rendre. L’Algérie est pour eux une prison et la France une escale commode vers l’ailleurs, pas plus.»

Si Boualem Sansal nuance son propos sur les candidats à l’émigration auxquels il fait référence, en écrivant que l’émigration vers la France n’est pas pour ces Algériens une destination finale mais une «escale», pour le journal qui lui a ouvert ses colonnes, ce seraient des vagues entières qui submergeraient la France. Hantise bien connue de Valeurs Actuelles. Dans un article de la rédaction intitulé «Quand l’Algérie explosera», son auteur estime qu’«au bord de la faillite, le pays pourrait sombrer bientôt dans le chaos, ce qui provoquerait des vagues migratoires inédites auxquelles la France n’est pas préparée».

Et pour justifier son propos, voilà ce qu’il écrit : «… Avec la mort prochaine d’un Abdelaziz Bouteflika très affaibli, dans ce pays où le tiers de la population est au chômage et où les deux tiers de la population ont moins de 30 ans, quatre possibilités s’offrent à la jeunesse : rejoindre l’armée, survivre de subsides sociaux, se radicaliser en rejoignant les groupes terroristes islamistes ou fuir.

C’est ce dernier choix qu’est en train de faire une partie de la population, qui a compris que son pays ne peut pas lui offrir d’avenir. En réalité, l’exil de la population algérienne a débuté… Durant les seuls mois d’octobre et de novembre, plus de 3000 migrants algériens ont débarqué sur les côtes espagnoles sans volonté de retour. Du jamais-vu !»

«… Le problème se déplace : considérant être maltraités en Espagne, les clandestins algériens souhaitent souvent rejoindre leur cousin, leur frère, leur sœur en France et bénéficier du regroupement familial pour obtenir, un jour, la nationalité française. Ou alors utiliser les dispositions prévues par les… Accords d’Evian. Et profiter de notre arsenal social, dont l’aide médicale de l’Etat (AME), qui prend en charge la totalité du coût de soins des clandestins…»

«Pour les prochains mois, des notes des services de Madrid évoquent l’arrivée possible de… 90 000 clandestins algériens sur le sol espagnol… Les listes de passagers depuis les ports de passagers depuis les ports et aéroports français, italiens, espagnols sont maintenant épluchées comme en temps de guerre, pour être certain que personne ne puisse revenir. En conséquence, des villes comme Alger et Oran se vident. Mais aussi les campagnes. Ce sont donc non seulement la jeunesse, mais aussi les classes moyennes qui veulent fuir».

«Le marché de la vente de bateaux pneumatiques pouvant embarquer plusieurs dizaines de personnes pour un coût modique est progressivement en train de se déplacer de la Libye vers l’Algérie…».
«Un autre phénomène inquiète particulièrement le ministère de l’Intérieur français depuis plusieurs mois : l’Algérie fait aujourd’hui partie des pays qui reconnaissent le moins leurs ressortissants interpellés en situation irrégulière sur le sol français».

… «Trop occupés à encaisser le choc migratoire de 2015 provoqué par l’avènement de l’Etat islamique, les services de renseignements européens ont, sans le vouloir, baissé la garde sur la bombe migratoire algérienne… Chacun le sait désormais, le château de cartes peut s’effondrer à tout moment. Survivra-t-il au possible cinquième mandat présidentiel de Bouteflika en 2019, alors que ce dernier n’est plus que l’ombre de lui-même. Du côté français, on cherche avant tout à ne pas jeter de l’huile sur le feu…». Les banlieues seraient, selon l’hebdomadaire de droite, l’autre sujet d’inquiétude des autorités françaises en cas de «déstabilisation» de l’Algérie.

Dans un autre article, «Le testament de Bouteflika», l’auteur n’écarte pas une candidature de Saïd Bouteflika à la succession à son frère, pour laquelle des comités de soutien commencent à se constituer, l’autre carte du frère du président serait, selon le journaliste, le général Hamel Abdelghani, Directeur général de la Sûreté nationale, qui «serait sans doute un gage de stabilité pour un pays qui risque d’en avoir particulièrement besoin. Car une succession ratée inquiète Paris et les voisins marocain et tunisien… Un effondrement du pouvoir pourrait nous donner une Libye bis, bien plus dangereuse pour la France du fait des liens particuliers qui nous unissent à l’Algérie».

A souligner que Valeurs Actuelles est un habitué de Unes «choc» sur ses sujets de prédilection, jouant avec les amalgames et les raccourcis : l’immigration «envahissante», plus particulièrement algérienne, en se faisant le porte-parole de la théorie du «Grand remplacement», de l’islam. Ainsi titrait-il sa Une du 9 novembre 2017 : «Chassez le chritianisme et vous aurez l’islam». Autres exemples : «Pourquoi l’islam fait peur aux Français» (le 20 janvier 2011) ; «Naturalisés, l’invasion qu’on nous cache» avec une photo représentant une Marianne voilée (22 septembre 2013) ; «Roms l’overdose» (22 août 2013)… Deux de ces Unes lui ont valu une condamnation judiciaire pour diffamation et stigmatisation.

Nadjia Bouzeghrane

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2 Commentaires sur cet article

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  • Salah-Eddine SIDHOUM
    14 janvier 2018 at 12 h 28 min - Reply

    Rassurez-vous, messieurs les nostalgiques de l’Algérie de Papa et messieurs les Pantins de Fafa, l’Algérie basculera tôt ou tard dans l’État de Droit et se libérera de la neo-colonisation des indigènes de Fafa.
    Cela n’inquiétera nullement le peuple français, n’en déplaise a certains titres de presse alarmistes, mais indisposera très certainement la France officielle.
    Soyons optimistes. Le peuple qui a vaincu la colonisation des généraux de Saint Cyr est capable de vaincre la neo-colonisation des sous-officiers de Saint Maixent.




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  • M.Bous
    14 janvier 2018 at 14 h 47 min - Reply

    De grace messieurs les alarmistes instigateurs , s’il y’a une explosion a craindre et a venir dans peu , elle sera surement française … avec le ras de bol d’une société qui danse de crise en crise et ce , bien avant la crise monétaire mondiale et le pire est a venir … avec des patriotes français qui ne cessent de sensibiliser les masses et de les mettre en garde contre le transfert de souveraineté française entre les mains des sionistes illuminatis adeptes du  » nouvel ordre mondial  » , du projet d’un  » gouvernement mondial  » et du mentor faiseur de présidents le sieur Attali … ont-ils comptés leurs expatriés en europe , asie , amériques et en afrique fuyant le chomage et le mal de vie ? … ont-ils comptés leurs sans papiers en Australie ? ( ils ont en aussi des sans papiers ) … Nous ,on était seuls face a vous au temps ou vous avez changés votre  » mission civilisatrice » de discours parlementaires en génocide sur le terrain , on était seuls face a vos DAF au temps des années de braises , on est seuls dans la construction de notre état de droits et on sera seuls dans l’édification d’un grand pays …




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