Édition du
20 April 2018

Ce qui pourrait se passer et ce qu’il y a lieu de faire.

Hadj O.

L’Algérie est aujourd’hui à la croisée des chemins. Deux choix se présentent  à elle : continuer à ignorer une réalité délabrante et truffée de tous les dangers jusqu’à disparaitre ou faire appel à un éveil citoyen qui secouera les esprits et fera appel à la prise de conscience tant espérée.

Les Algériens font appel à la grande « muette«  qui détient réellement le pouvoir par les armes. Les citoyens n’ont nullement l’intention de revivre une autre décennie noire ni d’enflammer le pays.

La prise de pouvoir semble échapper à tout contrôle du système politique qui s’entête dans ses solutions de sortie de crises temporaires qui enfoncent le citoyen dans un abîme de misère et de pauvreté et qui renforcent une oligarchie de trabendistes assoiffés du pouvoir de l’argent.

Les Algériens ne sont pas dupes de comprendre que cette sourdine de la part de l’armée, insinue une certaine complicité. Le budget du MDA s’élève chaque année à une dizaine de milliards de dollars.

Les revenus de l’Algérie en hydrocarbures ont drastiquement baissé. La rente que se partagent les rentiers se voit amoindrie. Un jeu de pouvoir sur la rente au plus haut niveau est en train de se jouer au détriment de tout un peuple errant et inconscient des enjeux. Les décisions, les démentis et les contre décisions se prennent  aux enchères, se  succèdent à ne plus savoir qui croire. Ceci montre qu’il n’y a aucun pilote. L’équipage s’affole et panique.

Il est par conséquent du devoir de la classe intellectuelle de se positionner et de manifester pacifiquement son désaccord. Le peuple a son mot à dire dans les affaires de l’état du pays. Il y va de son destin et de celui de sa progéniture.

Par conséquent, il faut s’y attendre à des avis de grèves et à des marches pacifiques qui vont se succéder jusqu’à ce qu’une issue soit dégagée.

Depuis le congrès de la Soummam que le pouvoir politique s’entredéchire entre l’armée et le civil. Il est temps pour l’armée de jouer son rôle de protecteur des frontières, de la population, de la constitution et de se retrancher dans ses quartiers d’autant plus que c’est une armée populaire nationale et non une armée de libération nationale.

Tant et aussi longtemps que la grande « muette«  ne se tait pas, tant qu’elle campe dehors et refuse de rejoindre ses casernes, tant qu’elle interfère dans le jeu politique au lieu de faire son métier et tant qu’elle continue à jouer cyniquement à l’ombudsman sans que personne ne le lui demande, nous irons droit vers un mur qui nous fracassera car il n’y aura aucune solution de sortie de crise.

A ceux qui appellent l’armée à intervenir pour mettre fin au marasme qu’elle a créé depuis 1962 et changer les choses, il y a lieu de leur rappeler que le véritable métier des armées dans des pays non démocratiques est la dictature.

Une sortie de crise est envisageable que si le peuple se prononce massivement pour des élections présidentielles anticipées. L’Algérie est en ce moment en détresse, sans destination et sans pilote. L’avion a besoin d’un commandant de bord chevronné avec une feuille de route à court terme, à moyen terme et à long terme. Ceci doit être fait le plus tôt possible, tant qu’il est temps. Lorsqu’on annoncera la mort du président actuel, se sera l’explosion.

On ne gère pas un pays comme on gère une écurie. Voyons donc!

 

 


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6 Commentaires sur cet article

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  • El Ouam N.
    20 janvier 2018 at 17 h 18 min - Reply

    Demander à quelqu’un qui nous a délaissé dans la mer…depuis bien longtemps de nous faire parvenir à bon port dans la panique, c’est ce que l’on appelle prendre les gens pour des imbéciles.




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  • Dria
    20 janvier 2018 at 17 h 57 min - Reply

    On n’est plus à la croisée des chemins رانا فلحبطة depuis bien longtemps, Qui est prêt pour sortir, si vous le faite, on vous suivera.
    Le peuple ne voit que des écrits, n’entends que des discours, nous avons le son, l’image, l’odeur tout est là, enfin presque, il manque l’essentiel l’ACTION.
    Ouï nous sommes au courant de la situation, mais qui va OSER dire le résumé de cette article, ces quelques lignes dans un média lourd algérien, qui va OSER parler au peuple à grande échelle, qui est prêt à ce sacrifier pour éviter le choc, le mur, le fond …

    Un sacrifice s’impose, il émanera de qui ? Du peuple, de l’armée, de la providence peut être, alors! Si c’est pour nous ressassez la situation léthargique de l’algérien, moi je préfère notre « Arkab waskut » en attendant paisiblement une fin que nous connaissant tous, elle est inéluctable vu ce que nous sommes devenu cha3ban wa hukumatan , tarwi taberwi ur iban ixfis.
    وآخر دعوانا ان الحمد للله رب العالمين




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  • M.Bous
    20 janvier 2018 at 22 h 53 min - Reply

    Monsieur Hadj O , vous nous mettez devant deux choix qui , si le premier –  » continuer a ignorer une réalité délabrante  » – est inconfortable , le second –  » faire appel a un éveil citoyen  » – lui , est impossible si on parle d’un éveil touchant une  » large couche  » sociale sur un  » large espace  » du territoire et ceci dans le cours et le moyen terme …
    On pourrait voir le probleme Algerien sous un autre angle et essayer d’avoir une  » large vue  » sur les origines , les aboutissements et les acteurs …
    Un ancien militant du PPA puis du FLN révolutionnaire ( allah yerhamou ) m’avait confié que peu avant le déclenchement de la révolution , » ejmaa  » ( le groupe ) avait contacté plusieurs personnalités du mouvement national et entre autre feu Ferhat Abbas ( allah yerhamou ) pour les rallier a l’action décidée … Ferhat Abbas leurs avait dit textuellement :  » repenser bien sur le sujet ,  » el kadia machi sehla  » , il faut bien savoir qu’on a aucune experience de gouvernance , on s’est jamais  » auto-gouvernés  » …
    Donc voila ça démarre comme ça … voici un peuple qui avait trop enduré d’une colonisation destructrice et raciste ,se révolte et mene une révolution armée pour son indépendance … Le résultat , en 62 on se retrouve avec un grand pays a construire – meme si les caisses étaient vides – et un peuple a faire travailler , nourrir , éduquer , loger ,soigner … avec un soupçon de cadres , aucune experience dans les affaires de l’état , un conflit entre les militaires et les politiques , conflit entre militaires et militaires, conflit entre politiques et politiques…. et la machine qui doit tourner sans perdre de temps … en sorte une grande  » Khalota  » … c’est a partir de ce moment que la mal gouvernance prend pied … les erreurs se superposent et de crise en crise les problemes de fond seront classés au second plan sans recoure d’etre traités un jour … Si le peuple par confiance avait consenti la phase de feu Boumediene ( allah yerhamou ) il se réveillera choqué par une crise petroliere a l’époque de Chadli ( allah yerhamou ) et un premier essai pour une ouverture économique et politique … deux ouvertures qui se sont soldées par un bain de sang et un FMI en charge du dossier économique du pays … En deuil et fatigué le peuple perd totalement confiance … Le pouvoir continu sur la voie de la mal gouvernance avec d’autres acteurs en colmatant , en bricolant , en gérant les crises au jour le jour jusqu’au années fastes des petro-dollars ou on rentre dans la phase de  » khalet tessfa  » … business is business … le peuple sera corrompu par des miettes et les grandes affaires pour les honorables gents du pouvoir et leurs corolaires les multinationales et les hommes d’affaires … la course aux milliards … cette troisieme phase sera marquée par une crise financiere ( chute du prix du baril pour la deuxiéme fois ) , des scandales de corruption et de détournement de fonds publiques a outrance et d’un pouvoir qui cri fièrement  » maintenant il faut serrer la ceinture !  » … Un pouvoir sans experience au début et qui ne veut pas apprendre au fil du temps … et un peuple comme tous les peuples qui suit la voie de chaque souffle vent venant … les intellectuels ou l’intelligentsia nationale ,celle qui doit trouver des solutions aux problemes de la nation elle est , ou inexistante ou ralliées au mangeoire , ou cantonnées au chevet de son idéologie et cherchant le leadership … ne présentant aucun travail sérieux et efficace … La nation est dissoute dans la confusion , la corruption , le  » je m’en foutisme  » , la perte des valeurs et le flou total … Notre societé est en crise ! … et c’est cette crise qui détient le pouvoir en Algerie … en ce moment la présidence comme l’armée ne créent point l’évènement , ils sont la , juste pour le gérer … ils avancent puis reculent , ils décident puis annulent et c’est la force de la crise qui controle leurs mouvements … ils n’ya plus de décideurs , c’est la crise qui décide … La nation est dans un guet-apens prémédité par notre ignorance , notre corruption , notre égoisme , notre clanisme , notre régionalisme , notre intolerance …
    A la réflexion toute ! … Au travail de fond et de longue haleine si on prétend avoir un brin d’intelligence , sinon le dur est a venir et pour tout le monde ! …




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    • said
      22 janvier 2018 at 19 h 05 min - Reply

      Mao l’ a trés bien resumé en une citation « le pouvoir est au bout du fusil » notamment chez les arabes et les africains ,tout le reste n’ est que litterature sterile.




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  • Afriman
    24 janvier 2018 at 19 h 37 min - Reply

    « L’Algérie a raté son indépendance » dixit Fellag
    Pratiquement aucun pays africain ou arabe issu de la décolonisation ou non, n’a réussi à décoller économiquement et démocratiquement.L’Algérie ne fait pas exception.Et l’avenir ne s’annonce sous de bons auspices.Les forces démocratiques sont squelettiques et sans base sociale.La société civile est désemparée et inorganisée.La culture démocratique est une denrée rare et elle est à la base de tout système démocratique.L’horizon algérien est bouché,il oscille entre le képi ou le qamis ou les deux à la fois.Qui sème le vent…




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  • Adel Amine
    1 février 2018 at 13 h 16 min - Reply

    Certains »éveillés » nous rabâchent tous les jours les mêmes récits de la mal gouvernance du pays,de crise politique en crise politique,comme s’il s’agissait d’une catastrophe naturelle ou d’une fatalité que l’on ne peut éviter.Alors que la réalité c’est le propre de l’homme politique algérien et sa soif du pouvoir même s’il faut écraser son frère en utilisant tous les moyens entre autres des blindés pour accaparer le pouvoir et humilier toute une population en lui expliquant tyranniquement que c’est pour son « bien être »si leurs bourreaux successifs=depuis l’indépendance jusqu’au jour d’aujourd’hui=se gondolent les neurones!Quelle flibusterie!




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  • Congrès du Changement Démocratique