Édition du
22 September 2018

Nos jeunes n’ont pas de choix

 

Nos jeunes veulent partir pour échapper à l’injustice, au mal social, surmonter toutes ces impossibilités du quotidien qui les astreignent à la marge de la société, s’arracher à l’austérité, la misère et la résignation. Ils veulent partir parce que rien ne fait écran au risque d’anéantissement de leur volonté, parce que l’espérance est devenue lettre morte sous le toit de cette Algérie corrompue et irrécupérable alors que leur vie n’a pas encore démarré. Nos jeunes veulent s’exiler parce qu’ils se sentent comme endettés à vie au nom d’un nationalisme d’un autre âge, étriqué, boiteux et hypocrite envers une patrie qui les aurait tous abandonnés sur le trottoir du non-droit, la déchéance. L’exil naît, écrit l’anthropologue Michel Agier, chaque fois que »manque une place dans un monde commun.» Et quand le sujet ne trouve plus sa place là où il vit, il perd sa relation aux autres, il se précarise, se délite, s’efface.

Ce qui entraîne inéluctablement la perte de son moi personnel, la dissolution de sa citoyenneté et sa mort symbolique. C’est un scandale que d’être privé de ses droits, un atroce déchirement que de devoir quitter son foyer pour exister, ou acculé à jouer éternellement «le rôle de l’absent» dans les deux sens pour relayer ici l’expression du sociologue A. Sayad, c’est-à-dire absent dans la société d’origine, et peut-être même aussi dans celle d’accueil en proie au racisme et aux discriminations. En clair, il y a un seuil d’incompréhension, de souffrance et d’épuisement à partir duquel toute capacité de résistance, aussi forte soit-elle, peut cesser d’être possible. L’exil est un départ qui signifie pour cette jeunesse un refus et une rupture avec tout ce qui la tire vers le bas et l’empêche de s’accomplir. Dans un système verrouillé comme le nôtre où la rationalité et l’éthique n’ont pas droit de cité, la destruction de ce qui donne un sens à un trajet d’existence et «la mélancolisation du lien social» pour reprendre le terme de A. Giovanni deviennent automatiques. En conséquence, nos jeunes en perte de repères se découvrent affreusement déroutés, les grands perdants dans la machinerie politique, d’où l’importance de les écouter, aller à leur rencontre, les approcher, les entretenir, les soulager, etc. Puis un trajet d’existence brisé devient la plupart des fois un exil intérieur irrespirable où le citoyen se déplace dans l’espace mais ne possède plus de source ni de bord, il navigue à vue, sans espoir. Il est hors-champs, hors-lieu, hors-vie ! Il sent déjà la vieillesse l’entamer avant terme. Bref, il est dans la case de l’exclu permanent prêt à tout pour s’en sortir, quitte à être un Harrag. Voilà le malheur !

Kamal Guerroua

 


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8 Commentaires sur cet article

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  • Antar Kotomi
    21 janvier 2018 at 20 h 48 min - Reply

    Quand le bateau coule,on se jette éperdument à la mer avec le fol espoir d’être secouru par la Providence.Que les jeunes ,diplômés ou non,quittent le pays, prouve la faillite totale de sa gouvernance.Toutes les conditions sont réunies pour la désintégration de l’Algerie:
    – Absence d’élite culturelle et intellectuelle
    -Absence d’identité et de mémoire collective.
    -Absence d’enseignement à tous les niveaux,du primaire jusqu’à l' »Universitaire  »
    Absences d’institutions politiques ancrées dans la société,
    Absence de société civile conséquemment organisée
    Absence de pouvoir judiciaire indépendant
    -Islamisation salafiste de toute la société.
    -Une classe politique ultra corrompue,médiocre,arrogante,inepte extrêmement méprisante (vis à vis du pays et de son peuple) antinationale et une Opposition politique fantomatique.
    -Une population abrutie par un demi siècle de dictature arbitraire,violente ,corruptrice par les subventions ( et la destruction de la valeur TRAVAIL et dignité allant avec) les mensonges,la bureaucratie démentielle,les pseudo emplois / bricolage national ,l’auto glorification ,les superstitions.Bref, l’Algerien ,malgré son « instruction obligatoire  » ,n’est pas un citoyen éduqué connaissant ces droits et ses responsabilités.Il a appris à être paresseux.Le soir ,il mange sa soupe tout en regardant le JT stalinien,la nuit il procrée tout en se déchargeant sur le Créateur pour assurer l’avenir des ses rejetons.
    Le patient est dans un état critique et comme au moyen âge ,on lui prescrit des saignées et des Rokias jusqu’au jour où les réserves s’épuiseront,alors les usuriers vautours se déchaîneront sur ce qu’il nous sera reste’ de chair…..




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    • fatma
      23 janvier 2018 at 18 h 46 min - Reply

      Antar Kotomi
      Bonsoir monsieur, sachez que je vous rejoints totalement, mais en parallèle il faudrait que les vrais citoyens, les patriotes s’unissent pour trouver les solutions idoines avant que le mal ne devienne incurable, tout en espérant qu’il n’est pas trop tard.




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  • Benzerga Mohamed
    22 janvier 2018 at 13 h 32 min - Reply

    Si ils ont le choix !
    Ils ont le choix de rester et d’arracher leur DROITS!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!




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    • Meriem
      22 janvier 2018 at 19 h 15 min - Reply

      facile à dire, on dirait que vous ne connaissez pas la nature des predateurs depuis 62, Que d’ innocents , que d’hommes de valeurs y ont laissés leur vie et d’ autres ont tout perdu, sans aucun resultat, Ces monstres tels l’Hydre de Lerne regnent en maitre absolu




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    • fatma
      23 janvier 2018 at 18 h 55 min - Reply

      Vous affirmez que nos jeunes « ont le choix de rester et d’arracher leur DROITS!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! » C’est bien, vous semblez sur de vous alors pourriez-vous si vous le voulez bien nous donner quelques ficelles, quelques trucs ou astuces qu’ils pourraient appliquer pour cela, ils vous seront reconnaissants j’en suis sure.




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  • Sahraoui Mohamed Yasser
    23 janvier 2018 at 23 h 21 min - Reply

    Voici ci-dessous l’une des causes qui conduisent les jeunes algériens a tenter l’immigration clandestine a bord des embarcations de fortunes pour fuir Hogra
    et l’état de non droit qui sévissent dans notre pays surtout en matière d’accès
    a un logement décent.

    Mes Chers Journalistes

    Veuillez , S’il vous plait ! faire publier dans votre journal numérique ma lettre ouverte que vous trouvez ci-dessous adressée au Wali de Boumerdes .

    Avec Mes Remerciements Anticipes
    Cordialement
    Sahraoui Mohamed Yasser

    De Monsieur Sahraoui Mohamed Yasser

    Domicilie au Chalet 221 au site des sinistres de

    Figuier 2 Localité EL-Karma Commune de

    Boumerdes

    Objet : LETTRE OUVERTE A MONSIEUR LE WALI DE BOUMERDES

    Monsieur le Wali

    J’ai l’honneur de vous saisir par cette requête pour dénoncer le travail bâclé et délibérément opaque de cette commission faussaire d’attribution des logements de la commune de boumerdes dans le cadre du relogement des sinistres du séisme 2003.

    De ce fait, je vous signale que je fais partie des victimes du séisme de Zemmouri 2003 dont le logement dans lequel j’ai résidé avec mes parents ( Madame et Monsieur Sahraoui Boualem ) été sévèrement endommage par cette catastrophe. J’étais alors hébergé dans un camp de toile au stade olympique de boumerdes comme le reste de ma famille suite à cette catastrophe, ensuite recasé dans un chalet métallique ( abri de fortune ) situe au site des sinistres de figuier 2 à la fin 2003.
    Donc je suis hébergé dans ce chalet numéro 221 du site de figuier situé a 5 km de Boumerdes depuis la fin 2003 jusqu’à aujourd’hui 17 janvier 2018 et comme notre appartement endommagé par le séisme de 2003 n’était pas possiblement réparable en raison des dégâts irréparables qu’il a subis et validés justement par des expertises judiciaires et en dépit de toute les tentatives voués a l’échec effectuées par l’office de gestion immobilière de la Wilaya de Boumerdes pour réparer ces dégâts , cet appartement est reste dans le même état désastreux et menaçant ruine et confirmé a la fois par l’expertise judiciaire établie sur ordonnance judiciaire issue la cour de justice de Boumerdes et prononcée par un jugement définitif sous une amende d’astreinte obligeant L’OPGI a nous reloger dans le cadre du relogement des victimes séisme de Zemmouri .

    L’OPGI de Boumerdes était contraint de transmettre notre dossier de relogement à la Daira de boumerdes pour son étude dans le cadre du relogement et comme je suis le fils aine du couple Sahraoui / Benzina Leïla en l’occurrence Sahraoui Mohamed Yasser âgé de 27 ans en instance de mariage, j’ai introduit une demande d’accès a un relogement a l’instar de mes parents a la Daira de Boumerdes laquelle a été traite positivement par l’équipe d’enquête qui a été chargée par la Daira de boumerdes de recenser les nécessiteux d’un tel relogement hébergés actuellement dans les chalets du site de Figuier 2 ( EL-Karma ) , toujours est-il que suite a la supervision des fichiers des victimes du séisme de la banque des données qui ne sont pas encore relogés , mon dossier relatif a cette demande de logement a été favorablement admis pour l’accès a ce relogement a l’instar de mes parents et j’étais même porte sur la liste préétablie des bénéficiaires de cette opération de relogement des sinistres .
    En date du 18 janvier 2017 , je suis désagréablement surpris par le fait qu’aucun membre de ma famille ( ni moi Mohamed Yasser âgé de 27 ans en instance de mariage, ni mes parents) ne figure sur la liste des bénéficiaires de cette attribution des logements que la commission d’attribution vient de rendre publique. il est réglementairement illégal et humainement injuste et immoral de nous infliger cette injustice gravissime de ne pas nous attribuer un logement comme le reste des victimes du séisme qui ont occupe un chalet depuis 2003 jusqu’à aujourd’hui d’autant que je suis le fils aine de mes parents en instance du mariage et l’appartement insuffisamment spacieux dans lequel j’ai cohabite avec mes parents quand j’étais encore un jeune garçon avant le séisme 2003 demeure inhabitable et je continue a loger dans un chalet . D’autre part, je signale à Monsieur le Wali que la liste des bénéficiaires préétablie par la la commission d’attribution des logements de la Daïra de Boumerdes qui porte mon nom a titre de bénéficiaire d’un logement a été délibérément et frauduleusement changée par l’un des membres de cette commission qui représente le siège de la wilaya quand cette liste est parvenue a vos services.
    A toute fin utile, je signale à Monsieur le Wali qu’une partie des bénéficiaires de cette attribution des logements portes sur cette première liste ne sont même pas des victimes du séisme et parmi eux, des bénéficiaires qui ont acheté leurs chalets et qui sont originaires d’autres communes et wilayates du pays. Hadj Talache membre de la wilaya de boumerdes dans cette commission serait à l’ origine de l’aliénation de notre droit au relogement. Monsieur le Wali ! cette aliénation barbare a mon droit d’accès a un logement dans le cadre de ce relogement des sinistres du séisme 2003 a l’instar de mes parents après plus de 15 ans de souffrances dans cet habitat précaire ( ce container métallique ) qui recèle les plus désastreuses commodités précaires de la vie, ne relève -t- elle pas d’un abus d’une pire barbarie contre les droits de l’homme commis par cette administration qu’incarne cette commission de l’attribution des logements de la daïra de Boumerdes dont le décret présidentiel garantit l’accès a un logement a chaque sinistre sismique authentique et non faussaire qui occupe un chalet depuis 2003 ?
    Par conséquent , je vous prie monsieur le Wali d’intervenir personnellement pour mettre un terme a cette injustice dont nous sommes victimes commise délibérément par cette commission d’attribution des logements dans le cadre du relogement des victimes du séisme de Zemmouri hébergés au site de figuier 2 a l’est de Boumerdes .

    Je vous prie, d’agréer, Monsieur le Wali, l’expression de ma considération distinguée.

    Le plaignant : Monsieur Sahraoui Mohamed Yasser




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  • Dziri
    31 janvier 2018 at 12 h 21 min - Reply

    Pas que ça! Même si tu as tous les moyens, il est difficile de rester en Algérie! L’incompréhension de la société envers les jeunes a atteint ses limites!klana bobby!




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  • Belakhdar
    3 février 2018 at 16 h 48 min - Reply

    Nos chers Journalistes du quotidien d’algerie Je vous salut

    Je souhaite attirer votre attention sur le fait qu’il est cyniquement intolérable et du politiquement incorrect que notre president de la république se préoccupe de loger en algerie les immigres qui vivent a l’étranger au lieu de se préoccuper des sinistres sismiques qui vivent encore dans ces abris de fortunes ( dans ces chalets précaires ) que l’état a utilises pour recaser temporairement les victimes du séisme 2003 . Le president de la république doit se préoccuper de reloger décemment ces victimes du séisme 2003 dont le quota de logements disponible a boumerdes pour reloger les occupants des chalets de Figuier a Boumerdes a été détourné par cette commission d’attribution des logements de cette commune de boumerdes a des faux sinistres du séisme 2003 comme en témoigne l’article de presse numérique parue le 27 janvier 2018 dans la Une / Actualité / Régions site Web https://lavoixdalgerie.com.
    que vous trouvez ci-dessous .

    Cordialement
    Belakhdar N

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    Publié en date du 27 janvier 2018 dans A la Une / Actualité / Régions
    Du journal numérique https://lavoixdalgerie.com

    Boumerdes : attribution frauduleuse des logements destinés aux citoyens de Figuier 2
    Publié dans 27 janvier 2018 dans A la Une/Actualité/Régions

    L’année 2017 aura positivement marqué de son empreinte la wilaya de Boumerdes où la population a vécu au rythme des opérations de démolition des chalets, considérés comme les derniers stigmates du séisme qui a frappé la région le tristement inoubliable 21 mai 2003.
    L’éradication effective des chalets, installés à travers la wilaya de Boumerdes au lendemain de cette catastrophe naturelle, a été lancée suite à l’engagement pris par le wali Abderrahmane Madani Fouatih, qui a fait part de sa détermination à démolir progressivement la totalité des chalets, qui ont terni le paysage de la région, suivant un calendrier bien défini s’étalant jusqu’à fin 2017 et au plus tard début 2018.
    Le chef de l’exécutif local avait affirmé, dans une déclaration à fin décembre 2016 : « C’est un engagement et un défi à relever durant l’année 2017 ».
    Malheureusement, ce défi n’a pas été relevé comme prévu et nous sommes en 2018 , pire encore . La commission faussaire d’attribution des logements de cette wilaya de boumerdes composée d’un représentant de la daira de boumerdes, d’un représentant de la wilaya de boumerdes en l’occurrence Hadj Telache, d’un représentant de L’OPGI et d’un représentant de la CNL et ce dans le cadre du relogement de ces victimes du séisme 2003 a profite de la maladie du Wali de Boumerdes pour confectionner frauduleusement une liste de bénéficiaires comportant des noms qui n’ont rien a voir avec le séisme de 2003, autrement dit, des bénéficiaires qui ne sont ni des victimes du séisme, ni des possesseurs authentiques des chalets ( des indus occupants et des personnes qui ont acheté ces chalets ) originaires d’autres communes et d’autres wilayates qui sont venus au site de Figuier 2 a EL-Karma dans un but de s’offrir des logements dans le cadre de ce relogement des sinistres, toujours est-il que ces faux sinistres du séisme se sont mélangé astucieusement avec des cas sociaux qui ne sont pas aussi des victimes du séisme.

    Le népotisme, le favoritisme, la corruption et la Hogra se sont avéré etre les critères de base pour l’attribution des logements aux personnes hébergées sur le site de figuier des victimes du séisme 2003 a l’est de Boumerdes. Les membres de cette commission ont donc astucieusement tout mélangé dans cette liste des bénéficiaires ( cas sociaux, victimes du séisme, indus occupants, des personnes aisées domicilies dans des villas, des étrangers a la commune …etc ) dans une finalité frauduleuse de masquer un certain quota détourné de logements destine a leurs copains, a ceux qui sont associes avec eux par des liens de famille, par clientélisme, par corruption, par des alliances lucratives …etc.

    L’attribution des logements dans cette wilaya par un passe récent a été toujours un moyen déguisé pour accéder a une certaine fortune pour les membres des anciennes commissions d’attribution des logements sociaux et du relogement des sinistres qui sont déjà reloges des anciens sites des chalets . La preuve d’une telle injustice qui frappe les victimes et les vrais sinistres de ce séisme 2003 est véhicule par la famille Sahraoui dont Sahraoui Mohamed Yasser age de 27 ans victime du séisme 2003 et hébergé au chalet 221 du site de Figuier 2 EL-Karma depuis la fin 2003 jusqu’à aujourd’hui 27 janvier 2018 et a qui cette commission d’attribution de logements a injustement et frauduleusement refuse l’attribution de ce logement qui lui revient de droit en tant que sinistre du séisme 2003.

    ce refus d’attribution a été maintenu dans la discrétion totale par cette commission qui a refusé de rendre publique cette liste préétablie de bénéficiaires et qu’elle s’est obstiné à la porter à la connaissance des bénéficiaires et du grand public.

    B. G.




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  • Congrès du Changement Démocratique