Édition du
24 February 2018

IDIR : UNE VOIX POUR LE PRINTEMPS HUMAIN.

Une voix portée par le vent caresse le silence des lieux, ravive la flamme du petit feux. Une voix qui vient de Tama U Fella, le lieu où le merveilleux tisse le rêve pour nos âmes et « la fable pour nos cœurs ». « Ouvre-moi la porte, A Vava Inuva ! », dit la voix. Et comme par magie, la porte s’ouvre ! Il était temps ! Oui, il était temps que le chant ancestral rappelle à nos êtres les joies profondes qui les habitent. Des joies restées muettes pendant trop longtemps !

Il était temps que le souffle fécond de ce chant redonne vie à tout ce qui en nous a cessé de chanter. Il était temps que « Ssendu » nous réapprenne à écrire la poésie du vivre sur la page du clair-de-lune avec la langue de notre métamorphose. Ssendu, c’est aussi l’image de cette maman qui habite notre enfance, l’âme du coeur de l’amour qui nous fait vivre. Une maman qui, tout en battant du lait, « rythme des mots, des idées, des chants, des soupirs », se confiant ainsi « à une chose inerte », à défaut d’avoir « un interlocuteur valable ». Finement ciselé, Ssendu est un hymne d’amour à la maman, à l’épouse, à la soeur, à la fille, à la Muse de tout ce que nous avons de meilleur : A la Femme !

Il était temps que cette poésie nous rappelle que nul ne peut savoir où il va s’il ne sait pas d’où il vient. Il était temps que « Tiwizi » nous invite enfin à célébrer « les noces de l’olivier » avec la muse de l’Asefru, le poème du rêve ancestral de liberté, sur la terre de Jugurtha. Arthur Rimbaud disait : « Dans les monts d’Algérie, sa race renaîtra : Le vent a dit le nom d’un nouveau Jugurtha… » Comme « le poète a toujours raison », Rimbaud ne pouvait pas avoir tort ! Il a suffit aux doigts d’une main savante de caresser les lignes argentées d’une guitare émanant du fin fond de notre enfance pour que le rêve fasse d’Alger un bijou humain offert à l’Algérie, à l’Afrique du Nord, à la Méditerranée, à l’humanité entière. Pour vivre ce moment exceptionnel, les enfants de « La traversée » ont pris « Les chemins qui montent » vers les hauteurs d’Alger, pour voir Nedjma chanter « A Vava » de Tamacahutt : « Ouvre-moi la porte, a Vava inuva ! »

Ce soir-là, Nedjma était l’invitée privilégiée de « La Fiancée du soir » à Tassast, le village où vit l’enfance de notre être. Ce soir-là, elle a chanté pour nous et nous avons chanté pour elle. Ensemble, nous avons chanté avec Idir, le chardonneret de nos cœurs « qui, habillant de rythme à la fois moderne et immémorial les vers fidèles et beaux, prolonge pour nous avec des outils très actuels un émerveillement très ancien. » Idir, il nous a fallu attendre longtemps, très longtemps, pour vivre ces moments de communion avec notre être qui vient du plus profond de l’histoire humaine. Cette attente ne t’a pas épargné, loin s’en faut ! Il a fallu à « A vava inuva » traverser les temps, les imaginaires et les mémoires de tant de peuples pour retrouver celles et ceux que porte son chant depuis des millénaires : les enfants de l’Algérie. Pour ces retrouvailles, pour ton oeuvre qui continue à faire vivre nos rêves, Idir, nous t’offrons notre reconnaissance en bouquet humain. Aussi, nous t’invitons à continuer à semer les graines d’un nouveau printemps partout où tu chanteras, notamment en Algérie, lors de ta prochaine tournée.

Ainsi, Idir de chacun de nous et, au de-là des individus, celui de notre être collectif vivra !

Les signataires (liste ouverte) :

– Mohamed Arab Lahlou : Universitaire. – Tahar Khalfoune : Universitaire. – Hamid Salmi : Universitaire. – Brahim Senouci :Universitaire. – Ahmine Noureddine : Avocat – Souad Benani : Universitaire. – Ali Mammeri : Retraité des AE. – Akli Graïne : Militant de la cause démocratique et berbère. – Dalinda Ouamara : P.pharmacie – santé publique. – Smail Metmati : Artiste-Calligraphe Berbère. – Rabah Tabèche : Ancien maire d’At Yanni et militant du combat démocratique. – Samir Belateche : RadioHchicha.COM – Adel Ourabah : Universitaire. – Amel Cedik : Prof universitaire – Mohamed Chami : Archiviste de la chanson kabyle. – Saïda Mounaine : Retraitée et écrivain. – Nacer Djoudi : Journaliste. – Sadia Boudriche : Ingénieur agronome en retraite. – Asma Chraibi : Chef d’entreprise : MDM migration et développement – Zohral Bouras : Journaliste freelance et militante des droits de l’homme – Farouk Djouadi : Journaliste. – Samia Arhab : Journalite Santé. – Salim Serkhane : Journaliste. – Makhlouf Boughareb : Poète. – Yazid Berdjane : Enseignant et militant associatif. – Ali Choubane : Retraité. – Lamia Hanniche : Médiatrice socioculturelle (immigration intégration et cohésion sociale). – Brahim Deghoul : Architecte urbaniste. – Feda Benzaghou : Psychotechinicienne – Kamal Mammar : Militant pour la démocratie et les droits de l’Homme. – Smail Lamrous : Ingénieur en Travaux publics Retraité et militant de la démocratie – Adel Amrani : Musicien. – Kamel Khelitafi : Militant du combat démocratique. – Fatima Nait Maouche : Cadre administratif. – Dr Arezki Beddek : Medecin Gynecologue. – Dr Said Lebbah : Medecin. – Mohamed Said Ould Oulhadj : Militant du combat démocratique. – Chérif Addad : Poète, enseignant du français. – Sofiane Moali : Artisan bijoutier – Smail Siaghi : Artiste-peintre, poète-écrivain. – Samy Hassani Ould Ouali : Militant du combat pour les droits de la personne humaine et la démocratie. – A.Adel Djebbar : Retraité. – Sarmachek Mohammed : Enseignant – Smail Dadi : Surface mount technology technician – Ancien journaliste. – Kamal Sadeg : Directeur de collège et défenseur des droits de l’enfant. – Yacine Aït Abderrahmane : Artiste. – Mohamed Beddek : Ingénieur agronome – Youcef Djaroun : Juriste et militant des droits de l’homme. – Youcef Djelfi : Fonctionnaire. – Salah Djennane : Entrepreneur Electricien. – Hocine Gasmi : Journaliste. – Tahar Si Serir : Syndicaliste, militant des droits de la personne humaine. – Idir Tazerout : Journaliste. – Raveh Kadache: Enseignant de français. – Meziane Kadache : Artiste. – Essaid Aknine : Démocrate impénitent. – Hacène Loucif : Journaliste.


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2 Commentaires sur cet article

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  • bouzid
    5 février 2018 at 10 h 29 min - Reply

    Pourquoi je vous mens? je ne suis pas kabyle mais j’ai écouté Idir, y avait quoi dans ses années la »70″ Khleffi ahmed, l’oranie : bellamou, constantinois : fergani, algérois, gueroubi chaou, anka, voilà




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  • Samy
    5 février 2018 at 21 h 52 min - Reply

    Idir à la coupole du 5 juillet c’est la victoire de l’intelligence sur la bêtise.




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  • Congrès du Changement Démocratique