LE COVID-19. NORMAL

0
867

                          Abdellah CHEBBAH.                               Avril, 2020

Le virus Covid-19 du type Corona semble ne pas effrayer le citoyen Algérien Lambda. Depuis plus de deux semaines qu’on lui exige un confinement et une restriction minimale de ses déplacements. La banalité qu’il accorde au danger est déjà rentrée, depuis belle lurette, dans les mœurs de sa vie quotidienne. Le confiner devant un péril certain qui risque de l’emporter et d’emporter ses proches lui paraît impossible tellement la rue, les cafés, les marchés sont ses lieux de loisirs et de détente qui remplace sa promiscuité résidentielle et familiale . À voir tous ces gens, du matin au soir, arpentant les boulevards, inondant tous les endroits, on imagine alors le comble.

Ce qui est encore plus aberrant c’est l’attitude qu’affichent les autorités devant ce fléau. En refusant eux-mêmes de donner l’exemple par une organisation, une discipline et une rigueur, ils continuent à traiter le peuple Algérien comme une horde de sauvages en l’humiliant pour un sac de lait et un sac de semoule.

N’y a t-il pas une façon plus humaniste de distribuer des denrées alimentaires, de restreindre le confinement, d’expliquer aux gens l’utilité de rester chez soi?

Où est l’ENTV et toutes les autres chaînes dans tout ça?

Devant l’impuissance habituelle à agir, même mortelle, l’Algérien aura toujours comme réponse ce mot magique: NORMAL. C’est à mettre sur le dos du bon dieu, dira t-il.

La situation est plus qu’alarmante dans ce pays. Elle est catastrophique sur tous les plans. Rien ne présage un avenir certain.

Notre économie est à l’arrêt complet. Nos hôpitaux piteux et crasseux sont lamentables, Nos médecins sont épuisés. Nos écoles sont fermées. Nos médiocres dirigeants sont confus, ébahis et perdus.

Nos lendemains sont incertains.

Que faire, bon dieu, devant une suite d’événements ininterrompus qui fait face à un peuple désarmé et perdu dans son insouciance, son manque de civisme, son éducation, et ses croyances mythologiques.

Même la mort, l’emprisonnement, l’humiliation n’arrivent pas à le secouer, à le sortir de son long sommeil.

Que faire devant l’ignorance qui vous désarme?

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici