Quand les « héritiers » de l’Algérie montrent leur vrai visage.

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L’Algérie semble se diriger à grands pas vers la mise en place d’une forme de monarchie héréditaire. Tous les grands procès instruits récemment autour du pillage des richesses du pays condamnent les agissements des inculpés au profit du fils, de la fille et de l’épouse. Les enfants des grands responsables incriminés – qu’ils soient des civils, ou certains généraux décédés- continuent de piller et d’occuper les principaux postes à la tête des institutions algériennes à l’étranger, avec des salaires de rêve, sans avoir les compétences requises. Les exemples de hauts salaires versés à des incompétents sont très nombreux.

A Paris, il y a une forte concentration de ronds de cuir qui profitent au maximum, et qui critiquent constamment le « système ». Ces héritiers ne sont ni des moudjahidins, ni des révolutionnaires, mais se réclament de la révolution. Alors qu’ils en sont loin, pour ne pas dire qu’ils y sont hostiles. Ils ont tous la nationalité française, mais commandent aux Algériens. Presque tout le peuple se trouve soumis au bon plaisir de ces héritiers du pouvoir de leurs géniteurs. Tous sont à l’image de Abdelaziz Bouteflika qui a remis à son frère Saïd le pays dont il a disposé, en abusant de ses finances, de ses hommes, de ses femmes et de son honneur. Ouyahia à fait de même au profit de son fils et de son épouse. Sellal à abusé de ses pouvoirs au profit de son fils, de sa fille et de son épouse. Tous ont porté atteinte à l’autorité de l’État, dilapidé les richesses du pays et hypothéqué l’avenir des générations futures.

Ce phénomène est devenu particulièrement inquiétant quand ces héritiers exercent directement le pouvoir.

Voici l’exemple du deuxième personnage de l’État qui attaque durement Marine Le Pen en lui reprochant sa xénophobie et son racisme anti-algerien, Il lui attribue à elle et à ses partisans une nostalgie de l’Algerie française et même l’intention de recoloniser l’Algerie. Selon ce deuxième personnage, l’esprit de Le Pen et ses proches reste marqué par le desir de retour en Algérie, pour dominer à nouveau les Algériens. Mais il oublie sa propre nostalgie de la présence française en Algérie, et son désir de voir la France y revenir. Il se considère même comme un migrant en Algérie où il ne serait qu’un chargé de mission. Sinon, comment expliquer l’installation à Paris de son épouse et de ses enfants, qui obtinrent tous la nationalité française. De Paris, ils continuent à vouloir régenter les Algériens. Le président de la deuxième instance constitutionnelle, et de souveraineté, l’a confirmé quand son cabinet2 a adressé un message de félicitations à un haut-fonctionnaire, à l’occasion de sa nomination à la tête de la Direction du Budget au ministère des Finances. Ce deuxième personnage a associé son fils pour adresser ses chaleureuses félicitations au nouveau directeur du budget. Le père et le fils se dirent « entièrement disposés à lui venir en aide pour le succès de sa mission, et en vue d’une nouvelle promotion ».

D’apparence routinières, ces félicitations ne sont pas moins inquiétantes. Car elles remettent en cause les fondements de l’État de droit. C’est une violation des traditions protocolaires. Comment, en effet, le président de cette importante instance constitutionnelle, et de souveraineté, peut-il adresser officiellement un message de félicitations, au nom de cette instance, au directeur dans un ministère, et non pas à une instance constitutionnelle comparable, ni au chef du gouvernement, ni, même, à un ministre membre de ce gouvernement. Le plus grave, c’est que dans ces félicitations officielles, le président de cette instance constitutionnelle parlé aussi au nom de son fils, qui n’est ni membre de cette instance, ni cadre dans une instance comparable, ni même résident en Algérie.  Il est français, à la tête d’une des bureaucraties pléthoriques et budgétivores, algériennes  en France.

Ces pratiques confirment que l’Algérie s’oriente à grands pas vers un système népotique, où les enfants héritent automatiquement des pouvoirs de leurs pères, pour qu’ils mettent le peuple sous tutelle et dilapident des richesses. Cela montre que la République nouvelle risquerait non seulement de faire perdurer les pratiques de l’ère Bouteflika, mais de les laisser s’aggraver en laissant les parents, aux conduites souvent douteuses, introniser les enfants, en les associant à l’exercice du pouvoir.

L’incurie du fils de ce haut responsable de l’État est notoire. Il s’est signalé, à la tête d’un organisme culturel algérien de Paris, par son népotisme et son copinage. Il a recruté des dizaines de nouveaux employés, choisis parmi ses proches, sans que cet organisme ait obtenu de nouveaux postes budgétaires, car cette bureaucratie est tenu d’appliquer les consignes d’économies prescrites au vu de la sérieuse crise financière traversée par l’Algérie depuis le début du Hirak, et en raison de la chute des prix du pétrole. Selon ces prescriptions, cet organisme était tenu de négocier des départs volontaires à la retraite et d’arrêter tout nouveau recrutement. Au lieu de cela, ce singulier gestionnaire s’est adressé personnellement au nouveau directeur du budget, destinataire des félicitations paternelles, pour exiger de lui la régularisation des nouveaux employés, recrutés en toute illégalité. Il a même demandé des sanctions contre les employés légalistes qui s’opposèrent à cette drôle de façon de jouer avec les finances publiques. Ce fils, digne héritier des pratiques douteuses de son père, qui n’a peur de rien, a même fait pression sur des ministres influents. Il se répand, dans les salons parisiens, en fanfaronnades, et s’attribue un rôle dans le départ de certains ministres qui n’auraient pas entériné ses choix.Ces prétentions se trouvent confirmées dans une lettre adressée aux responsables qui ont succédé aux cadres demis, et qui seraient tentés de le contrarier.

Ces agissements, on les retrouve chez la plupart des bureaucraties algériennes en France où sévissent des enfants de hauts responsables soucieux surtout d’introniser leurs héritiers , qui pervertissent ces administrations. Ces hauts responsables et leurs héritiers ont-ils donc oublié si rapidement les promesses faites après le 12 décembre 2019, au sujet d’une République nouvelle débarrassée des pratiques douteuses- abus de pouvoir, népotisme, régionalisme, copinage…Ou bien s’agirait-il seulement de paroles verbales condamnées à rester sans effets, car ceux qui empêchent leur mise en pratique sont inspirés, dans leur cynisme, par l’adage: »les chiens aboient, la caravane…. 

Wahiba B

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