LA « GALOUFA » ÉLECTORALE.

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Hacene Loucif

Hacene Loucif

Des journalistes et des militants politiques arrêtés et emmenés, pour certains d’entre eux, au centre « Antar » de la police politique, un lieu de détention, de torture et de liquidation situé sur les hauteurs d’Alger, des journalistes étrangers accrédités pour couvrir la « galoufa » électorale de ce 12 juin empêchés de se rendre en Kabylie, comme si cette région ne faisait pas partie de l’Algérie, les quartiers populaires d’Alger quadrillés…

C’est dans ces conditions que la junte militaire entend imposer des élections sans électeurs au peuple algérien. Pendant ce temps, des détenus d’opinion sont en grève de la faim depuis quelques jours. Les journalistes dépêchés par les rédactions occidentales, pour couvrir le simulacre des législatives, oseront-ils en parler ?

Oseront-ils demander après leurs confrères Ihsane El Kadi et Khaled Drareni tenus en otage au centre « Antar » ? Oseront-ils sortir dans les quartiers populaires d’Alger, à défaut de pouvoir se déplacer en Kabylie, pour voir comment la police porte la peur bleue que le régime a des manifestations populaires pacifiques ? Espérons que certains d’entre eux auront le courage de faire leur métier…

Selon une explication fournie par le Dr Salah-Eddine Sidhoum , militant impénitent et infatigable des droits de la personne humaine, la « galoufa » rappelle les campagnes de ramassage des chats et des chiens errants dans les quartiers d’Alger, sous l’ordre colonial. La « galoufa » de ce 12 juin se déroule sous le protectorat du néocolonialisme. Elle vise à rendre applicable des articles de la constitution qui facilitent l’envoi des militaires algériens pour tuer et/ou se faire tuer dans des conflits régionaux (au Mali, au Niger et dans d’autres pays du Sahel et des des autres régions africaines soumises aux jeux néocolonialistes de la géopolitiques ). Faire de l’armée algérienne une fabrique de nouveaux « tirailleurs » sous les ordres des commandements étrangers, notamment, français et américains, c’est ce que la junte militaire offre aux officines du néocolonialisme.

En contre-partie, les portes-galons d’Alger espèrent assurer la pérennité de leur impunité pour les crimes contre l’humanité commis en Algérie, les liberticides et tous les malheurs des Algériens dont ils sont les auteurs. Ils veulent, surtout, se venger des Algériens qui, depuis février 2021, ont adopté une stratégie pacifique de rupture radicale avec leur régime, sans être inquiétés. Ainsi, ont-ils préparé la carte du « terrorisme séparatiste » en Kabylie et du « terrorisme islamiste » dans le reste du pays pour sévir. Cependant, les enfants de la Silmiya, cette belle révolution pacifique du peuple algérien, digne héritière de la Révolution de Novembre, ne l’entendent pas de cette oreille. À l’étranger, en France et ailleurs, la diaspora algérienne manifeste un rejet massif et actif de cette « galoufa » électorale qui met, dangereusement, le pays en dehors de l’histoire.

Alors que les bureaux de vote sont ouverts au niveau des représentations diplomatiques algériens depuis le 10 juin, des rassemblements sont organisés devant les sièges de ces représentations pour dire  » non » à des élections faites sans le peuple et contre la partie.

Particulièrement actif, le collectif « Libérons l’Algérie » tient des rassemblements devant plusieurs représentations diplomatiques algériennes à Paris. Sur les lieux, les éventuels et rares électeurs brillent par leur absence… « h’chouma » du « doigt bleu » oblige !

En tout cas, une chose est sûre : la « galoufa » de l’histoire finira par emporter la junte militaire et sa police politique. Alors, soyons patients, le temps travaille pour la Silmiya. Hacène LOUCIF.

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