Alerte Algérie : le lanceur d’alerte Mohamed Ben Halima ne doit pas être expulsé d’Espagne vers l’Algérie.

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PAR AW · PUBLIÉ MARS 18, 2022 · MIS À JOUR MARS 19, 2022

Algeria-Watch, 18 mars 2022

Le lundi 14 mars 2022, Mohamed Ben Halima lanceur d’alerte algérien et exilé politique a été arrêté à Saragosse (Espagne) et placé dans un centre de rétention pour étrangers à Valence. Les conditions de sa présence en Espagne demeurent inconnues.

Si son expulsion vers l’Algérie se confirme, il risque les pires sévices de la part d’un régime brutal pour lequel les droits de l’homme n’ont pas de signification. Mohamed Ben Halima, ancien caporal-chef de l’armée de terre, résidait en Espagne mais se sentant en grand danger après la déportation de Mohamed Abdellah, il a quitté le territoire espagnol le 22 août 2021 pour gagner la France où il a demandé asile.

Youtubeur très suivi en Algérie et ailleurs dans le monde. Il a révélé plusieurs scandales touchant à la junte militaire algérienne impliquant des hauts gradés de l’armée. Son militantisme pacifique lui vaut d’être sous le coup d’un mandat d’arrêt international lancé par le régime algérien pour « adhésion à un groupe terroriste ciblant la sécurité de l’État et l’unité nationale, financement d’un groupe terroriste ciblant la sécurité de l’État et blanchiment d’argent dans le cadre d’une bande criminelle ». Le 22 mars 2021, il a été condamné par contumace en Algérie à 10 ans de prison pour « publications de fausses informations ». 

Le gouvernement espagnol ne peut ignorer les multiples communications des rapporteurs spéciaux de l’ONU afférente aux violations des droits de l’homme en Algérie. En effet le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a condamné à plusieurs reprises le régime d’Alger en raison de graves atteintes aux droits de l’homme, pour le recours à la torture, et des harcèlements judiciaires pour d’imaginaires « activités terroristes ». En l’espèce la situation dramatique de Mohamed Abdellah est éloquente : cet ancien gendarme a subi les pires exactions depuis son expulsion par les autorités espagnoles et a été condamné une première fois à six ans de prison et attend un deuxième procès.

Si le réfugié politique Mohamed Ben Halima devait être livré aux autorités algériennes, il sera sans nul doute torturé et l’Espagne en portera l’entière responsabilité. C’est pourquoi Algeria-Watch prend l’opinion internationale à témoin et appelle le gouvernement espagnol à respecter ses engagements internationaux en matière de protection des réfugiés politiques.

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