Édition du
26 September 2016

Ces images symboles d’un régime en mode crépusculaire qui choquent les Algériens

carnaval fi dechra4Par Saad Ziane

valbout

C’est la semaine où de nombreux algériens ont dû supporter le spectacle pénible des politiciens-bureaucrates animateurs du vide, montés, en rang serré – moins Amar Saadani – pour défendre les « institutions » et le « pays » contre une « image ».  Celle d’un président Abdelaziz Bouteflika en bien mauvais état recevant le Premier ministre français, Manuels Valls.

Ce n’était pourtant pas une image volée par un paparazzi, autant le préciser d’emblée. Elle est le fait d’un photographe de l’AFP qui a reçu une accréditation officielle et qui a donc pu approcher du président et faire son travail, tranquillement, sans qu’aucun agent à la présidence, du plus petit tâcheron du service de la communication à Ahmed Ouyahia, directeur de cabinet du président, n’y a vu un quelconque complot ourdi.

Le régime pris dans ses propres pièges

Le régime est pris dans ses propres pièges. Ebranlé par le fait que même des représentants qualifiés du sérail suspectant que des décisions sont prises sans que « le président ne le sache » aient osé demandé à le rencontrer, les rencontres protocolaires avec des responsables étrangers de passage sont devenues la réponse en « ‘image » censée battre en brèche les questions, supputations et les accusations.

Or, c’est cette « réponse par l’image » qui a été écornée et qui a donné lieu, parfois, à des commentaires indécents et insupportables dans les médias français. Le régime a- ce n’est pas nouveau- un souci maladif de son image extérieure. A l’opposé, il ne soucie pas de son opinion interne qui « existe » malgré l’absence d’une structuration politique du fait du travail permanent de la police politique.

Ce que le régime n’a pas encore saisi est que les réseaux sociaux sont des espaces qu’il ne peut contrôler et où cette opinion, très diversifiée, s’exprime. Elle peut aussi, c’est une évidence, subir des manipulations, des déformations et des désinformations. La seule réponse à cet espace virtuel qui monte – et que nul ne peut arrêter et qui peut être aussi utile que déstabilisateur – est bien un recentrage politique sur le pays. Sortir de l’extraversion politique et économique.

Cela passe par une démarche « TOTALEMENT » opposée à ce qui a été fait depuis l’indépendance : une organisation autonome, libre et pluraliste de la société, avec des institutions fortes et crédibles.

Aucun rafistolage ne permet d’y arriver hormis une démarche politique où il s’agit de précéder un risque d’effondrement par une reconstruction consensuelle d’une nouvelle République. Où il s’agit de revenir aux fondamentaux, à la proclamation de Novembre dont l’objectif était un Etat démocratique et social.

Carnaval fi dechra : le monument Ghoul !

Le très peu sympathique Premier ministre français, Manuels Valls, néoconservateur, outrancièrement pro-israélien, constamment en train de fabriquer des diversions cyniques sur l’Islam et les musulmans de France, n’est pas responsable de cette image présidentielle qui suscite cette furie que beaucoup d’Algériens, qui font de l’humour pour ne pas ne frapper la tête contre les murs, trouvent « très carnaval fi dechra. »

Ils savent que l’image de l’Algérie, dangereusement piégée par un régime finissant incapable d’ouvrir une perspective, est ternie davantage par le niveau incroyablement bas et vulgaire d’un Amar Ghoul distribuant les accusations de trahison à ceux qui ont l’outrecuidance de se poser quelques questions normales.

Qu’un régime en soit réduit à mettre en avant des personnages comme Amar Ghoul pour se défendre sur le thème éculé du « complot ourdi à l’extérieur avec des alliés à l’intérieur » est encore plus affolant que les signes, évidents, de fatigue du président.

Ah, bien sûr, il y a eu le « plus sérieux » de ces animateurs de la « riposte » et du vide. M.Ahmed Ouyahia, l’homme qui aurait pu, de par sa fonction, dire par exemple, que nous ne voulons pas de photographe de l’AFP chez le président. Il aurait pu même demander à ce que la rencontre prévue avec Manuel Valls n’ait pas lieu.

Ces choses-là qui sont de son ressort, il ne les a pas faites. Par contre, il est monté au créneau, après coup, nous la jouer sur le registre « hyper-nationaliste » au sujet des menées de la France officielle et non officielle qui n’a pas accepté l’indépendance de l’Algérie.

De quels contrats parle M.Ouyahia ?

L’argumentaire n’est pas différent sur le fond de celui de Ghoul. Sur la forme, il est difficile de faire mieux en pitrerie et en ridicule que ce transfuge du MSP qui apparemment ne « joue plus du football avec le général Toufik ».

M.Ouyahia a laissé entendre que les « milieux haineux » en France n’admettent pas que l’Algérie ne signe pas certains « contrats économiques ». C’est, peut-être, l’argument le plus « sérieux » qui n’a rien à voir avec ces violentes diatribes sur le « tweet » de Valls mais M.Ouyahia n’a pas pris le risque d’étayer.

En faisant les comptes, on peut constater qu’en termes de « contrats » et de business, les français sont très bien servis.  On attend toujours que M.Ouyahia fasse un effort « patriotique » pour nous éclairer sur les contrats qui auraient été refusés par l’Algérie à la France.

Les algériens qui ne sont pas naïfs – contrairement à ce que croient les animateurs du vide officiels -n’hésiteront pas à dire et de manière autrement plus sérieuse que les paltoquets de service, leur « soutien ».

Non, ce n’est pas la photo pénible du président qui fait le plus mal. Les images qui ont flétri l’Algérie bien plus lourdement n’ont pas manqué. Chakib Khelil est encore allé à une zaouïa, à Mascara cette fois.

Il est allé aussi à Ghriss, près de l’arbre où les tribus arabes ont fait allégeance à l’Emir Abdelkader. Cela se passe autour du 16 avril, le « jour du savoir » où l’on célèbre, Abdelhamid Ben Badis, parti, précocement, ce même jour en 1940.

De voir les zaouïas réutilisées de manière si outrancière nous fait mal à Ben Badis, cela heurte profondément notre aspiration à la science, au 3ilm, cela nous insupporte qu’on puisse encore prendre les algériens pour des demeurés.

Cette image-là fait mal. On est parvenu, avec plus ou moins de réussite, à oublier les zaouïas de « fafa », à croire qu’elles sont redevenues des lieux pour l’introspection spirituelle, « non politisée » et voilà qu’une instrumentalisation grossière, servie par un journaliste programmée, nous renvoie l’image, méprisante, qu’ils se font de nous.

Nous avons mal à l’émir

Et puis, cette promenade à Ghriss, devant l’arbre symbolique de la moubayaa de l’émir, c’est comme si on tentait, une fois de plus, de nous arracher un symbole, de le privatiser. Qu’un homme qui a des comptes à rendre – c’est le moins que l’on puisse dire- se serve de symboles respectés et respectables pour se montrer sur la TV du clan et sur Facebook, voilà une image symbolique violente d’un régime en fin de règne…

Les images qui nous heurtent ? C’est ce prêche de « Cheikh Chamsou », créature du régime dans la télévision d’Ennahar, encore plus officielle que l’ENTV, qui est devenu si « nécessaire » qu’il se permet de le tancer sur l’emprunt obligataire qu’il qualifie « d’usuraire ». Et qui reproche au gouvernement de ne pas avoir consulté les « oulémas ». Et bien entendu, ce cabotin, se considère comme un 3alem!  Ce régime fabrique des créatures dont il finit par devenir l’obligé.

 

Une dernière image d’un symbolisme lourd ? Le sulfureux Omar Ghrib a été remis à la tête du Mouloudia Club d’Alger par Sonatrach, le propriétaire du club et qui, ce n’est pas une blague, affirme avoir «mis fin aux mauvaises habitudes ». . Pourquoi pas puisque Chakib Khelil est de retour… !

S’offusquer d’une photo du président que l’administration de la présidence a permis et faire un battage sur le thème patriotique du complot extérieur est bien puéril face à cette accumulation d’images d’un régime en mode crépusculaire.

Et les Algériens qui ne sont pas naïfs observent que du côté français, officiel et non officiel, on ne riposte pas. Comme si d’Alger, on leur a fait savoir que tout ce cirque que font les Ghoul and Co n’est destiné qu’à la consommation interne.

Pendant ce temps les affaires continuent. As usual! Elémentaire, mon cher Khelil!

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5 Commentaires sur cet article

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  • DRIA
    20 avril 2016 at 13 h 44 min - Reply

    Les images parlent d’elles mêmes . Et la toute dernière nous montre a quoi ressemble le président Bouteflika en 2016, l’ALACRITÉ est représentée dans toute sa splendeur ,si on veut être authentique on devrait enlever toute ces vielles photos du président qu’on placarde dans nos administrations et les bureaux de nos responsables, certaines datent de plus de 20 ans avec une chevelure encore intact…

    c’est Bouteflika en chaire et en os, il n’ y a aucun artifice. Au contraire la manipulation est le mensonge se retrouvent dans les anciennes photos du président que vous diffuser dans vos journaux télévisés et dans les campagnes électorales.

    Je vous propose d’utiliser carrément la photos de son frère Said , il lui ressemble personne nous vous dira pourquoi, pour nous toutes les images des hommes du pouvoir se ressemble elles reflètent la DÉLIQUESCENCE sur tous les plans…

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  • djamel
    20 avril 2016 at 13 h 54 min - Reply

    Depuis des années maintenant le régime algérien montre et démontre que cette époque appartient aux truands et autres voyous. Il est inutile de s’étaler sur les exemples, ils sont légions. De l’APC au ministre en passant par l’APW et l’APN la composante humaine est plus qu’édifiante, elle est un mélange d’escrocs, de voyous d’analphabetes, d’arrivistes, c’est une alchimie exceptionnelle voir explosive. A l’arrivée de Bouteflika personnellement j’avais de l’espoir, il s’est vite estompé au fil des découvertes et des expériences pour s’apercevoir qu’il existe plus pire que pire. Il faudrait un plan Marshall pour notre pays et une autre équipe d’incorruptibles pour mettre un peu d’ordre dans la maison Algérie.

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  • Noedine
    20 avril 2016 at 17 h 06 min - Reply

    cette situation que la pourriture humaine par excellence nous font subir en restant en état d’impuissance, va tôt ou tard péter ………………..

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  • AIT MOHAND
    21 avril 2016 at 12 h 58 min - Reply

    Ce n’est pas le crépuscule des dieux… (Wagner) mais le crépuscule des ânes…!!! (HACHAKOUM YAL KHAWA!!!)

    C’est un ramassis de traîtres à la solde de qui vous savez qui nous « gouvernent ». Mais plus dure sera leur chute… car tout a une fin!!!

    C’est quoi ces étrangers qui nous gouvernent ??? Des marocains… et des tunisiens avec à leur tête : un drabki… hors catégorie.

    Foutons leur un bon coup de pied au c..!!! Et bon débarras…

    Mais où sont passés crénom de dieu nos services pour nous débarrasser définitivement de ces voyous…????????

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  • AMAR
    22 avril 2016 at 10 h 06 min - Reply

    C EST L IMAGE D UN PAYS PLUTOT D UN NAVIRE QUI A PERDU LE CAP COMME UNIQUE SOLUTION IL JETTE L ANCRE POUR GAGNER DU TEMPS! UN PRESIDENT AGONISANT…UN PREMIER MINISTRE FRANCAIS QUI TROUVE QUE LE CARNAVAL PROTOCOLAIRE EST DE MAUVAIS GOUT ….ET ENFIN L EXHIBUTION D UN NOUVEAU MODELE DE MANAGERS DU SPORT AU MCA ..PLUTOT A SONATRACH C EST A DIRE A L ALGERIE…LA MEILLEURE FACON DE NOUS ANNONCER LA CANDIDATURE D UN CHAKIBSOUS QUI N A PAS ENCORE ACHEVE SES TOURNEES A TRAVERS LES ZAOUIAS………..OUI IL Y A UNE GRANDE SIMILUTUDE
    L ASPIRATION DES RICHESSES EST DEVENU UN SPORT NATIONAL…MEME NAIMA SALHI N Y PERDS PAS SON TEMPS ELLE S Y MET AUX ZAOUIAS QUI APPARAIT COMME ETANT LE PREMIER CIRCUIT D UN CARNAVAL FI DECHRA………

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