Édition du
11 December 2016

Amar Ezzahi, symbole de la dignité !

EzzahiYoucef L’Asnami

Innâ lillahi wa innâ ilayhi râji’ûn (إنّا لله و إنّا إليه راجعون). C’est par cette phrase que beaucoup d’algériens ont accueilli la nouvelle de la disparition de Amar Ezzahi, un des monuments de la musique chaabi algérienne.

Un des rares interprètes qui fait l’unanimité autour de lui. Pas difficile de comprendre l’engouement pour cet homme modeste, discret, timide, hors milieu du show biz et surtout d’une dignité exemplaire. Sa dernière apparition publique remonterait à une trentaine d’années.

Un homme plus connu pour ses animations de fêtes familiales, principalement les mariages, que pour ses apparitions publiques médiatisées.

La plupart des photos que l’on voit de lui sur les réseaux sociaux,avec son blue Shangaia devenu légendaire, sont de qualité très moyenne. Il en est de même pour la qualité de ses enregistrements. Il est exceptionnel de tomber sur un bon enregistrement de son répertoire musical.

Même dans le coffret de 10 CD que lui a consacré, presque à la sauvette, le ministère chargé de la culture, la qualité du son laisse à désirer. Exactement comme pour El Hadj Mohammed Ghaffour, cette autre icône de la musique andalouse. Et pour trouver ce coffret, je souhaite un très bon courage à ses fans.

C’est à l’époque de Khalida Toumi que le ministère de la culture a commencé l’édition de coffrets musicaux consacrés à nos interprètes de musique chaabi, andalouse, kabyle, hawzi etc.

Mais ces coffrets n’ont jamais fait l’objet d’une diffusion à la hauteur de l’investissement qui leur a été consacré. Ils se vendaient presque à la sauvette au Riadh El feth. Ils étaient stockés dans une salle sombre et humide à la merci d’éventuels rongeurs.

Et lorsque j’avais posé la question au « gardien du temple » de ces coffrets sur cette curieuse politique de diffusion de ces coffrets, il m’avait répondu tout bonnement «  nous ne pouvons pas les distribuer au privé sinon ils vont les vendre deux à trois fois leur prix ».

Dont acte !

Sans les fans de Amar Ezzahi et leur extraordinaire communication sur les réseaux sociaux avec les moyens de bord, ce chanteur n’aurait peut être pas  été connu par les jeunes algériens de moins de 25 ou 30 ans. Presque la totalité de ses enregistrements privés lors des fêtes familiales ont été numérisés par ses fans et mis en ligne. Une leçon de communication pour le ministère de la culture et celui de la … communication.

Si le peuple se reconnaît en cet homme, ce n’est pas uniquement pour la qualité de sa voix, ses interprétations, sa musique et la profondeur de ses chansons. Sa modestie légendaire exprimée par des photos où on le voit souvent dans des tenues plus que populaires et des attitudes de grande dignité. Des milliers d’algériens ont suivi sa maladie et ont prié pour sa guérison. Des milliers d’algériens ont accueilli avec joie et espoir sa prise en charge annoncée par le gouvernement pour se faire soigner en France ! Trop tard !

« Les chanceux sont ceux qui arrivent à tout ; les malchanceux, ceux à qui tout arrive ». dit un dicton populaire !

Le cheikh s’est éteint ce 30 novembre entouré de ses proches. Dans un quartier populaire. Sans bruit. Comme il a vécu ! Qu’il repose en paix !


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8 Commentaires sur cet article

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  • Dria
    1 décembre 2016 at 22 h 46 min - Reply

    Vous avez bien résumé son parcours et son mode de vie,une icone de la musique chaabi, je l’aimais bien, Allah Yerrahmou …

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  • Alilou
    2 décembre 2016 at 4 h 19 min - Reply

    un monument de notre patrimine cukturel, de notre identité et de notre diversité s`eteint…Allah yerahmak ya ousted…godspeeed…may we meet again in afterlife.

    la mousika n`est pas haram par hazard ….I don`t think so….sinon pourquoi Dieu a crée autant de beauté qui nous entour…il doit etre un sacré artiste….

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  • fatma
    2 décembre 2016 at 20 h 55 min - Reply

    Un après un nos artistes nous quittent, silencieusement, dignement, ils partent sur le bout des pieds de peur de nous déranger. Nous sommes tous et toutes orphelins de ces vrais artistes, les nôtres ceux qui exprimaient nos joies et nos peines, ceux qui nous faisaient rêver. Nous les avons aimés et nous les aimerons toujours parcequ’ils étaient vrais et parcqu’ils chantaient pour nous et pour nous faire plaisir. Ce n’étaient pas des marionnettes du pouvoir ni des vendus entre les mains du show biz sioniste.
    Ce grand monsieur habitait un modeste appartement dans un vieux cartier d’Alger (Rampe Vallée) , il n’a bénéficié ni de LSP, ni AADAL, ni LPP, ni ANDI, ni ANSEJ, ni TIKOUK, ni sidi zekri walou. Il était dans son trou avec son art, personne n’avait pensé à lui, pendant que des étrangers comme Magda Eroumi et autres chanteurs libanais et égyptiens sont reçus comme des rois et avec des cachets faramineux. Que DIEU lui accorde Sa miséricorde.

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  • au sud rien de nouveau
    2 décembre 2016 at 22 h 51 min - Reply

    J’ai bien l écouter ….du vrai chaabi …puisse Dieu le tout puisant acceuille en son vaste paradis .

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  • Alilou
    3 décembre 2016 at 6 h 19 min - Reply

    le fric ca marche pas de l`autre coté, il avait compris lui…son legue est perpetué de generation en generation…chaque fois qu`on récoutera ses chancons on dira de lui allah yerahmak ya echikh…alors que bcp seront maudit par les vivants et les morts chaque fois qu`on se rappelera d`eux…chacun a choisi son camps….moi aussi j`ai choisi mon camps….de vacance au soleil

    un vielle adage de chez nous qui dit: vaut mieux etre un mort dont on se rappel qu`un vivant qu`on ignore

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  • Larbi
    3 décembre 2016 at 11 h 35 min - Reply

    ce n,est pas facile de refuser le pognon en ce temps de takachouf pas de villa refus hospitalisation dans un hopital parisien pas partir au hadj seulement avec son argent voila un vrai algerien inchallah il sera recompenser chez ALLAH rahma lih houwa wa djami mouminine

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  • zemouli
    5 décembre 2016 at 16 h 47 min - Reply

    21 11 2016 in le journal electronique Algerie1 « Le président de la République Abdelaziz Bouteflika a instruit le ministre de la culture Azzedine Mihoubi d’entreprendre les démarches nécessaires au transfert du chanteur chaâbi Amar Ezzahi pour des soins à l’étranger….Le ministre de la Culture a précisé que toutes les dispositions pour une « prise en charge totale de l’artiste ont été prises » par le ministère Travail et de la Sécurité sociale et celui de la Culture sur « instruction du président de la République Abdelaziz Bouteflika ».  »
    29 11 2016 Deces de Amar Ezzahi
    30 11 2016 Amar Ezzahi était en attente d’être transféré dans un établissement hospitalier spécialisé à l’étranger, selon le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, qui avait posté l’annonce sur sa page Facebook il y a dix jours.

    Conclusion : 8 jours durant du 21 11 au 29 11 on n a pas été fichu de transférer le chanteur alors malade.
    La cause : aucune explication n a été avancée

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  • rachid dahmani
    8 décembre 2016 at 14 h 59 min - Reply

    Bonjour,

    Avec la bande des aznavour, brassens, brel, becaud et ferrat pour la chanson française, Ezzahi fait partie de la bande des Matoub, El Anka, Dahmane, El hasnaoui, Idir et ait menguellat pour la chanson Algérienne, qui restent pour moi les interprètes des répertoires de mes écoutes. J’ai eu la chance d’assister à une des soirées animée par Ezzahi… le genre de soirée qu’on ne risque pas d’oublier. Que dieu ait son âme.

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