Édition du
23 July 2017

Décès du journaliste Mohamed Tamalt : une bravade qui tourne à la tragédie

Injustice et résistanceOussama Nadjib

dimanche 11 décembre 2016 14:07

http://www.maghrebemergent.info/

Mohamed Tamalt (Facebook)

 Le journaliste Mohamed Tamalt est mort dimanche 11 décembre 2016 à l’hôpital Lamine Debaghine (Ex-Maillot) où il avait été transféré, il y a plusieurs semaines, dans un état comateux suite à une grève de la faim. Il avait pris des risques en revenant en Algérie. Il en est mort.

 

 Mohamed Tamalt, accusé d’atteinte aux symboles de l’Etat et au président Abdelaziz Bouteflika, dans des publications partagées sur les réseaux sociaux, dont sa page Facebook, avait été condamné à 2 ans de prison ferme et à une amende de 200.000 Da.

Une fin tragique pour un journaliste, établi à Londres et disposant de la nationalité britannique, qui collaborait à plusieurs journaux arabophones dont El Khabar. Mohamed Tamalt, était connu pour sa grande fougue et sa manière rude d’interpeller les responsables.

Mais ce ne sont pas ses écrits dans la presse qui ont conduit le défunt en prison sous l’accusation d’atteinte aux symboles de l’Etat. Mais ses publications dans une page Facebook intitulée « majalatt essiyak al-arabi » (revue du contexte arabe) où il pourfendait des responsables et lançait des accusations.

 Des écrits impubliables dans un journal tenu par les limites fixées par la loi et le code pénal. Mohamed Tamalt ne l’ignorait pas en revenant en Algérie, il risquait gros si la machine des procédures judiciaires se mettait en branle contre lui. Il y avait dans ce retour un coté bravade – et peut-être une perte du sens des réalités – qui a tourné à la tragédie. Car la machine judiciaire a été mise en branle contre lui après son arrestation le 26 juillet 2016, à l’aéroport Houari-Boumediene.

 Un juriste qui a vu la page Facebook «majalatt essiyak al-arabi » n’a pas caché son étonnement au sujet du retour de Mohamed Tamalt : «il y a là de quoi se servir pour n’importe quel juge d’instruction ». Et à l’évidence, cela a été le cas.

 Les journaux y compris ceux avec qui il collaborait éprouvaient une grande gêne à défendre un journaliste «excessif ». Ils se sont le plus souvent contentés de rapporter l’information de manière neutre et minimaliste.

La procédure judiciaire engagée contre lui, Mohamed Tamalt est entré dans une logique de confrontation et de rupture au péril de sa vie face au pouvoir. Il l’a payé de sa vie.

Les autorités peuvent faire valoir que c’est la loi et qu’elle a été respectée. Mais il y avait clairement une possibilité de « punir » sans aller à la prison ferme à laquelle Tamalt ne pouvait se résigner.  Cela n’a pas été le cas. Tamalt a perdu la vie, le pouvoir algérien a perdu encore plus en terme d’image.


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6 Commentaires sur cet article

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  • AMAR MOKHNACHE
    11 décembre 2016 at 21 h 41 min - Reply

    une mort d ‘homme est toujours condamnable fut elle a raison les hautes responsabilites de la presidence de la republiqsue tout comme celles dont dispose d autres institutions ne doivent pas etre une gachette qui tire sur tout ce qui bouge! les citoyens algeriens ne devraient pas se sentir orphelins ou sous une tutelle qui mobilise la justice au moindre ecart la sagesse aurait pu l emporter et aurait pu grandir ses auteurs! la recalcitrance est humaine ……..je n ai pu voir sa page face-book ….et meme si je suis contre tous les exces…j estime que la PRISON N EST PAS LA SOLUTION ET LES METHODES DU PASSE C EST DU REVOLU NOUS DEVONS TOUS NOUS HISSER AU DESSUS..UNE FOIS DE PLUS NOUS DONNONS UNE PIETRE IMAGE DES DROITS DE L’HOMME ET ON S OFFUSQUE QUE DES ONG NOUS POINTENT DU DOIGT!!!




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  • lyes laribi
    11 décembre 2016 at 22 h 05 min - Reply

    Toutes mes condoléances à la famille de Tamalt et une pensée particulière à sa maman (RABI YAATIK SBER). A tous ceux qui disent que l’Algérie est un pays de droit et démocratique voila la réponse. Toutes les plumes mercenaires ainsi les valets de service ne réussiront à justifier l’injustifiable.

    إِنَّ للهِ ما أَخَذ، وَلَهُ ما أَعْـطـى، وَكُـلُّ شَيءٍ عِنْـدَهُ بِأَجَلٍ مُسَـمَّى

    فَلْتَصْـبِر وَلْتَحْـتَسِب




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  • lyes laribi
    11 décembre 2016 at 22 h 48 min - Reply

    Je viens de découvrir un article honteux , diffamatoire et insultant de la part d’un supposé journaliste exilé enfant du système comme quoi les causes de la mort sont dû à des sévices subi par le défunt (allah yarahmou) à la prison d’el Harrach. Sachez monsieur que nul (quelque soit sa capacité physique) n’oserait s’attaquer à un enfant d’el Harrach à la prison d’el Harrach sauf si les sévices dont vous parlez viennent des geôliers. Lâché vos plumes au moins le temps pas d’un deuil mais celui d’un enterrement. ASTEHI MAYATOK OUALOU GHIR KBAR FIJAHENEM. LAHOULA OUALA KOUATA ILA BILLAH.




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  • Mohammed
    12 décembre 2016 at 17 h 15 min - Reply

    « Les journaux y compris ceux avec qui il collaborait éprouvaient une grande gêne à défendre un journaliste « excessif ».
    Journaliste « excessif »,dites-vous?Alors que la terre qui recouvre sa tombe est encore chaude!
    Un peu de retenue SVP.
    Et le Journalisme d’Investigation qu’est-ce que vous en faites??
    A l’Image de :
    == »Panamas Papers »!
    ==Les; »Un Président ne devrait pas dire ça »!!
    ==Et autres Médiapart,Bakchich,Canard enchaîné…




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    • Mohamed
      12 décembre 2016 at 19 h 15 min - Reply

      Paresse Intellectuelle dites-vous??
      Abrutisme,Médiocrité???
      khobsisme,oui!!
      Vérité Amère, quand tu nous tiens!!!




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  • Dria
    12 décembre 2016 at 20 h 52 min - Reply

    @Oussama.N
    Cet article m’écœure un peu , car il ya un parti pris et comme si au fond , il rend coupable le défunt ALLAH Yarahmou (que je ne connais pas )et le plaint en quelque sorte d’être revenu au pays , comme si on voulait dire à tous ce qui ont l’intention de revenir au bercail et d’amener leur touche à un éventuel changement, on leur dis sournoisement et par inférence RESTEZ la ou vous êtes car ici vous RISQUEZ DE LAISSER VOTRE PEAU, et ce genre de message on sait très bien qu’il émane des officines de nos SRABESS. alors désolé Mr Oussama Nadjib, je ne vous connais pas non plus , mais si vous n’êtes pas des services, sachez que vous leur rendez un grand service…
    ce n’est pas une BRAVARDE, cette homme est mort en BRAVE, certes il est aller loin dans son action, mais est ce qu’il avait le choix d’agir autrement , je suis sure qu’il pensait qu’il aura le soutiens de ses employeurs et de la société civile. hélas…

    Vous dite « la procédure judiciaire engagée contre lui ».. comme si on était dans un ETAT DE DROIT et comme si on avait une JUSTICE pourquoi elle ne fonctionne pas avec les KHELIL and CO , ou bien vous voulez donner une légitimité à cette acte ignoble incarcération ABUSIVE car c’est de ça qu’il s’agit , oui un abus de pouvoir …

    Vous pouvez passez sous silence une INJUSTICE de plus mais pour combien de temps, je ne pense pas qu’il s’est sacrifier pour rien, même si je ne cautionne pas son acte, je le comprend (comme celui de Bouazzizi en Tunisie), l’injustice rend aveugle…contrairement à l’excellent vision de nous autres en tant que spectateurs, à qui le tour




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  • Congrès du Changement Démocratique