Édition du
26 May 2017

Quand le fonctionnaire dépourvu de qualification s’érige en expert  scientifique.

 

 

Par Ahmed ROUADJIA*

L’Algérie n’est pas seulement le pays des contrastes géographiques et naturels violents; il est aussi le pays de tous les paradoxes de la terre. C’est, en somme, le monde à l’envers et rien ne se trouve à l’endroit: la secrétaire, quelquefois impolie ou vulgaire, qui affecte des allures hautaines et qui s’attribue les pouvoirs de son patron, avec presque son consentement ; le subordonné incompétent qui infléchit les décisions de son chef hiérarchique ou qui l’induit en erreur; le planton qui se comporte à l’égard du visiteur comme s’il était lui-même le patron des lieux; le petit fonctionnaire dépourvu de qualification mais qui s’érige en expert dans le domaine de l’évaluation scientifiques des chercheurs, et tout cela avec l’assentiment de son patron qui, lui, est bardé de diplômes, voilà ce que l’on peut observer de visu au quotidien. Les exemples de ce genre sont légion, et je peux en citer quantité d’autres. L’incurie administrative, le népotisme, le clientélisme, et l’absence du civisme, telles sont les causes essentielles du  laisser-aller que nous constatons dans la gestion tant scientifique qu’économique du pays. La promotion de la médiocrité et des médiocres n’est  donc point étrangère à cette imbécile gouvernance dont souffre les  ressources humaines  et matérielles de la nation.

La DGRSDT dont il est précédemment question n’échappe  pas à la règle générale, car elle est affligée comme tous les secteurs socio- économique du pays par un déficit flagrant de compétences, ce qui la contraint à recourir à des employés administratifs en guise  d’experts…L’exemple que voici illustre parfaitement sa gestion scientifique approximative, et qui relève plus de l’improvisation et du rafistolage que d’un plan rigoureusement préétabli : Le 9 mars 2017, je reçois un coup de fil de M. Mohamed YAICHE, doyen de la Faculté des sciences sociales et humaines de l’Université de Msila me faisant savoir que M. Rabah BOUGUERRA, vice-recteur chargé de la Pédagogie, convie tous les directeurs  des laboratoires de l’université ainsi que les chefs d’équipes, à assister à une réunion prévue pour le 13 mars  et qui sera présidée par M. Hafid AOURAG, Directeur Général de la Recherche Scientifique et du Développement Technologique.

Or, Nul ne sait de quoi il s’agit. Ni l’objet exact de cette réunion annoncée in extremis, ni les raisons qui l’ont motivée n’ont été précisés. Le tout a été entouré d’une épaisse brume. Quoi qu’il en soit , le jour de la réunion fixée à la date indiquée, tout le monde ou presque était là, au grand amphithéâtre du pôle, non parce que les gens qui s’y pressaient étaient au courant des thèmes qu’on allait débattre, mais ils venaient en nombre parce que l’annonce de la venue du grand patron de la recherche scientifique les enchantait et chacun espérait s’approcher de lui, lui serrer la main, l’embrasser au moins quatre fois sur les joues avant de lui chuchoter quelque chose d’intime ou de confidentielle à l’oreille. En effet,  beaucoup de chercheurs de Msila, n’emplissaient  jamais l’ amphithéâtre que lorsque une personnalité marquante s’y trouvait. En de telles circonstances nul ne manquera à l’appel. Le culte des « grands », des chefs, et le désir d’être à leur proximité, de s’y frotter, explique pourquoi ce jour là on était nombreux. Il n’est pas exagéré de dire  que certains d’enseignants habitués à faire la courbette étaient venus presque spécialement pour faire des révérences au chef tant attendu. Leur culte pathologique des « grands », les révérences et l’obséquiosité dont ils font preuve à leurs endroits, n’est pas sans rappeler, en effet, celui que rendent les humbles croyants au marabout saint de l’islam….

Finalement, c’est Hafid AOURAG, l’homme tant attendu, « le grand chef » de la recherche scientifique,  qui aura manqué à l’appel. Ceux qui s’attendaient à ce qu’il leur vienne au secours pour débloquer les laboratoires de recherche qui s’étiolent à l’ombre des édifices à moitié délabrés, auront été profondément déçus. En lieu et place du chef attendu, on aura donc deux fonctionnaires-chercheurs qui surgissent sans crier gare et s’installent à la tribune, après s’être très brièvement présentés par M. le recteur de l’Université. Sans proférer un seul traitre mot pour justifier l’absence de M. AOURAG, leur chef, l’un des deux, M. Aïssa MEFEDJEKH, Sous-Directeur de la Programmation de la Recherche et de la prospective, se donne la parole et nous abreuve d’un long  et fastidieux discours indigeste sur les méthodes de recherche et sur les indicateurs  de l’évaluation des chercheurs et des revues scientifiques de haute facture indexées par Web of Science de l’Institute for Scientific Information (ISI, lié au groupe Thomson-Reuters), modèle de référence largement adopté  par les administrations du monde développé. Assez à sa droite, et se tenant dans une posture  d’humilité, M. Mohand Tahar BELAROUSSI,  Directeur de la Direction de la Programmation de la Recherche, de l’Evaluation et de la Prospective, balbutia d’abord  quelques phrases sur le même sujet avant de céder la parole à son adjoint, MEFEDJEKH, qui se met, avec son français incertain, pour ne pas dire défectueux,  à nous expliquer pendant une heure environ et de manière pompeuse la manière dont les chercheurs devraient valoriser leur recherche et se rendre visible en publiant leurs travaux dans des revues plébiscitées par  le Web of Science, alors que lui, M. MEFEDJEKH, n’entend rien à la recherche, et moins encore à l’anglais dont il apprend par cœur les mots techniques usuels en vue de les employer pour la circonstance. Ex-employé simple administratif de l’Académie de M’Sila, dépendant de l’Education Nationale, M. Aissa MEFEDJEKH  qui  nous avoue  honnêtement lui-même qu’il  ne possède aucun CV., vu que  « les administratifs ne sont pas des scientifiques comme vous pour en avoir! » nous lâche-t-il, occupe pourtant un poste enviable au sein de la DG-RSDT et l’on ne sait comment a-t-il pu, sans « cv. » et sans la moindre publication scientifique  digne d’être citée dans le  » Le Web of Science » ou dans « Scopus », ou encore dans Google Scholar, se faire l’exégèse de ces bases de données bibliographiques scientifiques, par ailleurs payantes?

Une année auparavant, et dans le même campus, M. MEFEDJEKH était venu nous répéter  de manière lassante les mêmes propos, les mêmes litanies,  et les mêmes rengaines avec une telle fatuité que l’on reste bouche bée. Alors qu’il n’a nullement la compétence requise pour parler de ces questions fort délicates, il se permet néanmoins d’affecter des allures académiques et de faire languir le public des enseignants par un discours abscons, confus et grandiloquent. Qui a mandaté ce Monsieur pour nous débiter un discours fade et fastidieux sur le Web of Science[1]  et Scopus[2]? Quel intérêt pour les enseignants de Msila de leur parler de ces plates formes de base de données bibliographiques, eux, dont plus des trois quarts n’ont jamais publié un article qui soit référencié par ces dernières? C’est certainement la DGRSDT qui, pour combler les vides et colmater les brèches béantes en matière de production scientifique et technique, a délégué M. MEFEDJEKH pour faire du remplissage par un discours alibi…La question qui se pose maintenant est celle-ci: Est-il concevable que cette DGRSDT  attribue, en lieu et place des personnes compétentes, des missions d’évaluation scientifique à des individus qui n’ont pas la compétence requise en l’espèce? Autrement dit, comment oser donner  carte blanche  à  des personnes non habilitées sur le plan scientifique pour parler et dire quels sont les chercheurs et les institutions les mieux classés scientifiquement à l’échelle planétaire ou, au contraire, ceux qui sont à la traîne de cette classification opérée par des institutions internationales, tel l’Institute of Higher Education de l’Université Jiao Tong de Shanghai, qui a été le premier  instigateur (2003) du site d’évaluation et de classement international de la Recherche et de l’Enseignement supérieur?

MEFEDJEKH s’évertue à nous expliquer les modes d’ évaluation de la production scientifique individuelle ( chercheurs) et institutionnelles (universités, centres de recherches, laboratoires…) à l’échelle du monde alors qu’il n’entend rien  au mode de calcul et de classement adopté par ces mêmes instituions dont il se contente de reprendre à son compte les notions et les concepts en les répétant de  manière mécanique.  Que sait-il des modes de calcul propres au classement de Shanghai? El l’écoutant discourir à ce propos, j’en ai très vite déduit que ce Monsieur égrène un chapelet de mots, de phrases et de noms dont il ne comprend pas lui-même l’étymologie. C’est qu’il apprend par cœur ses leçons, comme on le fait dans une école coranique : la récitation par cœur  (al hifdh). Et l’on sait les conséquences de l’apprentissage par cœur : la répétition des versets coraniques sans en comprendre le sens caché ( ésotérique). C’est que M. Mefedjakh, en novice qu’il est en matière de savoir scientifique,  s’évertue cependant  à nous enseigner des choses à la fois très compliquées et très controversées, y compris par les instances internationales d’évaluation.

Comme M. MEFEDJEKH nous a embrumé l’esprit  par sa longue tirade, et par ses explications oiseuses plutôt que de l’éclairer par un langage simple et dépouillé de faux-fuyants, je me propose donc de « mettre un peu d’ordre » dans ce qu’il a débité de manière sibylline lors de sa venue à l’Université de Msila. En traduisant sa pensée chaotique, confuse, et désordonnée, je procéderai de la manière que voici :  M. MEFEDJEKH, voulait probablement dire ceci, mais il n’avait pas su, à savoir que les modalités retenues par Shanghai, et depuis  2003 par l’université de Harvard, pour classer les chercheurs, les institutions les plus performantes,  ainsi que les revues les plus cotées,  telle Science et Nature, retiennent un certain nombre de critères parmi lesquels les facteurs H et G d’ISI  (Institute for Scientific Information) qui a introduit le facteur H. de Jorge E. Hirsch aux fins de conférer une note personnalisée à un auteur, ainsi que l’indice qui permet de déterminer et  le nombre de publications d’un chercheur et celui de citations correspondantes[3]. C’est là qu’intervient  en effet Le Highly Cited[Le très fréquemment cité] qui est une base de données répertoriant les chercheurs les plus cités du Web of Science. Qu’un chercheur  y figure permet à l’institution à laquelle il appartient  de remplir l’une des conditions sine qua non de son inclusion dans le classement de Shanghai.   La « valeur scientifique » d’un chercheur, et partant sa visibilité et celle de son établissement est fonction du nombre et de la qualité de ses publications dans des revues cotées, et surtout en fonction du nombre de citations dont ses pairs créditent ses travaux. En vertu de ces critères d’excellence, on exige donc du chercheur qu’il soit cité dans revues à  fort impact factor ( IF), ou facteur d’impact en français. C’est de ce facteur et de ses indicateurs associés que dépend en dernier ressort la notoriété d’une revue et donc de sa visibilité scientifique. Ces facteurs d’impact sont censés être des critères pertinents pour mesurer à leur juste valeurs et les chercheurs et les revues : plus un auteur est cité, plus sa valeur et partant sa visibilité seraient grandes ; de même, une revue ayant un impact factor (IF) serait de bonne facture pour la simple raison qu’elle est plus lue et plus citée qu’une revue à IF faible. D’où l’importance accordée par les gestionnaires de la recherche et par les chercheurs eux-mêmes aux outils documentaires centrés sur les citations. Pourtant, il existe, de l’aveu de nombreux spécialistes des revues fort médiocres mais qui entrent néanmoins en ligne de compte dans le calcul du facteur d’impact (impact factor, IF).

Mais en quoi ce cours dispensé pompeusement  par M. MEFEDJEKH sur l’évaluation des chercheurs nous aide, nos autres chercheurs de Msila, à sortir nos laboratoires du marasme total dans lequel ils s’enfoncent ? Comment peut-on discourir sur les citations imputées à nos revues et à nos chercheurs lorsque ceux-ci ne produisent rien qui vaille la peine, faute d’environnement administratifs favorable ? Sais-t-il que notre administration universitaire est quasi sclérosée, et que la plupart des chercheurs s’étiolent et baillent à l’ombre des salles et des murs  écaillés de l’université ? La seule culture ou recherche scientifique qui puisse exister est celle de quelques colloques nationaux et  « internationaux » , de séminaires et de journées d’études organisés de temps en temps à la hâte et réunissant environ entre 50 et 100 intervenants et autant de repas et d’attestation de participation…Ces colloques commencent toujours par Allah est Grand et Miséricordieux, par l’hymne national Qasamân, des versets coraniques, ce qui est légitime pour des gens attachés à l’islam et à leur identité nationale, et surtout, ce qui est moins justifié, ce sont ces félicitations, ces gloire et ces louanges à rallonges  adressés « aux autorités civiles et militaires, aux imams, aux anciens Moudjahidines présents, et au chef de la zaouia d’el Hamel et à tous les chouhadas locaux et nationaux tombés au champ d’honneur… ». Au contraire, le temps imparti aux débats scientifiques n’est pas seulement court, mais toujours  bâclés, répétitif … les actes de ces colloques sont parfois produits et reliés chez les libraires du « coin » ou chez des imprimeurs privés, mais dont la lecture est malaisée tant la teneur est illisible, confuse et bourrée de fautes… C’est avec ce genre de Proceedings qu’on devient professeurs à Msila, et la Commission Universitaire Nationale (CUN) avalise et valide ce genre de littérature scientifique complètement indigente et indigeste  tout à la fois.

Ce n’est pas avec ce genre de publications apocryphes que nous pourrons espérer avoir droit de cité dans Le Web of Science[4] ou dans Scopus sur lesquels s’était longuement appesanti M. MEFEDJEKH. Au lieu de s’enquérir de l’état des lieux, de s’informer des laboratoires qui peinent à décoller en raison des pesanteurs étouffantes de l’administration universitaire dont l’écrasante majorité des gestionnaires n’entend rien à la recherche scientifique  qui est vraiment le cadet de  ses soucis, ce dernier pas fait mieux que de s’est lancer dans un discours fade et fumeux sur l’évaluation, alors que l’urgence du moment est comment mettre tout ce monde d’enseignants- chercheurs de l’université de Msila au travail, de le rentabiliser et d’en faire un potentiel productif, et non des corps de parasites qui n’attendent que la fin du mois pour percevoir salaires, indemnités, prime de recherche, CNEPRU, et j’en passe. Parler, comme l’ont fait les deux envoyés « spéciaux » de la DGRSDT d’évaluation des chercheurs  locaux et nationaux à travers Le Web of Science, c’est faire preuve de peu de sérieux et de responsabilité civique et citoyenne. C’est se moquer des chercheurs et de les traiter comme s’ils étaient  des enfants à la mamelle !!

 Il y a quelques temps seulement, cette même DGRSDT nous avait annoncé qu’elle allait publier les premiers Top  de1000 chercheurs algériens travaillant en Algérie, mais, à notre connaissance, rien n’a été fait depuis pour la simple raison qu’on n’a pas atteint, semble-t-il  ce chiffre…Et pour ne pas prêter le flanc à l’accusation d’être injuste envers cette respectable institution, je cite le courrier que tous les chercheurs ont reçu d’elle, comme moi :

« Cher(e) Collègue,

Pour répondre à des besoins de normalisation des procédures de gestion des entités de recherche mais également assurer une visibilité de nos chercheurs, la DGRSDT publiera à partir du 5 septembre 2016 le Top1000 des chercheurs algériens activant en Algérie, sur la base des indicateurs fournis par GOOGLE SCHOLAR. Cette liste sera actualisée tous les mois et sera diffusée dans nos sites web ainsi que dans le site webometrics. Vous êtes nombreux à avoir déjà mis votre profil en ligne. C’est une procédure simple à réaliser pour celles et ceux qui n’ont pas créé de profil, vous pouvez le faire en moins de 20 minutes. De nombreux tutoriels sont en ligne sur youtube, sur slideshare (http://fr.slideshare.net/jsicot/google-scholar-un-moteur-de-recherche-pour-linformationscientifique) ou simplement aller sur : https://scholar.google.com/intl/en/scholar/citations.html#setup Une fois que vous aurez créé votre page Google Scholar en tenant compte des indications et conseils (photo,

email..), votre profil apparaîtra avec les premières statistiques donnant votre h-index, le nombre de citations ainsi qu’une multitude de fonctionnalités intéressantes. Nous vous invitons à nous transmettre les informations nécessaires afin de consolider notre base de données (Nom

& Prénom, établissements, url signalant votre page.

Exp : https://scholar.google.com/citations?user=taMPircAAAAJ&hl=fr&oi=sra

Pour toute information complémentaire ou assistance, n’hésitez pas à nous contacter sur

« event.dgrsdt@mesrs.dz »

Merci

Pr Mokhtar SELLAMI »

Directeur DGRSDT

(m.sellami@mesrs.dz)[5]

Que conclure de ce qui précède ? Que le pays s’étouffe, s’étrangle sous le poids écrasant de l’incompétence, de la médiocrité  et du népotisme érigés en un système de gestion et de gouvernance. Et pourtant, le pays ne manque pas de ressources, de vitalité, de femmes et d’hommes fertiles en imagination, compétents et dévoués au service du pays. Ce sont ces éléments utiles, ces facteurs humains extrêmement précieux, qui se trouvent sacrifiés sur l’autel d’une imbécile gestion des affaires de la nation. Au sein de notre administration, il existe quantité de femmes et d’hommes compétents, animés de volonté d’améliorer le service public, de faire bon usage de leurs compétences  en vue de hâter la construction d’un vrai Etat de droit, cette anti- thèse des  « passe-droit », des injustices qui sortent de biais, de l’arbitraire qui ne dit pas son nom, mais ils sont brimés et bridés. Ils n’ont point les coudées franches, car ils sont garrottés par mille et une contraintes. Les voix justes sont étouffées comme le sont les compétences . Aujourd’hui, on craint moins de faire l’éloge de la paresse, de la corruption, et de l’injustice que la dénonciation de leurs méfaits. Dénoncer les incompétents, les corrompus, l’injustice et l’arbitraire on court en effet  le risque d’être poursuivis pour diffamation…Se taire, fermer les yeux sur ces pratiques délétères, c’est « sauver sa peau », et ceux et celles qui optent pour cette attitude soumise, défaitiste ou fataliste, sont de mauvais citoyens qui ne se rendent pas compte qu’ils ne servent pas le pays, mais le desservent par cette posture négative.

Autant  que la corruption et l’injustice, l’incompétence et le dilettantisme sont source de régression et d’appauvrissement du pays. C’est pourquoi, le combat de ceux qui aiment leur pays, devra aussi se diriger contre les incompétents qui peuplent certaines de nos institutions et qui empêchent l’Etat de se mettre d’aplomb, debout… Mais il semble bien que l’incompétence s’accommode  d’avec la corruption si elle s’arcboute pas sur elle…Ma conviction est que l’affaissement de l’esprit patriotique, la désaffection envers le pays, a eu pour conséquence immédiate le développement exponentiel de la corruption sous toutes ses formes et la promotion  concomitante de l’incompétence généralisée au détriment du savoir-faire et de l’efficacité…d’où s’explique le culte de l’argent, de l’aspect purement matériel, au détriment des valeurs patriotiques, éthiques, intellectuelles et même morales : je pense à l’hypocrisie religieuse, et à l’usage abusif de  l’islam par certain à des fins mercantiles…Telle est la conclusion provisoire du présent article….

*Ahmed Rouadjia est docteur en histoire, professeur à l’Université de Msila et directeur du Laboratoire de recherche d’histoire, de sociologie et des changements sociaux et économiques. Il a notamment publié Les Frères et la mosquée. Une enquête sur le mouvement islamiste en Algérie (Karthala, 1990), Grandeur et décadence de l’Etat algérien (Karthala, 1994) et Les Enfants illégitimes de la République (Maisonneuve et Larose, 2004) ; de Le Mangement. Etude à l’usage de l’entreprise, Alger, éd. Chihâb, 2010. Il est également auteur d’articles nombreux dans des revues scientifiques et co-auteurs de plus de quinze ouvrages, publiés en Europe dont deux en Algérie.

 

[1] Web of Science  (WOS) est une plate forme de base de données bibliographiques scientifique payante de la société américaine Thomson Reuters . Cf. http://apps.webofknowldge.com

[2] Scopus est une base de données bibliographique scientifique, également payante, de l’éditeur commercial néerlandais : ELSEVIER . Cf. http://www.scopus.com

[3] En novembre 2005, Jorge E. Hirsch publie dans les PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences)un article intitulé An index to quantify an individual’s scientific research output,[ Un indice pour quantifier les résultats d’une recherche scientifique]dans lequel il propose le concept d’ « indice h ». Dans le rapport entre un nombre total de publications et leurs citations  » il fait glisser un curseur jusqu’à l’obtention d’une coïncidence approximative entre un nombre équivalent de publications et de citations. Sur la durée correspondant à celle de la base consultée (partant concrètement de la date de début de la souscription au Web of Science par l’organisme au sein duquel elle est consultée) on considère qu’un chercheur a un facteur H de 75 si, sur un total de x publications dont il est (co-)auteur, il en existe au moins 75 ayant été citées au moins 75 fois. » in Manuel Durand-Barthez « L’ ́évaluation des publications scientifiques : nouvelles approches, nouveaux enjeux » (https://hal.archives-ouvertes.fr/sic_00589641/document

[4] Le Web of Science est, comme je l’ai indiqué précédemment,  un service d’information universitaire en ligne produit par la société ISI ( Institute Scientific  for Information de Thomson), qui est une  division du groupe canadien Thomson Reuters, lequel donne accès à sept bases de données bibliographiques, à savoir : Conference Proceedings Citation Index ; Science Citation Index Expanded ; Social Sciences Citation Index ;Arts & Humanities Citation Index ; Index Chemicus ; Current Chemical Reactions ;Conference Proceedings Citation Index: Science and Social Science and Humanities

[5] E-Mail reçu dans ma boite électronique le 22 juillet 2016. Le 20 septembre , je réponds à cet e-mail par cette formule laconique :

« Bonjour

Je vous envoie ci- infra la référence me concernant.

Ahmed Rouadjia, prof :

https://scholar.google.com/citations?user=ZsP8rZYAAAAJ&hl=en

 

Que le lecteur me permette de lui livrer ce témoignage : le 7 mars 2017, je me suis rendu au siège de la DGRSDT. Là, je me suis entretenu avec quelques collègues dont M. Aissa MEFEDJAKH lui-même. De fil en aiguille, on en arrive justement à soulever  la question de l’évaluation. Il me dit textuellement, et sans crier gare : « Toi, ROUADJIA, tu écris beaucoup, mais tu n’es pas mentionné ni par  Le Web of Science ni par Scopus. » Mais « je suis cité par Google ! » lui ai-je répliqué . A quoi il me répond : « Mais Google cite tout le monde ! » A cette réponse, je me suis tu. Je voulais un instant lui dire que les deux services d’information en ligne, le Web of Science et Scopus, cite également mes travaux, mais je m’étais abstenu dans le but d’éviter une controverse inutile avec un personnage imbu de lui-même. Alors que la DGRSDT nous invite à créer notre profil GOOGLE SCHOLAR pour plus de visibilité, M. Mefedjakh, lui, minimise l’utilité de ce moteur de recherche pour l’information scientifique et pense que même une femme de ménage de l’université de Msila pourrait créer son profil Google Scholar !

 

 

 

 

 


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6 Commentaires sur cet article

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  • water water
    2 avril 2017 at 18 h 57 min - Reply

    Un fonctionnaire n’a jamais dit qu’il était expert, meme s’il faisait expert.
    Les experts toute catégorie n’ont que le mot, il faut d’abord apprendre, décerner l’accessoire de l’important, étaler son ignorance à volonté pour gagner l’éstime et ne jamais troncher vif et laisser place au doute, on apprend parce qu’on ignore.

    Moralité, on est jamais expert sauf en république et dans ce cas, on a un expert tiroir caisse pour ne pas dire autre chose.

    La France république a fabriqué des experts qui ont fait sa faillite.




    3
  • AISSAOUI MOULDI
    3 avril 2017 at 18 h 31 min - Reply

    Bonjour Monsieur AHMED ROUADJIA
    Je voudrais vous exprimer toute mon admiration et mon grand respect pour tout ce que vous représentez de vivant et de conscient dans la société Algérienne .Je me pose toujours la ,question de la distance entre nos élites réelles et militantes et la majorité de nos concitoyens livrés à eux memes et complètement déconnectés des défis réels de notre pays.

    Avec ma trés grande considération.

    MOULDI AISSAOUI




    4
    • NOUR
      7 avril 2017 at 17 h 58 min - Reply

      <>.
      .
      Pour dire  » la majorité de nos concitoyens…  » ça demande des sondages rigoureux , scientifiques et indépendants…, de la science humaines, sociale, comportement…ect.

      LA QUESTION :

      POURQUOI EN ALGÉRIE IL N’EXISTE PAS DE COMPAGNIES PRIVÉS DE SONDAGES ????

      Réponse : la liberté en Algérie se résume à boire, manger et faire des enfants.




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  • ROUADJIA
    5 avril 2017 at 17 h 41 min - Reply

    Bonjour Monsieur AISSAOUI MOULDI

    Juste pour vous dire : merci pour votre commentaire laconique…




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  • Quand le fonctionnaire dépourvu de qualification s’érige en expert  scientifique. | Presse et Actualité – Revue de Presse Généraliste
    6 avril 2017 at 2 h 03 min - Reply

    […] de déterminer et  le nombre de publications d’un chercheur et celui de citations correspondantes[3]. C’est là qu’intervient  en effet Le Highly Cited[Le très fréquemment cité] qui est une […]




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  • ROUADJIA
    7 avril 2017 at 22 h 49 min - Reply

    Quel crédit accordé à Scholar Google par rapport au Le web Science et Scopus? Et à titre purement indicatif, je renvoie mes lecteurs et mes concitoyens au lien suivant :
    Rouadjia Ahmed – اقتباسات الباحث العلمي من Google
    https://scholar.google.ae/citations?user=ZsP8rZYAAAAJ&hl=ar




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  • Congrès du Changement Démocratique