Édition du
24 June 2017

Le discours religieux face à l’Histoire.

 

«Ô toi le naïf, consulte la raison, si tu en as une. Toute raison est un Prophète. » Abul Alaa Al-Maarri 
 (Penseur Syrien 973-1057)

Dans une archéologie de la pensée islamique qui reste à inventer, aborder la question de la rationalité du discours religieux impliquerait sa diffraction à travers le grand prisme de l’Histoire afin de relever au grand jour les strates qui le construisent.

Essayer de démystifier sa genèse dans son intégralité revient à définir d’abord un ordonnancement conceptuel qui serait adéquat. Pour ce faire toute modélisation permettant de jeter les jalons d’une telle réflexion doit accepter comme postulats :

1- L’existence d’une histoire de la vérité (Déclinaison historique des faits naturels des Sciences).
2- L’existence d’une historicité de la raison (Déclinaison historique des méthodes de production des idées et des normes).

La validité des arguments et du raisonnement engagées sont situées dans l’espace temps, le nôtre, où il nous faut questionner sans détours notre devenir dans la trame de l’Histoire.

Notre présente crise n’est nullement inédite mais s’inscrit dans la grande tragédie humaine dont sa plus grande dramatique illustration ; notre propre aliénation.

Si dans cette démarche, notre premier mouvement se mesure à l’irrationalité apparente du temps présent, il est à remarquer que notre existence est confrontée à un discours religieux envahissant, dans notre rapport à notre quotidien, entre divers groupes sociaux, au sein même de ces ensembles humains, et surtout et en finalité en nous-mêmes.

D’autre part, ces confrontations s’inscrivent dans un contexte, où pour essayer de comprendre leur interdépendance, on est pressé à chaque instant à évaluer le rapport entre rationalité et foi.

Dans cette logique, la relation de la foi au concept du libre arbitre doit être appréhendée afin de saisir comment ce dernier (le libre arbitre) a pu devenir structurant pour la vie humaine à la lumière des grandes transformations scientifiques, puis destructeur et porteur de régression sous l’étendard d’un discours religieux fossilisé.

De cette proposition découle un corollaire : la causalité divine ne peut interférer avec la recherche scientifique. Et que dire que Dieu maintient l’univers dans l’existence, ou qu’il a « programmé » les lois de la nature, ce n’est pas empiété sur le terrain de la science.

Mais dire que Dieu est la cause de la vie ou qu’il a guidé l’évolution de notre lignée, en outrepassant les mécanismes normaux des mutations aléatoires et de la sélection, c’est bien différent ; à fortiori pour les récits de miracles. (Le fameux débat, toujours d’actualité jamais clos entre El Ghazali et Ibn Rushd).

Appréhender cela, c’est réaliser que la nature n’est plus un objet de contemplation, un espace cosmique rempli de forces énigmatiques et spirituelles, un ordre que l’homme se doit de respecter sous peine d’avoir le sentiment d’opérer une transgression.

La nature devient un espace neutre que la science peut transformer par l’action. Le monde se découvrant aussi comme un espace matériel manipulable, domesticable, où l’homme peut se réaliser.

D’un autre côté, le discours religieux interne à la société se décline parallèlement face à son historicité – élément de tout temps occulté. Ainsi sa genèse, évolution et sa dynamique ne peuvent être vues que comme produits des grandes confrontations historiques ; d’où sa temporalité.

Tout cela sans dissimuler notamment que si le religieux travaille, influence et façonne la conscience de chaque être – définit principalement dans son rapport à l’autorité et à l’interdit ; ce n’est pas la conscience des hommes qui déterminent leur existence, c’est au contraire leur existence sociale qui détermine leur conscience. Alors tout discours religieux est composante prenante de cette même existence sociale.

Et finalité, et en dissidence avec l’histoire classique des sciences religieuses, nous concluons que le discours religieux n’est pas hors de la science ou du savoir humain, figé dans l’espace temps – que c’est dans l’ordre du évènementiel qu’il est édifié.

Il ne consiste pas donc en une conquête d’une science première qui lui serait extérieure et qu’il aurait à découvrir mais qu’il est une construction sociale façonnée par les saillies l’Histoire, dont il épouse les formes et les contenus.

Khaled Boulaziz


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2 Commentaires sur cet article

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  • BOUDJELLAL
    28 avril 2017 at 13 h 49 min - Reply

    bonjour cher « quotidien d’Algérie ». BON JOUR A TOUt LE PERSONNEL
    Tout d »abord permettez-moi de vous dire ma déception , de n’avoir pas pu commenter,
    le manuscrit de monsieur l’ambassadeur TAHAR GAÏD SUR SA DISSERTATION CONCERNANT LE Q’orane et cela uniquement parceque j’ai perdu la page où il fallait répondre ;néanmoins j’ai trouvé beaucoup d’intérêt sur les bienfaits du livre saint, concernant l’éducation et l’instruction sur le parcours de notre vie terrestre .
    Permettez-moi de vous avouer que, jamais je n’ai eu la prétention d’êcrire . mais il m’arrive de lire beaucoup , et , cela me poussait à réagir parfois malgré moi à rétablir la vérité . C’est surtout les mensonges ou les mauvais parti-pris qui ont révéllé en moi la critique.
    C’est ainsi qu je me suis engagé à faire éditer un manuscrit dont le titre est « histoire de l’Algérie SANS LANGUE DE BOIS  » veillez trouver ci-après un chapitre
    ainsi conçu………OU
    NAISSANCE DE L’ISLAM:

    C’est la 3° religion monothéiste , sinon la 2°, car je ne vois pas de monothéisme dans le christianisme avec cette trinité  » le père , le fils et le saint esprit » , qui va bouleverser l’équilibre instable d’un monde en pleine mutation. Partie de l’Arabie désertique en deux branches, l’une vers l’est l’autre vers l’ouest , elle s’étend de la Chine à l’Atlantique : c’est l’islam qui va prendre sa part de gloire dans tous les pays qu’il aborde et qu’il va traverser.
    La nouvelle religion retient ce qui est bien et rejette ce qui est incorrecte , aussi bien dans la bible que dans l’évangile ; elle rajoute ce qui leur a manqué c’est la religion modene , par excellence , qui s’accorde avec la science d’une façon harmonieuse, si bien que jusqu’à nos jours on n’a pas fini de découvrir dans le « quor ‘ an » certains phénomènes de la nature, ignorés jusqu’à ce jour. (Pour connaître la valeur de cette religion, Il faut lire,
    l’excellente oeuvre du savant MAURICE BUCAILLE : LE CORAN LA BIBLE ET
    L’EVANGILE) .
    Je suis obligé de m’étendre un peu plus sur cette religion décriée par les nihilistes, athées ou autres mécréants qui la montrent d’un doigt inquisiteur parce qu’elle supplante celles des gens dits du « livre » C’est-à-dire le judaïsme et le christianisme religions plus anciennes qu’elle. La religion de l’islam ‘est la religion du progrès ; c’est un don du ciel pour l’humanité et surtout pour les pays entièrement soumis à la féodalité: elle prône la liberté, l’égalité et la fraternité entre les musulmans . Elle supprime les frontières dans la’houmma al islamisa ». Puis-je affirmer sans me tromper que la révolution française de 1789 ainsi que l’union européenne du 20° siècle sont une copie conforme de cette religion
    nouvelle .celle-ci abolit l’esclavage et le prophète DE DIEU MOUHAMMAD (salaâma) a
    été le premier à en donner l’exemple en affranchissant son esclave Le célèbre BILAL dont il a fait « le mouadden » autrement dit le muezzin qui appellent les pratiquants à la prière dans les mosquées. C’est aussi la première démocratie de son temps puisque, le droit divin n’existe pas , comme dans d’autres pays , où le roi remplace dieu . Pour l’islam il n’y a pas de hiérarchie ni d’intermédiaires : LE RELIGIEUX est directement face à l’éternel ; »ouâboudou allaha wa la touchricou bihi chaÏane »
    mais dirait-on , dans les mosquées l y a bien des imames qui conduisent la priére ? C’est vrai ; mais dans ce cas précis , ce sont les pratiquants qui choisissent leur conducteur et non l’état , comme aujourd’hui , ce qui est une déviation grave à l’islam et par incidence une déviation à la démocratie hypocrite ,chère aux mécréants de l’époque qui discriditent l’islam; et en poursuivant les bienfaits de l’islam que la religion musulmane où jusqu’à nos jours est la meilleure protectrice du genre humain ; contre les maladies de toutes sortes et que nous allons appeler l’hygiène corporelle, grâce aux ablutions dites purgatives. Avant d’aller à la prière chaque adepte de l’islam doit se laver différentes parties du corps. je rappelle aux détracteurs de l’islam que jusqu’au dix-septième siècle LOUIS 14, roi de
    France dit ROI-SOLEIL ne se lavait pas le visage à son réveil, malgré la smala présente pour son entretien à chaque réveil. Encore un mot et j’en ai fini avec cette religion divine ; le prophète de l’islam a été le meilleur et le premier écologiste du monde .Déjà à cette époque il recommandait aux musulmans de ne pas abuser du gaspillage de l’eau mêmeen faisant leurs ablutions au bord de la mer. Dans un hadith MOUHAMAD (SALAÂM) l’envoyé de Dieu a conseillé aux fidèles d’ALLAH de ne pas être extrémistes et que la meilleure disposition est le juste milieu : sur ce point ,son meilleur adepte se trouve être lecélèbre comédien français du 17 ° siècle du pseudo MOLIERE : « la parfaite raison fuit toute extrémité et veut que l’on soit sage avec sobriété » Une dernière recommandation aussi bien esthétique que médicale : manger modérément et avec mesure dont un tierspour la nourriture ,un tiers pour l’eau et le dernier tiers pour l’air . Si l’on devait étaler tous les bienfaits de cette religion, il faudrait plusieurs volumes mais ce n’est pas mon but pour l’instant, et si j’ai fait allusion à cette religion c’est parce que elle s’est intimement diluée dans tout ce qui se rapporte à notre vie de musulmans depuisplus de 14 siècles




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  • water water
    18 mai 2017 at 19 h 09 min - Reply

    Dans l’Islam, il n y a pas de discours religieux.
    Dans l’Islam , il n y a pas d’hommes religieux.

    Le serment présidentiel, « application de la pensée humaine et respect de l’Islam ».
    On ne respecte pas une chose en nous, on respecte toujours, ce qui nous est étrange.

    Dans un bled où meme le serment présidentiel reste à coté. circulez y a rien à voir.




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