Édition du
24 November 2017

Université, les recteurs du malheur

mercredi, 21 juin 2017 06:00

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Écrit par Nordine Azzouz

Un professeur d’université est mort avant-hier des mains d’étudiants. Peu importe que ses assassins aient fréquenté ou non ses cours, ces criminels viennent de la communauté universitaire.

Ils l’ont tué parce qu’ils n’ont pas accepté qu’il refuse la complaisance et la compromission à bien noter un travail qui ne mérite que la sanction et le blâme. Ils l’ont massacré parce qu’il n’a pas voulu se rendre complice de la médiocrité et de l’échec que bien des recteurs du malheur et de la misère intellectuelle encouragent, par inertie ou en sous-main, mais toujours pour de scabreux calculs d’intérêts à mille lieues de l’esprit et de l’éthique universitaires.
La chronique universitaire de ces dernières années est suffisamment saturée d’affreux scandales et de confidences sulfureuses sur la manière dont certains centres et campus sont gérés pour qu’on aboutisse vite à la conclusion que le pire tant redouté devait arriver. Et il arriva ! Rien n’a suffi à la tragédie qui se déploie sous nos yeux : ni le bon sens ni les alertes que de nombreux enseignants n’ont cessé de lancer, au risque de leur peau et de la menace exercée sur leur carrière. Le fait que les meurtriers du docteur Sarhane Karoui ne figureraient pas dans le groupe d’enseignés qu’il dirigeait comme cherche à le faire entendre le ministre de l’Enseignement supérieur importe peu face à l’ampleur de la tragédie et ses conséquences.
C’est un détail que M. Hadjar veut idiotement mettre en avant pour noyer le poisson déjà mort et dissimuler une vérité étalée tous les jours dans la presse : l’université est devenue un milieu pourri par la médiocrité et gangrené par la violence, un foyer pour délinquants capables de tout pour arracher sans le moindre effort et au mépris des règles de sélection des notes et des diplômes susceptibles de faire d’eux des… ministres. Derrière la sottise du ministre, point de hasard, cependant. M. Hadjar réagit ainsi pour faire oublier que s’il y a un responsable dans ce qui arrive à l’université et le bourbier que c’est devenu, c’est bien lui. Son attitude, comme celle de ses récents prédécesseurs, a toujours été de se dédouaner de sa mission de préserver l’intégrité et la crédibilité de l’université, en veillant à faire valoir la méritocratie que ses murs et ses amphis doivent respirer en tout temps et en toute situation, en protégeant les enseignants de tontons-potaches planqués dans d’équivoques syndicats étudiants ou agissant en clans protégés pour jouer du coup de poing et de l’intimidation. En lieu et place, il a préféré faire l’autruche jusqu’à ce que l’université soit devenue une affaire de ministère de l’Intérieur et de police. Quel gâchis !


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9 Commentaires sur cet article

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  • bourdouz abdennacer
    23 juin 2017 at 0 h 13 min - Reply

    ……Et quel gâchis !




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  • malik
    23 juin 2017 at 2 h 04 min - Reply

    LE FAIT QU IL N’Y AVAIT QUE QUELQUES CHATS LORS DU RASSEMBLEMENT QUI AURAIT DU REUNIR TOUTE LA COMMUNAUTE UNIVERSITAIRE ENSEIGNANTS ET ETUDIANTS N EST POINT DU A UN JMENFOUTISME ! LES GENS SONT DESARMES ILS PLEURENT LEUR COLLEGUE TUE PAR SES ENFANTS SPIRITUELS TOUT EN AYANT CONSCIENCE QUE RIEN NE BOUGERA ET RIEN NE SERA FAIT POUR REGLER LA CHUTE LIBRE DE NOTRE UNIVERSITE. ILS ONT GAGNE ET ON N A PLUS QUE NOS YEUX POUR PLEURER NOTRE UNIVERSITE.




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  • djamel
    23 juin 2017 at 20 h 00 min - Reply

    Quand le bateau prend de l’eau de toute les parties de sa coque lequel faudra-t-il boucher ?




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  • Farid
    24 juin 2017 at 15 h 12 min - Reply

    A L’USTHB des enseignants sabotaient des etudiants en leur donnant des mauvaises notes juste parcequ’ils n’assistaient pas a leurs cours, je me souviens qu’il y avaient des profs qui allaient chercher leurs etudiants qui preferaient assister aux cours magistraux d’autres enseignants plus competents, et je parle en connaissance de cause,et quand ils ne reussissent pas et les faire revenir dans leurs amphitheatres, ils les sabotaient en les obligeant a refaire leurs modules, personne n’en parlait, l’enseignant algerien est un dictateur, et l’etudiant est musele et n’a aucune option, il faut aller aux sources du probleme !




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  • malik
    25 juin 2017 at 2 h 14 min - Reply

    A FARID IL Y A AUSSI DES ETUDIANTS QUI COMME VOUS CROIENT REUSSIR EN N ASSISTANT JAMAIS AUX COURS DONC IL LEUR FAUT LA TRIQUE ET LA DICTATURE




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    • Farid
      2 juillet 2017 at 4 h 15 min - Reply

      A Malik ;
      Avant de juger une personne, il faut la connaitre, lisez ce que je dis ! des etudiants d une autre section preferaient assister aux cours du Dr Faied en Atomique plutot qu’aux cours du charge de cours Amokrane dans les annees 88 pour aller dans les details, pour votre information, un certain charge de cours incompetent du nom de Zerzour qui enseignait la RDM(Resistance des materiaux) a coute 2 annees blanches aux etudiants en geni-civil a cause de leur greve, personne ne voulait ecoutait ni le rectorat ni la tutelle ( E.S ) ne me juger pas parceque vous ne me connaissez pas ! je suis ingenieur en electronique option commnication et j’ai eu le privilege de voir le systeme d’evaluation des enseignants au Canada en se basant sur leur competence et rien d’autre.




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  • TSOUFIQ18
    25 juin 2017 at 10 h 14 min - Reply

    La mort lente et programmée de l’université algerienne avait commencé avec l’arabisation des sciences sociales et humaines;
    L’Aabisation de la sociologie des sciences juridiques la philosophie et plus tard l’economie et des sciences po avait pour seul et unique objectif la sterilisation de la pensée et l’aneantissement de tout esprit critique chez les talabas dont bon nombre sont devenus quasiment des talibans;
    Le second coup de grace asséné à l’université le fut à travers la creations de centres universitaires dans chaque DOUAR. La regression infeconde conjuguée avec une decennie de violece innouie ou ce qui restait de l’élité universitaire avait finie soit sous la lamme des sicaires des deux bords soit contrainte à l’exil;
    La politique de sabordage entammée dans les années 70 à donné tous ses fruits présentement:

    Arabisation + Université dans chaque Douar + Décennie rouge = Abrutissement + Regression + Délitement .

    La reussite de l’echec est totale




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    • Sousou
      2 juillet 2017 at 10 h 55 min - Reply

      Et dire qu’il y a des activistes qui voudraient l’amazighisation ou la daridjisation de ces sciences!
      Là on ne serait pas loin du gouffre qui irait anéantir tout espoir en délaissant des langues vivantes universelles
      Comme l’anglais,le français ou même l’arabe..




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  • Dendane sid’Ahmed
    15 juillet 2017 at 9 h 59 min - Reply

    L’Université doit cibler la qualité de l’enseignement et non la quantité : le nombre d’étudiants,futurs chômeurs.L’Algérie est en danger. Il faut faire qc.




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  • Congrès du Changement Démocratique