Édition du
20 October 2017

Politburo

El Watan le 05.07.17

On en est encore à censurer à l’université algérienne. Comme au bon vieux temps du parti unique et de son bureau politique qui distribuait des doctorats à ses membres.

L’Affaire de la doctorante Leila Sidhoum renseigne sur une vérité tant occultée où des chercheurs, doctorants font les frais d’un système qui régit l’université. Un lieu où l’excès de zèle, l’abus de pouvoir et la médiocrité règnent en maître. Un système formé par une kyrielle d’agents rompus à l’exercice des mesures prophylactiques héritées des politburo de l’ère soviétique.

Ces serviteurs zélés sont prêts à sévir et à agir en cas de besoin. Ils doivent bien cela à la police politique qui les a désignés et promus à ces postes de responsabilité. Un pacte tacite. Ces obligés du système politique sont à la fois son bouclier et son glaive. Ils décident des plans de carrière, des facilités de publications, de la participation aux colloques ou bien de la délivrance des autorisations de voyage à l’étranger pour des congrès souvent bidon… ou simplement de l’isolement professionnel.

Fiers de leur état de servitude, la tentation est devenue tellement grande que certains se voient ballottés entre une prétention mandarinale et un avilissement délateur pour atteindre le haut de la hiérarchie. Quitte à piétiner les lois de la République et enfreindre la loi suprême : la Constitution. Car dans cette aff aire, il s’agit bien d’un acte anticonstitutionnel caractérisé et passible de poursuites judiciaires en attente de promulgation.

Des sanctions qui restent à imaginer. La liberté académique étant consignée et garantie par la Constitution, nul n’a donc le droit de l’outrepasser. Les habitudes ont la vie dure et l’impunité est assurée aux affi dés du pouvoir qui ne se sentent en aucun cas obligés de rendre des comptes ou payer de leur crime.

Leila Sidhoum paierait certainement cher son courage d’avoir dénoncé cet acte de censure qualifié. D’autant que cette affaire implique indirectement les services de la sécurité présidentielle, donc par ricochet le président de la République qui voit encore une fois son image étrillée, lui qui a signé de sa main la nouvelle Constitution.

Alors que les choses soient claires, car l’Etat qui veut assainir ses rangs doit d’abord commencer par élaguer ces poids qui par larbinisme arrivent à contrarier les décisions régaliennes. Il est des volontés de bien faire, lorsqu’elles sont malintentionnées nuisent même à l’être cher. Il est temps que cesse l’impunité.

Zouheir Ait Mouhoub

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3 Commentaires sur cet article

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  • Salim METREF
    5 juillet 2017 at 21 h 49 min - Reply

    Voila une situation qui comme d’autres dans d’autres domaines va sans doute constituer du pain béni pour ces «ONG» qui n’aiment pas particulièrement notre pays et qui se feront un malin plaisir à en consigner tous les détails pour au final rédiger leurs rapports annuels dans lesquels nous allons encore dégringoler de quelques places dans les « classements internationaux » notamment ceux relatifs aux droits de l’homme et à la liberté d’expression.
    Beaucoup se tuent à mettre leurs idées au service de la grandeur de ce pays et du développement de sa puissance dans un contexte international menaçant de ses puissants qui veulent nous démembrer.
    Beaucoup doivent cesser d’apporter, souvent sans le savoir, du grain à moudre à ceux qui cherchent assidûment un angle d’attaque pour nous réduire en miettes.
    Alors ne réduisons plus et par nous-mêmes notre intelligence au silence et mettons la plutôt au service de notre patrie. Nous en avons pas de seconde.
    Cette situation doit vite connaître son épilogue et Mme SIDHOUM recouvrer ses droits légitimes de soutenir sa thèse et d’obtenir son diplôme
    Monsieur SIDHOUM et sa famille méritent amplement et pour leur droiture et leur amour de ce pays soutien, respect et sympathie.
    En ce 5 juillet 2017, Gloire à nos chouhadas.




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    • Salah-Eddine SIDHOUM
      5 juillet 2017 at 22 h 25 min - Reply

      Merci cher frère pour votre soutien. Juste pour vous préciser que ma fille a soutenu sa thèse avec mention « très honorable ». Mais le faisant fonction de doyen intérimaire refuse de lui signer son diplôme, jugeant sa thèse « subversive », violant la souveraineté du Conseil Scientifique et du Jury. Ce sont ces comportements irresponsables et opportunistes qui donnent du grain à moudre aux étrangers et non pas les plaintes des victimes.
      Cordialement.




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      • Salim METREF
        5 juillet 2017 at 23 h 25 min - Reply

        Cher Monsieur SIDHOUM.
        Absolument.
        Ce sont ces comportements qui nuisent à la réputation de notre pays.
        En tous les cas mes felicitations pour cette brillante soutenance.
        Ayant été moi-même et comme vous le savez victime à plusieurs reprises
        d’intimidations, je me suis demandé parfois s’il s’agissait vraiment d’actes prémédités
        ou plutôt de l’oeuvre de personnes qui ont agi seuls, voulant être plus royaliste que le roi.
        En tous les cas je me demande si ce cas de censure plaira en haut lieu et s’il n’y aura pas en l’occurrence de retour de manivelle car la priorité à l’heure actuelle pour les pouvoirs publics est plutôt de redonner des couleurs à notre image à l’étranger d’autant plus et comme vous le savez notre pays, son histoire et ses énormes potentialités méritent meilleur sort en la matière.
        Bien à vous




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    Congrès du Changement Démocratique