Définition et comportement des hypocrites. (1ere partie). Définition et comportement des hypocrites (2e partie)
Édition du
21 August 2018

Définition et comportement des hypocrites. (1ere partie). Définition et comportement des hypocrites (2e partie)

 

 première partie

Par Tahar Gaïd

 

Ensuite, la sourate a été prolixe en parlant des attributs des hypocrites. Elle a détaillé leur comportement dans treize versets, chacun d’eux décrit un aspect, au nombre de dix, de leur portait en employant des mots aussi exécrables qu’affreux les uns que les autres. Chacun d’eux indique l’enracinement de ces hypocrites dans l’égarement, à savoir le mensonge, la trahison, la tromperie, la perversité, la moquerie à l’égard des versets de Dieu, la corruption sur terre, l’ignorance, l’égarement, l’irrésolution et la raillerie vis-à-vis des croyants.

 

8 – Il est parmi les gens qui disent : « Nous croyons en Dieu et au jour dernier » mais ils ne sont pas croyants. Il existe une catégorie de gens qui se caractérisent par leur hypocrisie. Ils affichent extérieurement ce qui est systématiquement opposé à ce qui existe dans leur for intérieur. Ils sont musulmans par leurs langues mais leurs cœurs sont incroyants. En effet, ils affirment qu’ils tiennent pour vrai ce qui provient de Dieu. Cependant, en réalité, ce qu’ils disent n’est que mensonge. C’est que la foi n’a pas encore pénétré leurs cœurs.

            Dans la vie de ce monde, les gens sont soit croyants, soit mécréants, soit hypocrites. Il n’y a pas de troisième voie. Dès le début de la sourate, Dieu a voulu nous donner la description de toute l’humanité. Il en a déterminé trois catégories d’hommes en son sein. La première est définie par le second verset de la sourate. La deuxième est connue par les deux versets suivants. Quant aux hypocrites, leur définition s’étend sur treize versets continus car leur danger est plus dangereux pour la religion de Dieu qu’est l’Islâm. Ce sont eux qui la détruisent, du moment qu’ils prennent les croyants par traîtrise et opèrent un travail de sape et de destruction. Quant aux mécréants, nous les connaissons dès lors qu’ils annoncent publiquement leur impiété. Aussi, prenons-nous toutes les précautions à leur égard et nous mettons en garde ceux qui ne les connaissent pas. Ils ne risquent pas de nous leurrer.

Ainsi, nous prenons les hypocrites pour des croyants mais, en prenant connaissance de leurs secrets intimes, nous constatons qu’ils cachent la mécréance à leur entourage. Ils s’arment précisément de cette ignorance des gens, quant à leurs croyances religieuses, pour les poignarder dans le dos et larder la religion qu’ils pratiquent.

 

Dieu a créé en l’homme de nombreux dons. Pour qu’il vive en paix avec lui-même, il faut que ces aptitudes soient harmonieuses et non pas contradictoires. Celles du croyant sont ajustées et équilibrées parce qu’il a cru avec son cœur et sa langue a prononcé en quoi il a cru. Il n’y a donc jamais de contradiction entre les dons qui sont en lui.

 

Le mécréant vit également, à sa manière, en paix avec lui-même. En effet, il a rejeté la foi et a nié Dieu avec son cœur. Et il a  énoncé son impiété avec sa langue, sans scrupule. Mais celui qui a perdu la paix avec ses dons, c’est bien l’hypocrite. Il n’est en paix ni avec sa société ni avec lui-même. Il dit avec sa langue ce que son cœur ne partage pas. Il parle de choses qu’il n’admet pas au fonde de lui-même. Il craint que les gens découvrent son double jeu. Il vit, en réalité, dans une peur profonde, pendant que son état est provisoire. Cependant, cette contradiction restera avec lui jusqu’au dernier jour de ce monde d’illusions. Elle l’accompagnera dans l’Au-delà. Elle sera la cause de son supplice en Enfer. « Et quand ils parviendront, leurs oreilles, leurs yeux et même leurs peaux témoigneront contre eux pour dénoncer leurs agissements. * « Pourquoi témoignez-vous contre nous ? », diront-ils à leurs peaux. Et celles-ci de leur répondre : « C’est Dieu qui nous a fait parlé, comme Il fait parler toute chose. N’est-ce pas Lui qui vous a créé une première fois et vers qui vous faites maintenant retour ? » (S.41, 20 et21)

 

Donc, tous les dons de l’hypocrite s’envoleront le jour dernier. Ils ne réaliseront la paix, qu’ils aspiraient atteindre, ni dans ce monde ni dans l’autre. Sa langue témoignera contre lui. Ses deux mains témoigneront contre en lui. Sa peau témoignera contre lui. Que lui restera-t-il ? De nombreuses contradictions le séparent de Dieu. Il en est de même avec lui-même et avec sa société. Telle est le premier trait de caractère de l’hypocrite.

 

9 – Ils pensent tromper Dieu et ceux qui croient ; mais, en réalité, ils ne trompent qu’eux-mêmes, sans en avoir conscience. Ces gens, aux doubles faces, s’imaginent qu’au moyen de leurs fausses paroles, ils se joueraient de Dieu et de Ses sincères et honnêtes serviteurs. En réalité, leur ruse finira par se dévoiler. Ils se leurrent eux-mêmes alors qu’ils n’en ont pas conscience car ils ignorent que Dieu connaît le fond de leur pensée. Gare à eux ! Ils mettent en danger leurs personnes et disposent leurs âmes à la perdition.

 

            Ce verset énonce le second trait de caractère de l’hypocrite ; il indique leur imprévoyance et l’idiotie de leur mécréance. Ils espèrent, qu’avec leur double jeu, tromper Dieu. Comment un humain peut-il compter leurrer son Créateur, Seigneur des univers ?

 

Dieu connaît parfaitement Ses créatures en toutes choses. Il est au courant de ce qu’ils dissimulent dans leurs entrailles. Aucun secret ne lui échappe. Il connaît même ce qui se trouve au-delà du secret ? Mais existe-il une chose au-dessous de cet inconnu ? En effet, le secret c’est ce que nous dévoilons uniquement à une seule tierce personne. C’est comme s’il était  connu par deux individus. Au-dessous de ce qui a été soufflé à un confident, il reste ce qui a été gardé en soi-même et qui ne sera nullement communiqué à quiconque. Il demeurera toujours celé dans le coeur sans jamais être divulgué. Mais aucun fait, si hermétique soit-il, ne se dérobe devant la Vigilance de l’Omniscient. « Que tu élèves ma voix ou non, Il connaît tous les secrets et même les pensées les plus intimes. » (S.20, 7)

Il n’existe pas une créature qui puisse tromper son Créateur. Mais l’imprudence et la négligence de certaines personnes le leur font croire. Dans de tels contextes, il n’y a aucune paix entre eux et Di. Au contraire, il ne peut naître que colère et exécration.

 

Enveloppés de leur mensonge et leur sournoiserie, les hypocrites s’imaginent tromper également les croyants car ils disent devant eux ce qu’ils ne pensent pas réellement. Cependant, cette tromperie est une misère de l’homme sans Dieu, du moment qu’ils vivent dans une crainte permanente. L’angoisse, d’être dévoilés, les perturbe. En effet, lorsqu’ils tiennent des conciliabules entre eux, ils s’assurent préalablement qu’aucun croyant n’écoute leurs divagations et qu’aucun ne pénètre inopinément dans leurs cercles. Sans en prendre conscience, la peur emplit leurs cœurs. Au milieu des croyants, chacun d’eux craint qu’une parole lui échappe et révèle son hypocrisie et sa mécréance.

 

C’est ainsi qu’il n’y a aucune paix entre les hypocrites et les croyants. Quant à Dieu, Il n’ignore pas leurs faux comportements. Il avertit les fidèles qu’il peut les dénoncer d’une manière ou d’une autre, d’un part et que d’autre part, ils sont reconnaissables par, entre autres, l’ambiguïté et les contradictions de leurs propos. « Si Nous le voulions, Nous te les monterions sous leur vrai visage. D’ailleurs, tu peux les reconnaître à leurs traits et au ton ambigu de leurs propos. Dieu connaît si bien ce que vous faites. » (S.47, 30).

 

A l’époque du Prophète (s), les hypocrites venaient le voir et, devant lui, ils témoignaient de sa sincérité et de la véracité de ses communications. Ils disaient ainsi une vérité à laquelle ils ne croyaient pas. C’est dire qu’ils mentaient au moment même où ils énonçaient une évidence et une certitude. « Lorsque les hypocrites viennent te voir, ils déclarent : « Nous témoignons que tu es l’Envoyé de Dieu. » Or, Dieu sait bien que tu es Son Envoyé, et Dieu est aussi Témoin que les hypocrites ne font que mentir. » (S.63, 1).

Comment donc les paroles des hypocrites peuvent-elles être véridiques et, en même temps, des menteurs ? C’est parce qu’ils disent avec leurs langues ce qui n’existe pas dans leurs cœurs. Ainsi, leurs bouches témoignent que Muhammad est le Prophète de Dieu mais leurs cœurs démentent leur affirmation. Ainsi, bien qu’’ils décrivent une réalité, ils sont néanmoins des menteurs parce qu’il y a une flagrante contradiction enter l’apparent et le voilé. Ils manquent évidemment de sincérité. En effet, cette vertu se définit par la concordance de la parole avec ce que le cœur contient. Or, les hypocrites mentent parce que leur témoignage n’exprime pas la réalité de leur organe vital, siège de la foi. Autrement dit, leurs cœurs contestent leurs paroles. C’est pourquoi, ils sont perdants en ce monde et dans l’Autre.

C’est qu’en ce monde du témoignage, chaque fois que l’hypocrite accomplit un acte de foi, Dieu sait que c’est un mensonge. Lorsqu’il chercher à mystifier le croyant, il se découvre car ils sont convaincus avoir accompli une œuvre bienfaitrice mais, en réalité, ils ne s’attirent que la perte la plus évidente et la perdition la plus éclatante.

 

            Ces deux versets expliquent le sens global de l’hypocrisie. L’hypocrite est ainsi celui dont les paroles publiques ne reflètent pas les convictions intérieures. Apparemment, c’est un homme pieux. Par ce comportement crédible, il trompe effectivement ceux qui l’écoutent. Cependant, ils pensent à tort qu’il leurre Dieu. En réalité, ils se trompe lui-même car Celui qui l’a créé est plus prés de lui que sa veine jugulaire : il connaît ce qu’ils affiche extérieurement et ce qu’il dissimule intérieurement. Autrement dit, Dieu sait que cet homme ment.

Il s’ensuit que l’hypocrite manque de sincérité. Il n’a pas le courage de dévoiler ses véritables intentions. Par contre, grâce à sa simulation, il parvient aisément à fréquenter les gens qu’ils cherchent à espionner, tant il est vrai que l’espion politique en temps de paix, comme en temps de guerre, s’inscrit dans cette catégorie.

 

A l’époque du Prophète (s), les hypocrites médinois avaient réussi à pénétrer dans les rangs des musulmans. Ils avaient, de ce fait, causé de graves préjudices à la communauté islamique. Ils continuent certainement, à notre époque, de poursuivre leurs basses besognes. Bien que le Coran nous expose dans ces versets comment les reconnaître, en dévoilant leurs natures, il n’en reste pas qu’il n’est pas toujours facile de les débusquer.

 

10 – Dans leur cœur, il y a une maladie que Dieu aggrave. Ils auront un châtiment douloureux à cause de leur démenti. Il y a dans les cœurs de ces gens, qui jouent un double jeu, la maladie du mensonge et de la conjecture. Dieu leur a ajouté l’angoisse, l’agitation, le doute et la suspicion car la mauvaise action ne peut être rétribuée que par une mauvaise action similaire et l’acte honorable ne peut que recevoir qu’un acte aussi honorable. Dieu a préparé à ces hypocrites impénitents un châtiment exemplaire dans l’Au-delà parce qu’ils ont traité de mensonge la Vérité. Ils ont aussi traité de mensonge la Parole de Dieu. Dès lors, leurs actes sont marqués par la mauvaiseté la plus infâme. Il n’y a rien d’étonnant à leur comportement puisque le mensonge est à l’origine de toutes leurs fautes infamantes.

 

Cette maladie, dont parle ce verset, n’est pas de celle qui atteint les corps. Elle s’attaque à la foi, c’est-à-dire au cœur, celui-ci étant le siège de cette foi. C’est donc une maladie dans la religion. Ce mal, dont sont atteints ces hommes, s’exprime sous forme de doute à propos de l’Islâm, et d’hypocrisie parce qu’il ne croit qu’en apparence. Dieu a ajouté une souillure à la souillure qui existait déjà, un égarement sur un autre. Il a même augmenté leur suspicion pour mieux les encrasser dans leurs errements spirituels. A la suite de quoi, les autres versets se suivent en égrenant la méchanceté de leurs actes qui dénoncent leur comportement devant les gens. Ils se montrent comme des êtres pervers. Ce sont des gens qui conjuguent l’impiété avec la dissimulation, le déguisement des propos avec la mauvaise foi dans leurs activités publics, ainsi que l’indique distinctement le verset ci-après :

 

            Le Coran nous apprend que l’hypocrite possède un cœur malade. Ce n’est pas une maladie qui nécessite une intervention chirurgicale. Elle est psychologique et, de ce fait, elle a atteint ce qu’il a d’inné en lui, a rongé son âme et a consumé sa foi. Dieu aggrave davantage ce mal. Dès lors, il ne parvient pas à comprendre la vérité, comme le malade fortement fiévreux, dont le cœur palpite faiblement, ne saisit pas  les paroles de son médecin.

C’est ainsi que l’hypocrite, s’imaginant se cramponner dans des positions imprenables, s’égarent, en vérité, profondément du droit chemin sans en avoir pleinement connaissance. D’ailleurs comment peut être conscient quelqu’un qui avance continuellement dans les profondeurs des ténèbres. Il ignore la réalité de sa situation et de son état. Dès lors qu’il n’éprouve aucun sentiment en Celui qui l’a mis au monde, il n’a aucun le désir de L’adorer. Aussi ne peut-il attendre de Lui ni soutien ni aide. L’homme riche et mécréant croit que Dieu se trouve de son côté et le conforte dans ses positions. Il perd de vue que quels quel soient les buts qu’il s’est fixés et a réussi à atteindre, il en est un, celui de la fin de sa vie, après laquelle toutes ses richesses, ses réjouissances, ses plaisirs… ne lui auront aucunement servi. C’est dire que tous ses objectifs réussis n’auront eu aucune raison sur le principal d’entre eux car il a été incapable de suivre son sillage. Aussi, pour n’avoir pas choisi la meilleure voie, c’est le dur châtiment divin qu’il trouvera au bout de ses efforts terrestres. C’est que sa vie, d’ici et de l’autre, a été minée par une contradiction profonde et fondamentale ; elle porte, d’un côté sur la richesse fondée sur un aveuglement spirituel et, d’autre part, sur la pauvreté du sort axée sur la cécité au moment de la traverser le pont du Sirât.

Dieu compare donc le contenu du cœur des hypocrites à une maladie. Or, celle-ci occasionne des douleurs. C’est dire que leur organe vital ne possède pas cette santé qui les vivifie et leur donne plus de force et de puissance. Qu’est-ce donc cette maladie ? Le cœur est atteint par une incompatibilité et un antagonisme avec tout son environnement. Il ressent ce sentiment ou cette sensation d’une vie pleine de mensonges. Cet situation lui procure une agitation psychologique dont la guérison relève de la Volonté de Dieu car la foi est le seul remède réel. « Ce Coran que Nous révélons et qui apporte aux croyants guérison et miséricorde ne fait, en réalité, qu’aggraver la ruine des méchants. » (S.17, 82)

 

Ainsi, la foi et le Coran constituent les deux formules de la guérison du cœur. Ils sont, tous les deux, éloignés de ceux des hypocrites. C’est comme si la maladie progressait avec le temps. Telle est le troisième trait caractéristique des hypocrites. Ce sont des hommes, dont le cœur malade ne s’ouvre pas à la lumière de la foi. C’est pourquoi, cet organe est si faible qu’il n’y a pas en lui la moindre force nécessaire à recevoir la connaissance de la Vérité. Il est empli d’une crainte qui lui fait se méfier de tout ce qui l’entoure. Tout malade physique ne porte en lui aucun remède à même de le renforcer. Il en est également de la maladie psychologique qui ne détient aucune puissance pour se renforcer des paroles de vérité, et de sincérité, deux qualificatifs concordants avec la nature originelle de l’homme. Aussi le châtiment des hypocrites sera-t-il le plus sévère. « Les hypocrites seront relégués au plus bas degré de l’Enfer, où ils ne pourront recevoir aucun secours. » (S.4, 145)

 

L’Idée directrice :

 

            La mise en garde contre le mensonge, l’hypocrisie et la trahison. Les effets de la trahison se retournent contre son auteur, de la même manière que la mauvaise actionne peut qu’engendrer une autre mauvaise action aussi semblable.

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Définition et comportement des hypocrites

(deuxième partie)

 

Par Tahar Gaïd

 

11 – Lorsqu’on leur dit : « Ne faites pas de dégâts sur terre », ils répondent : « Mais nous sommes des réformateurs. Lorsqu’on conseille ces hypocrites de renoncer à leur néfaste comportement car ils causent des dégâts sur terre, étant auteurs d’attitudes hypocrites et immorales, et des facteurs de divisions, ils répondent d’une manière mensongère, qu’au contraire, ils ne cherchent que le bien et l’utilité pour les gens. Ils prétendent ainsi qu’ils projettent seulement d’améliore leur sort. Ces réponses sont de celles qui émanent de personnes disposées à semer la discorde et la zizanie au sein de la société.

 

             Faire des dégâts sur terre consiste à croire accomplir un bon acte alors que le résultat est néfaste. Or ce que Dieu commande aux humains, c’est faire correspondre le travail à réaliser avec l’objectif que l’on se proposait d’atteindre. Aucun élément ne doit intervenir pour le dévier de sa trajectoire. Dès lors, quand quelqu’un veut s’élever dans la foi, il lui appartient d’ajouter aux bonnes choses obtenues par les efforts humains d’autres bonnes choses. C’est que Dieu a établi correctement et convenablement les composantes de la vie dans l’univers. Le triomphant est celui qui n’abandonne et ne néglige aucun des composants avec lesquels il a été créé. C’est en renonçant à eux que les dégâts de produisent sur terre.

Prenant un exemple : Il y a un puits où les gens viennent se rafraîchir. Il n’est pas en bon état. Or, cette eau est un bienfait de Dieu, nécessaire à la vie des gens. L’homme peut intervenir pour réparer ce puits. A cet effet, il consolide les pierres de sorte soit à éviter les écoulements du précieux liquide, soit que la terre ou le sable le pénètre. Si le puits est en bon état, il est de son devoir d’aider, par exemple, les handicapés, à puiser de l’eau à l’aide d’un seau. Mais, cet homme s’érige en auteur de dégâts s’il intervient pour démolir le puits ou pour y jeter des souillures pour polluer l’eau. Il a ainsi causé un préjudice dans la vie.

 

Il en est ainsi des hypocrites. Dieu a fait descendre sur terre une Loi pour une vie agréable. Mais ces gens, qui jouent le double jeu, déploient tous leurs efforts pour semer la zizanie et la discorde car ils commandent le contraire des prescriptions de cette Loi. Aussi se plaisent-ils à jeter insidieusement le discrédit sur l’Islâm à l’intérieur même des croyants.

 

Les ennemis de l’Islâm se sont aperçus que l’Islâm, fort de sa religion, ne peut pas être attaqué sur sa morale, ses principes et ses valeurs. Aussi s’en prennent-ils contre lui sur des questions secondaires comme le port du Hijâb. Cependant, ils ne parviennent pas à le vaincre sur les problèmes du Vrai et du Faux. C’est pourquoi, ils sont conçus l’idée de le combattre de l’intérieur. Ils en trouvé en les hypocrites de bons alliés afin de susciter la division entre les musulmans. C’est ainsi qu’ils ont imaginé la laïcité, le « progressisme » et le gauchisme pour fomenter de profondes divergences. Les hypocrites ont ainsi enveloppé l’Islâm de ces étiquettes pour avancer plus sûrement vers la démolition des assises de la religion.  Et quand leur attention est attiré sur les dangers de leurs attitudes négatives, ils se dressent pour déclarer que ce sont eux les bons musulmans, qui cherchent vraiment l’intérêt de la religion, et que les autres sont des rétrogrades. En fait leurs réformes vont à l’encontre de la Parole de Dieu, inchangeable et éternelle. Sont-ils de nouveaux kharijites ?

 

12 – Ce sont eux les faiseurs de dégâts (alâ inna-hum humu as-sufahâ) mais ils n’en ont pas conscience (wa lakinna lâ ya’lamûna). Cependant, ce discours des hypocrites est empreint de fausseté car ce sont eux les responsables des dégâts sur terre. Il n’y a pas de plus semeurs de détriments et de préjudices que les hypocrites. C’est que, étant des dissimulateurs, leur nature devient mauvaise parce que leurs croyances intérieures, étant la racine de leur  hypocrisie, les conduisent inévitablement à entreprendre des actes qui divisent ceux qui les côtoient. Il ne peut en être autrement puisqu’ils sont des fauteurs de trouble. En dépit des conséquences de leurs activités pernicieuses, ils persévèrent dans leur inconscience, convaincus, à tort, qu’ils sont des justes. Il ne peut en être différemment dès lors que, dans leur perception, le mal est vu en bien, le faux en vrai. Ceux qui ne se rendent pas compte de leurs funestes agissements, n’arriveront jamais à se corriger et, partant, à connaître la Vérité. C’est pourquoi, dans l’Au-delà, ils ne subiront que honte et humiliation de la part de Dieu à cause de leurs hypocrisies et de leurs mensonges.

 

            Dieu, le Très-Haut nous expose une grande sagesse à savoir : les hypocrites trompent leur propre personne, sans en prendre tout à fait conscience, croyant même qu’ils leurrent Dieu et les croyants. Ils causent des dégâts sur terre et prétendent être des réformateurs. Ce sont, en réalité, des fauteurs de troubles parce que dans leurs cœurs habitent l’impiété et l’animosité, soutenues par la volonté de s’opposer à la Loi divine. S’ils avaient accompli un travail utile, il aurait été apparent et un bien à leur communauté. Malheureusement, leurs belles paroles ne sont jamais suivies de manifestations concrètes parce que ce qu’ils disent avec leur langue ne se conforme pas avec les vrais sentiments de leurs cœurs.

 

L’univers ne peut s’améliorer qu’avec les prescriptions divines car c’est Dieu qui a créé, disposé et déterminé ce qui est vraiment bon ou mauvais, réellement vrai ou faux. Ceci est normal puisqu’Il en est le Créateur. Aucune créature ne connaît tous les secrets de ce qui convient à la construction de l’univers, en dehors de Son Constructeur. En ce monde éphémère, quand des hommes décident d’opérer des réformes dans leur société respective, ils orientent leurs efforts du côté du Constructeur du monde et du Créateur des communautés humaines. C’est Lui qui peut leur indiquer les entreprises à réaliser.

 

Ce n’est pas du fatalisme mais du réalisme. Certes, quelqu’un peut nous dire que s’il veut édifier un mur à tel endroit et à tel jour, ce n’’est pas Dieu qui va intervenir pour le lui interdire. Apparemment, il est vrai qu’Il appartient à ce bâtisseur de décider un travail, de se fixer un but et d’entamer sa besogne au moment où il en manifeste son désir. Cependant, des matériaux de construction peuvent faire défaut, un ouragan surgit et détruit tout sur son passage … Un échafaudage tombe sur sa tête. Accidenté, son activité prendra du retard. Peut-être même qu’au dernier instant, les capitaux seront insuffisants pour poursuivre sa tâche. Tout relève de la Volonté divine. On dit bien que l’homme propose et Dieu dispose.

 

Revenons aux hypocrites ! Dieu a décrété que ce sont eux les fomenteurs de dégâts. C’est un décret de certitude. Toute personne, au nom de la religion islamique, qui projette de changer la Loi de Dieu ou de retarder son application, en arguant qu’elle le conçoit par esprit de réforme, se comporte en hypocrite. En effet, si elle voulait orienter ses efforts dans le sens de l’amélioration de sa société, elle opterait pour la Loi céleste que le Créateur de cet univers a descendue du Ciel. Ses prescriptions sont connues. Personne ne peut les ignorer.

 

            Il est à faire remarquer l’expression Coranique qui note la magnificence de la démonstration d’une vérité : alâ inna-hum humu-s-sufahâ. La phrase est affirmative en se construisant avec quatre assertions: alâ (procédé pour attirer l’attention), inna (particule de certitude), hum (pronom personnel) et enfin l’indication du concerné assufahâ. La conclusion est terrible pour ces hypocrites : wa lakinna, lâ ya’lamûna : mais ils ne le savent pas. 

 

            Ces versets mettent en exergue l’arrogance, la suffisance et l’impertinence des hypocrites. Etant des fauteurs inconscients des désordres et des troubles qu’ils provoquent aussi bien sur le plan matériel que sur celui des idées, ils se considèrent comme de véritables réformateurs. Nous les observons dans le domaine des tentatives de remédier, pensent-ils, aux maux de l’Islâm. Ils parlent de susciter de nouvelles lumières de l’Islâm alors que la Lumière de Dieu ne les a pas encore pénétrés. Ils pensent introduire le concept de la raison dans les sciences islamiques mais ils s’entremêlent dans leurs formules déraisonnées. Ils ne se rendent pas compte qu’ils tentent de reprendre, à leur compte, les « habits » d’un Luther ou d’un  Calvin et, sur les bases des vertus de l’Islâm, ils édifient une nouvelle religion comme l’ont fait, d’une  certaine manière certes, entre autres, les bahaïstes.

 

Ces gens sont, probablement, les héritiers de ces hypocrites de l’époque du Messager de Dieu (s). Au moment où les adeptes de l’Islâm propageaient les idées d’égalité, de fraternité et de justice, ces faiseurs de malentendus, sous le couvert d’une pensée apparemment saine, s’attaquaient au progrès réalisés par les croyants pieux sous l’égide du Sceau des envoyés (s). Leur comportement était d’autant néfaste qu’ils se faisaient passer pour de fidèles Compagnons du Messagers de Dieu (s). Ils réfutaient les accusations portées encontre eux en se déclarant les véritables réformateurs de la Communauté. En vérité, c’étaient des gens à la fois inconscients, sots et insensés.                                                                                                          

                                                                                                                        

13 – Lorsqu’on leur dit : « Croyez comme croient les gens », ils répondent : « Croirons-nous comme croient les insensés ? Ce sont eux les insensés mais ils n’ont en a pas conscience.» Or, lorsqu’il est demandé à ces hypocrites de suivre l’exemple des croyants et, partant d’embrasser l’Islâm et de faire des préceptes Coraniques leur devise et leur morale, ils répondent ironiquement comment peuvent-ils prendre pour modèles, en faisant allusion aux Compagnons du Prophète (s), des ignorants et des insensés. Pour eux, celui qui se sacrifie pour la Cause de Dieu et s’expose aux dangers pour faire triompher la religion de Dieu relève d’un comportement qui contredit la raison. D’ailleurs fallacieux motifs sont invoqués par les lâches et les poltrons, davantage portés sur les plaisirs, les jouissances, les insouciances et les indifférences de ce monde éphémère. Dieu a montré que ce sont eux, en réalité, les ignorants et les insensés parce que, dans leur comportement, ils passent devant les vrais problèmes de la vie et, ce faisant, ils perdent le meilleur de ce qu’elle véhicule, celui qui assure leur avenir dans la vie dernière. Dès lors, ils s’installent dans des situations d’égarement et continuent à ignorer que ce qu’ils font est mauvais. Il ne faut attendre de leur déviation aucun espoir d’entendement et de bon sens.

 

Dans l’esprit des hypocrites, les pervers sont ces gens pauvres et ces esclaves qui ont rejoint l’Islâm. Etant de condition sociale supérieure, il serait humiliant pour ces hommes, partisans du double jeu, de se mélanger aux « déchets » de leur communauté.

 

Mais que signifie as-safîh sing de as-sufahâ (pervers), du point de vue littéraire ? Il se traduit indifféremment par étourdie, dissipé, irréfléchi, manque de sérieux, sot, stupide, la légèreté dans la réalisation d’une tâche. Il est normal qu’aucun de ces qualificatifs ne décrit le portrait d’un croyant. Cependant, les hypocrites se contredisent en vérité dans leur comportement. Ils qualifient de pervers ceux qui croient en Dieu. Or, eux-mêmes prétendent croire au Miséricordieux. Il s’ensuit qu’ils s’accusent donc de pervers sans s’en rendre compte.

 

L’envoyé de Dieu appelait ces hypocrites à l’Islâm. Les Musulmans également les appelaient à avoir foi en Dieu. En dépit de ces appels, les notables considéraient les croyants comme des gens pauvres (pervers), c’est-à-dire sans ressources matérielles. Ils les prenaient, en réalité, pour des gens sots, irréfléchi… pour avoir épousé cette religion. En fait, ils se comportent comme ces malades qui, dans leur délire, tiennent des propos inconscients. La maladie des hypocrites, c’est l’irréflexion et l’imprévoyance, entre autres. Elle a atteint leurs cœurs au point qu’ils ne font pas attention à une importante réalité. En effet, si les croyants sont des pervers, comme ils le prétendent, pourquoi donc se montrent-ils apparemment croyants au point de devenir pervers comme eux ?

 

Les hypocrites, sûrs d’eux-mêmes, se montraient aussi moqueurs à l’égard des croyants. Ils se croyaient plus sages mais, en vérité, ils ne possédaient pas la spiritualité nécessaire pour se prévaloir d’une supériorité sur les croyants combien même seraient-ils d’une condition sociale inférieure à la leur. Nous assistons à une lutte entre le matérialisme et les vertus spirituelles, entre le monde des affaires d’ici-bas et le monde des provisions pour l’Au-delà, entre ceux qui n’ont de pensée que pour le monde éphémère d’ici-bas et ceux qui oeuvrent pour la vie future sans oublier leur part dans le monde présent.

 

Les Idées directrices :

 

            1 – Blâme des prétentions du menteur. Le mensonge est la plupart du temps est un des attributs des hypocrites.

 

            2 – La réforme de la société ne peut se concevoir que par le travail sérieux avec l’obéissance à Dieu et à Son Envoyé. La désorganisation de la société est l’œuvre de la désobéissance de Dieu et de Son Envoyé, ce qui a pour conséquence la corruption morale et matérielle des personnes et du gâchis qui en est déduit.  

 

            3 – Les acteurs de la malversation politique d’une société se présentent toujours comme les véritables agents des réformes et non point ceux des forfaitures et des prévarications et des corruptions.

 

14 – Lorsqu’ils rencontrent ceux qui ont cru, ils disent : « Nous croyons ». Mais dès qu’ils restent seuls avec leurs démons, ils disent : »Nous sommes assurément avec vous. Nous ne faisons que nous moquer d’eux. » Lorsque ces hypocrites rencontrent des croyants, ils les rassurent qu’ils sont de leurs côtés. A cet effet, ils font montre d’une foi avec leurs langues mais ils dissimulent la mécréance de leurs cœurs. Leur souci consiste à assurer leur sécurité et à protéger leurs biens. Cependant, quand ils retournent auprès de ceux qui leur sont associés dans la mécréance et l’hypocrisie, ils affichent leurs véritables convictions en leur déclarant qu’ils partagent leurs croyances. Ils leur avouent qu’ils ne font que tromper les croyants et se moquer d’eux. Ainsi que nous l’observons, les hypocrites cherchent à gagner la sympathie des deux parties, celle des croyants et celle des mécréants. Cependant, il n’est pas possible de réunir la croyance et la mécréance dans un même ensemble, tant il est vrai qu’il est inimaginable que les contraires puissent s’assembler.

 

Ce verset nous enseigne que les hypocrites sont comme les caméléons, c’est-à-dire qu’ils se revêtent de la couleur où ils évoluent. Autrement dit, ils n’ont pas une identité propre à eux. L’instabilité de leur caractère les fait transmuter d’u camp vers un autre. C’est comme ces hypocrites qui se déclarent de véritables croyants dans un milieu de croyants et les voila qui épousent les idées des négateurs de l’Islâm. Cette catégorie de gens se retrouve encore à notre époque. Ses membres jurent qu’ils sont de vrais musulmans mais ils dilapident les fonds publics. Ils se font sur le plan politique, économique, social et culturel les agents conscients ou inconscients de la nouvelle colonisation étrangère des matières et des idées.

 

Que ce soit sur le plan religieux ou politique, les hypocrites, qui se font passer pour des fidèles fervents de l’Islâm ou des aspirations populaires et nationales, s’érigent, en réalité, en alliés ou en cinquième colonne de puissances étrangères. Ils se camouflent, s’isolent pour n’être vu et entendu par personne, tant il est vrai que la honte et l’opprobre les envahiraient s’ils venaient à être découverts. C’est tout à fait naturel : Quiconque n’agit pas selon la droiture s’efforce de dissimiler des activités tortueuses. Le fait de masquer ses actes est une preuve suffisante que son attitude est mauvaise, sinon criminelle. Il est certain que tout acte honteux et dissimulé est une opération du diable, absolument non agréé par Dieu.

           

15 – Dieu se moquera bien d’eux ; Il les laissera persister dans leur aberration. Dieu se moque de ces gens perfides, sans loi ni foi parce qu’eux mêmes se moquent des croyants. Il les tourne en dérision et les méprise en attendant le moment venu. En attendant, Il les laisse divaguer et vivre impunément dans leur illusion, leur déviation, leur aveuglement, leur imprévoyance et les préjudices qu’ils causent. En réalité, ce n’est qu’un délai qu’Il leur accorde, en prévoyant Son décret, celui de les faire, sûrement, précipiter dans le feu ardent de l’Enfer.

 

Ces hypocrites sont des gens qui n’ont ni force ni puissance morale et spirituelle. Il est facile de se moquer d’eux, à fortiori quand c’est Dieu qui les ridiculise. C’est-à-dire que s’ils manifestent avec leur langue ce qui est contraire au contenu de leurs coeurs, Dieu leur rend la monnaie de leurs pièces : au Jour de la résurrection, tous leurs secrets seront dévoilés et ils seront précipités au fond d’un abîme en flammes. Ils auront mérité leur sort car ils se moquaient des croyants. Or, Dieu condamne les moqueurs.

 

La moquerie est un acte irrespectueux qui affaiblit la foi de l’individu. Elle est encore plus condamnable lorsqu’elle porte sur le portrait ou la constitution physique d’une créature de Dieu. Le Très-Haut déteste absolument ceux ironisent sur ce qu’Il crée. Il est dit dans le Coran : « Ô vous qui croyez !  Ne vous moquez pas les uns les autres, car parfois ceux qui sont tournés en dérision valent mieux que ceux quoi les raillent. » (S.49, 11)

 

Chaque groupement d’hommes est égal à un autre groupement d’hommes. Telle est la justice de Dieu. Quiconque se considère meilleur qu’un autre sur un certain plan, doit faire son examen : il trouvera certainement au moins une seule insuffisance ou imperfection en lui-même qui l’infériorisera par rapport à la personne raillée.

 

Dieu laissera ces moqueurs dans leur aberration, terme qui traduit ya’mahûna qui dérive du nom ‘amyune (aveuglement). Dans ce verset, il ne s‘agit pas de la cécité de la vue mais de la sagacité, de la perspicacité, de la prévoyance et de la clairvoyance. D’ailleurs, Dieu a précisé dans un autre verset d’une autre sourate que ce ne sont pas les yeux qui s’aveuglent mais les coeurs. Autrement dit, le mécréant ne voit pas les signes de Dieu dans l’univers et partant, le Seigneur fait de sorte qu’il ne voit pas la foi et Ses prescriptions. Le verset suivant clarifie davantage la signification du verset étudié présentement : « Seigneur, dira-il, pourquoi m’as-tu ressuscité aveugle alors que sur terre je voyais ? » * « Il en est ainsi, lui dira le Seigneur. Nous t’avons bien envoyé Nos preuves et tu les as négligés ; eh bien, c’est ton tour à toi d’être négligé. » (S.20, 125 et 126)

 

16 – Ce sont eux qui ont troqué la guidance contre l’errance ! Leur négoce n’aura pas gagné. Ne se sont-ils pas fourvoyés en faisant ce marché de dupes ? Ces hypocrites ont préféré l’égarement à la guidance pour laquelle Muhammad (s) a été envoyé. C’est un échange malencontreux car leur troque a consisté à remplacer ce qui est bien et beau par une chose vile et infecte. Ils se sont abusés en faisant ce marché car ils sortiront perdants.

 

            Dieu nous donne un autre trait de caractère des hypocrites. Ce sont ceux qui ont acheté l’égarement et avec quel prix, celui de la guidance. C’est comme si ces gens suivaient la voie de la Vérité, puis ils s’aperçoivent que celle-ci ne réalise pas les objectifs terrestres qu’ils se sont assignés. Ce pourquoi, ils abandonnent ce chemin, font demi-tour et s’engagent ensuite dans celui de l’égarement pour obtenir ce qu’ils désiraient.

 

La guidance première de ces hypocrites était constitué de la fitra, la pure religion originelle. C’est dire qu’il était possible pour eux de se bien guider, sur tous les plans, mais ils ont opté, aveuglément, pour leur perte. Leur malheureux cas est le même que celui de cet ancien peuple appelé Thamûd. Bien que Dieu les avait mis primitivement sur la bonne route, celle du salut, ils ont dévié de leur itinéraire. « Quant aux Thâmud, Nous leur avons indiqué la voie à suivre, mais ils lui préférèrent celle de l’égarement. » (S.41, 17)

 

Dieu compare ce revirement à un troc commercial. C’est comme si ces hypocrites n’ont tiré aucun profit de cet échange, de la même manière que le commerçant ne profite d’aucun gain en vendant sa marchandise. Ils ont donc tout perdu, y compris leur capital.

 

Les hypocrites sont donc des gens dans sans honneur et sans personnalité dès lors qu’ile ne sont pas capables d’accepter la confrontation, à savoir dire clairement leurs fausses convictions religieuses aux croyants. C’est ce qui explique leur faiblesse psychologique. Aussi pourquoi, c’est, de surcroît, un grand menteur car il se ment surtout à lui-même

 

            On reconnaît les vrais hypocrites parce que ce sont ceux qui se moquent des vrais croyants et des vrais patriotes. Le verset nous apprend, par la même occasion, qu’il ne convient pas de juger les gens sur leurs apparences. C’est qu’il y a des gens qui, au vu et au su de tout le monde, se montrent pieux ou nationalistes afin d’établir des liens cordiaux et fraternels avec les membres de leur peuple, tout en établissant, en secret, des liens avec les ennemis des uns et des autres. Ils cherchent à nuire aux croyants aux croyantes et aux intérêts de leur communauté. Ils sont reconnaissables, ainsi que nous l’indique le verset, parce que ce sont eux qui se moquent des vrais croyants et des vrais patriotes. A travers cette moquerie, ils masquent en réalité leur vilenie. On dit que la meilleure défense, c’est l’attaque. C’est l’attitude qu’ils ont adoptée. Ce sont, en réalité, des personnes qui ont abandonné les hautes valeurs morales pour se fourvoyer dans les sentiers de l’égarement et de la perdition. Dieu leur accorde un temps de répit pour pourvoir se repentir.

 

Lorsque ces pêcheurs ne saisissent pas cette occasion, Dieu les abandonne dans leur crasseuse ignorance au point de perdre complètement Sa miséricorde. C’est alors qu’à son tour, Il se moque de ces hypocrites. A ce propos, ‘Ali Moussa ar-Réza, huitième calife de l’islâm explique que nous ne devons pas comprendre que le Très-Haut se monde des hypocrites ou qu’Il les trompe au sens propre. Mais Il les punit  en les privant de Sa grâce.

 

Dans ce contexte, le Coran compare les actes des hypocrites à des transactions  commerciales dans les conséquences n’ont aucun profit pour eux. Ce ne sera pas la première fois que le Seigneur compare les actes humains à un commerce au terme duquel les hommes peuvent être aussi bien gagnants que perdants. « Ô croyants ! Voulez-vous que Je vous indique un commerce qui vous sauvera d’un châtiment cruel ? * C’est celui de croire en Dieu et à Son Prophète, de lutter pour la Cause de Dieu par vos biens et vos personnes. Cela est dans votre intérêt si vous saviez. » (S.61, 10 et 11)

 

Les idées maîtresses

 

            1 – La menace adressée aux hypocrites et la mise en garde contre leur comportement en leur compagnie. Le Prophète (s) dit : « Le plus scélérat d’entre vous est celui qui a une double face. »

 

            2 – Il y a parmi les dirigeants d’un pays des gens comme des satans qui appellent à la mécréance et à la désobéissance, commandent le blâmable et détournent du convenable.

 

 

 


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2 Commentaires sur cet article

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  • Ayoub Bouazza
    30 novembre 2017 at 11 h 32 min - Reply

    Sujet impeccable et un rappel des croyants et des athées aussi, il enseigne à celui qui veut s’instruire la bonté et la droiture que sollicite le créateur dans ses sujets en brebis égarées. Merci à vous Tahar Gaid pour le choix du sujet définition et comportement des hypocrites.




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  • hicham
    3 décembre 2017 at 16 h 38 min - Reply

    on a tous une part de responsabilité « و يخشى الله من عباده من عباده العلماء




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  • Congrès du Changement Démocratique