Édition du
14 December 2017

Jérusalem: Trump décide d’œuvrer contre la paix

 

Editorial – Baudouin Loos,

Le Soir du 7 décembre 2017

On chercherait vainement un État dans le monde, à l’exception d’Israël, qui se félicite de la décision de Donald Trump de rompre avec la ligne politique observée par les États-Unis depuis un demi-siècle à propos du sort de Jérusalem. En l’occurrence, le pensionnaire de la Maison-Blanche a annoncé ce 6 décembre que son pays reconnaissait désormais Jérusalem comme la capitale d’Israël. L’Américain a pris cette décision malgré les nombreux appels en sens contraire entendus un peu partout, au Proche-Orient, en Europe, aux… États-Unis ou ailleurs. Pour rappel, dans toutes les configurations sérieuses de plan de paix, la ville de Jérusalem se voit divisée en deux, la partie juive devenant la capitale d’Israël et la partie arabe la capitale de la Palestine.

Donald Trump a très sérieusement expliqué que son geste audacieux, pour dire le moins, faisait partie de ses efforts en vue de conclure «the ultimate deal», l’accord ultime, entre Israéliens et Palestiniens.
En ce sens, il a aussi annoncé qu’il appuierait la solution des deux États (Israël et Palestine côte à côte) si les deux camps en approuvaient la perspective. Et c’est en effet nouveau : si Bush Jr et Obama avaient avalisé la «two-state solution», Trump s’en était bien gardé jusqu’ici. Mais comment arriver à ces deux États en privant les Palestiniens de «leur» capitale?

L’intervention au Proche-Orient du milliardaire qui règne à Washington ressemble à l’irruption d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Pas vraiment une surprise quand on observe l’énergumène en action, fût-ce à travers ses célèbres tweets/jugements sommaires.
L’homme paraît incapable d’écouter les voix qui s’écartent de ses choix. Or, ici, elles n’ont pas manqué de se faire entendre.

Il n’est pas jusqu’à la sénatrice vétéran Dianne Feinstein, d’ascendance juive, qui n’ait exprimé ses inquiétudes dès le 1er décembre, soulignant que «la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël et la relocalisation de l’ambassade américaine dans la ville sainte mettraient le feu aux poudres et renforceraient les extrémistes dans les deux camps». L’élue californienne insistait aussi sur le fait que cette décision sur Jérusalem «éroderait la crédibilité américaine en tant que médiateur non biaisé, aliénerait nos alliés et minerait les derniers espoirs d’aboutir à la solution des deux États».

La question est en effet pertinente : pourquoi Trump a-t-il rompu avec la politique traditionnelle de son pays sur Jérusalem? Et pourquoi maintenant, alors que ses conseillers étaient en train de finaliser un plan de paix, dès lors mort-né? Qui connaît la réponse? En attendant, la nouvelle donne fait le jeu de la coalition au pouvoir en Israël, celle de la droite nationaliste et de l’extrême droite, dont la politique de faits accomplis qui bafouent le droit international se trouve plus que jamais confortée par la première puissance mondiale.


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7 Commentaires sur cet article

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  • lhadio
    7 décembre 2017 at 10 h 36 min - Reply

    Le problème mon cher ami c’est que Les USA et Irael sont unis contrairement au Monde Musulman qui n’arrive toujours pas a se faire entendre et être respecté faute de ses dirigeants douteux certain sont chrétien comme chakib khalli omar moussa d’egypte rania de jordani la femme de hosni moubareketc..le diable a divisé ce beau monde regarder hier l’iran parle de son nom pareil pour la palestine pareil pour la Turquie pareil pour nos saadani et jamel ouled abbaes ouled kadour etc…




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  • Medjadji Smail
    7 décembre 2017 at 13 h 53 min - Reply

    La création de l’Etat d’Israël en 1948 c’était un problème politique et non religieux.
    l’entente entre les USA et Israël relève d’une entente politique et non religieuse.
    Faire de ce conflit Israëlo-Palestinien un problème de religion,c’est rentrer dans un mur en béton,et c’est ce qu’il vient de faire un certain Trump qui se trompe sur toute la ligne par ses prises de positions spectacles juste pour cacher son impuissance face à un fou provocateur de la Corée du Nord et essayer de dérouter une grande frange de l’opinion américaine sur le plan intérieur.Donc le monde entier est dans la case « wait and see »!




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  • Tewfiknabil
    7 décembre 2017 at 20 h 27 min - Reply

    Rien d’étonnant de la part de Trump d’avaliser un fait accompli devant mener inéluctablement à faire de Jérusalem la capitale du Nouvel Ordre Mondial, tant loué,justifié et défendu par beaucoup de leaders de ce monde (arabes y compris), sous la pression de lobbys très puissants et très influents.




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  • fatma
    7 décembre 2017 at 22 h 25 min - Reply

    C’est indigne de la plus grande puissance mondiale, c’est indigne du pays de Georges Washington, d’Abraham Lincoln, de John Fitzgerald Kennedy, de Martin Luter King etc…
    Je pense que ce fou ne s’est pas aventuré sans avoir l’aval des principales capitales arabes du proche et moyen-orient. Il n’osera jamais s’attaquer à des fous comme lui à l’exemple de Putine ou du dictateur de la Corée du Nord, il sait très bien ce qu’il risque, mais avec les béni oui-oui il peut dormir sur ses deux oreilles. La Palestine est trahie.
    Et ce machin appelé ONU que va-t-il faire si ce n’est « condamner la décision des USA »




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    • Dria
      8 décembre 2017 at 10 h 59 min - Reply

      Trump a tenu sa promesse électorale.
      Il faut lire le livre « Jesus est juif en Amérique »de Célia Belin (ed Fayard 2011), pour comprendre ce cheminement normal ancré dans l’idéologie des républicains.Il a tenu sa promesse électoral,envers les chrétiens évangéliques et les chrétiens sionistes majoritaire dans le parti républicain.

      Ce scénario devait avoir lieu, juste après la visite de Trump en Arabie tayhoudite, avec l’aval des Emirats EUA, si ce n’était le sursaut du Qatar qui a retardé un peu cette déclaration.

      Pour moi l’ambassade US à Al-Qods n’est pas plus humiliante que la dance de sabre de MBS, Selmane, ou de Zayd avec ce même Trump et Bush auparavant.

      Une fois de plus, ce n’est pas un question d’analyse, de laïus mais il faut un sursaut salvateur par des prises de positions concrètes des ACTES à la hauteur de ces défis que lancent les sionistes quotidiennement à la figure non pas des palestiniens seulement ,mais du monde arabo-musulmans en générale, dans cette guerre qui ne dit pas son non, il faut reconnaître que les chiites iraniens tiennent des positions plus honorifiques que tous les autres sunnites réunis…

      Djumu3a mubaraka à tous,




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  • Namara
    9 décembre 2017 at 12 h 25 min - Reply

    Tous les gouvernants arabes et musulmans sont des lâches; des pétochards qui becquetent dans la main des USA. Ce canaille de Trump et tous les youpins sionistes le savent plus que bien; c’est pour ça qu’ils agissent de cette manière. Ils savent aussi qu’il n’y a plus des Hommes comme Boumediène, Nasser, Saddam et El Assad. Damnation-اللعن sur tous ceux inféodés aux juifs sionistes.




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    • Anissa
      10 décembre 2017 at 13 h 25 min - Reply

      Tous les gouvernants arabes et musulmans sont des lâches dites vous, et selon vos propos les Boumediène, Nasser, Saddam et El Assad sont des hommes vous avez d’ailleurs oublié Kadhafi et Saleh comme ça la liste est complète. Vous croyez vraiment que ces dictateurs criminels étaient des hommes ? C’est vraiment incroyable comment on peut être à ce point naïf voire bête et je m’excuse par avance. Monsieur Namara les gens que vous avez cités sont à l’origine de tous les malheurs de leurs pays réciproques, ils ont instauré des dictatures et fait de la Palestine un fonds de commerce, ils se sont accrochés au pouvoir de toutes leur force en assassinant ou en emprisonnant tous ceux qui s’opposent à eux. Ils n’ont quitté les pouvoir que morts ou assassinés comme des chiens.




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    Congrès du Changement Démocratique