Édition du
9 December 2018

QUAND LA RÉALITÉ DÉPASSE LA FICTION

Larbi K.                     

Il m’est très difficile de trouver les mots exacts et convenables pour décrire ce qui se passe réellement en Algérie. La langue avec laquelle je veux le faire, refuse de s’aligner correctement sur ce papier. J’entends, je vois, je constate, je ressens, j’imagine, j’essaye de raisonner, mais rien de cohérent et de réel ne me convainc. Est- ce un cauchemar, une réalité, une fiction? Je n’en sais rien. Tout ce que je sais, c’est que je suis vivant et éveillé tandis ce qu’on essaie de me bercer encore et encore et de m’inviter à des spectacles et à des discours hors du commun. Je suis obnubilé par l’excellence de la médiocrité des gens au pouvoir.

Aujourd’hui, les jeunes Algériens ne dorment plus sur des berceuses. Ils dénoncent et rient des turpitudes obscènes et enfantines de politiciens  mal élevés et mal éduqués qui n’ont pour limite que leurs malversations de tout genre.

Quoi penser de nos dirigeants qui nous jettent en pâture des zombies sortis d’une fiction noire et burlesque pour nous convaincre que le ridicule et la médiocrité sont une norme. Est-ce le miroir de notre société? Je ne le pense pas.

Nous assistons tous hébétés à des guignols qui n’ont rien de caricatural car aucun message, ni sens, ni morale ne vient secouer notre intelligence. Au contraire ils l’insultent. Ceci relève du mépris pour un peuple qui vit une réalité qui dépasse leur fiction.

Ce pays vit un statuquo depuis un demi-siècle à cause de la rente, loin et détaché complètement des réalités géopolitiques et géostratégiques de ce monde. Il tergiverse à chaque fois pour glisser entre les mailles du filet. Jusqu’à quand cette fuite en avant?

Un soi-disant  président, inexistant,  une justice aux ordres, une administration corrompue, une armée d’affairistes, un corps policier « haggar« , des partis aux services, une assemblée inculte, un sénat de vieillards, une constitution bafouée et tronquée, un service de renseignement aux aguets, de nouveaux oligarques aux ordres de l’argent sans scrupules qui se pensent immortels, n’arrivent toujours pas à structurer un état et une société. Incapables de mettre des institutions debout à cause de cette obsession qui est l’argent et le pouvoir de domination.

Pourquoi sacrifier tout un peuple pour votre incompétence vicieuse et viciée?

Pourquoi ce président s’est-il entouré d’incompétents et de bandits de grands chemins? Y a-t-il un lien de quelque nature que ce soit? Je donne ma langue au chat.

Monsieur le président, fallait-il s’entourer de turlupins incultes et analphabètes pour paraitre plus compétent et ainsi assoir votre pouvoir? Je ne le pense puisque vous avez fait vos preuves en diplomatie et que vous avez même occupé un poste de secrétaire général des nations-unies. Il vous a quand même, été facile d’écarter de grosses pointures comme l’avait fait votre prédécesseur en 1965 qui lui au moins, avait du leadership, une vision et des projets à mettre en place avec à peine quelques milliards de dollars et qui s’est quand même entouré de quelques gens honnêtes et très humbles.

Pourquoi avoir réinstauré un climat de suspicion et de peur dans la société qui est devenue amorphe par la crainte et par une obéissance humiliante en devenant tous des agents du DRS ? Pourquoi avoir fait fuir l’élite qui avait fondé en vous un espoir  dès votre arrivée en 1999 en ayant cru à vos discours enflammés sur la gouvernance et l’alternance? Tout cela n’a été que supercherie.

Votre discours en 2008 sur l’alternance avec « Tab Djanna«  aurait été le moment opportun pour tourner la page. Mais non, vous avez préféré falsifier la constitution pour un troisième mandat. Depuis cette escroquerie, le peuple a compris que vous n’étiez plus crédible.

Ce qui me répugne, me révolte le plus et me désarme,  c’est que le monde entier assiste à travers les réseaux sociaux au festival qui se déroule dans mon pays au point où nous sommes devenus la risée. Ils sont ébahis et ne comprennent pas pourquoi tout un peuple fuit ce merveilleux pays.

Autant de question auxquelles je ne trouve pas de réponses me laissent perplexe et hagard. Je n’arrive plus à réfléchir ni à concevoir ce qui se trame dans vos coulisses. Je laisse le soin à l’être suprême d’élucider vos énigmes. Je n’ai aucune force ni moyens de combattre les djouns et le diable. Une chose est certaine c’est qu’il y aura une fin à cette tragique mascarade.

 

 


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5 Commentaires sur cet article

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  • M.Bous
    3 février 2018 at 23 h 27 min - Reply

    Le dessin caricatural est très explicatif du paradoxe que nous sommes entrain de vivre depuis près de 40 ans … pour reprendre une phrase du Dr Benbitour  » on exporte nos richesses pour importer notre pauvreté  » … de la richesse minières aux richesses humaines ( élite et jeunesse ) le pays tend a une autre désertification qu’aucun  » barrage vert  » ne pourra contenir …
    Et pourtant on a tout pour réussir ! … des hommes , des volontés , des étendus , de l’eau , du ciel ,des sous sol , une histoire , une religion , des expériences … Mais que se passe t-il ? … Lorsque tout le monde ( pouvoir et peuple ) est convaincu qu’on va mal ! , que presque tout n’est pas aux normes ! , qu’on patauge ! , qu’on refait les memes erreurs a chaque remaniement , a chaque changement de clan , a chaque changement d’acteurs … a chaque nouvelle politique … quelle est la nature de cet empechement qui enchaine nos bras a nos jambes nous empechant a faire un pas en avant , juste un pas … le premier pas ! …
    Individuellement , notre majorité est hostile a l’incivilité ,a la corruption ,a la  » hogra  » , a l’impunité , au régionalisme a la dégradation de nos valeurs de notre environnement … en société on fait cap sur l’inverse ! …
    Si le pouvoir méprise l’élite qui n’a pas l’échine courbée , notre société l’étouffe , la suffoque , la réduit au silence ! … mais chaque individu sait que sans élite ( intègre et engagée ) on avancera point ! …
    On vit une double vie , l’une annule l’autre … on est positif dans nos pensées , négatif dans le vécu en société ! … on s’annule … devant notre cas , la psychanalyse doit refaire l’école ! …
    En société , on crée nos bourreaux , du marchand de légumes , vendeur de pain ou de lait en sac plastique , gardien de parking ou agent d’administration … jusqu’au wali, général ou autre haut commis de l’état … pour en etre le bourreau d’un autre a partir de notre position , que l’on soit percepteur ou vendeur de cacahuètes …
    Je tient une phrase d’un sage qui n’est plus parmi nous ( rahimahou allah ) ,  » La corruption , la perte des valeurs commence toujours a infester la tete ( pouvoir en place ) et se propage au plus bas echelle de la société , la réforme elle , doit commencer par le bas ( société ) …  » …
    Que dieu nous aide , tout en sachant que  » Dieu ne change pas ce que les gents font jusqu’a ce qu’ils changent eux memes  » … Nous implorons en lui sa miséricorde ! …




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  • Meriem
    4 février 2018 at 20 h 37 min - Reply

    MAO a dit le pouvoir est au bout du fusil




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  • Afriman
    10 février 2018 at 17 h 45 min - Reply

    Un pays qui vit de ses rentes ne fait que retarder sa ruine.Les deux piliers du régime sont la matraque et la rente.Qui sème le vent…




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  • Yassine
    13 février 2018 at 13 h 46 min - Reply

    L’espoir fait vivre , meme s’il est illusoire . Desole , mais il n’ya aucune alternative a la descente aux enfers.
    Les jours sont comptes pour la fausse richesse de la rente ,sans pour autant deboucher sur
    une solution .On continuera a patauger comme on l’a fait depuis 60 ans .
    Croire dans l’illusion de la democratie en terre arabo-musulmanane est un leurre .
    Les ennemies de la democratie et de la liberte sont la majorite du peuple lui-meme. Meme dans la cellule familliale c’est le « GHILK E SADDANE EL’FOUM « .
    Le pouvoir est a l’image du peuple . Quant au mepris envers l’elite qui ne courbe pas l’echine ; il est tres fortement encre dans le peuple lui-meme .Je renvois donc dos a dos le pouvoir et le peuple.

    Cordialement
    Yassine




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  • bendi
    14 février 2018 at 17 h 34 min - Reply

    Bonjour,
    Une petite remarque, le gars de 65 et le ptit gars de 99, c’est la même pièce de théâtre malsain servie en « chaoui » puis en « nedromi »
    Ils ont été à l’école de l’égo démesuré, 2 anciens planqués que l’intrigue et la traitrise ont projeté au devant de la scène, pour notre malheur.
    S’ils ont eu des traits considérés comme positifs c’est pour leur bobine pas pour leur peuple.
    Le gars de 65 est parti et n’a pas laissé d’état derrière lui, son successeur a été adoubé autour d’un whisky coca.
    Le ptit de 99 s’est entouré « d’hommes d’état » c’est à dire rien du tout, il est devenu une marionnette d’état au sens vrai du terme.
    Humeur du 14/02




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  • Congrès du Changement Démocratique