NOUS NE MÉRITONS PEUT ÊTRE PAS CE PAYS

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    Abdellah CHEBBAH                 Juin, 2021

Ce pays est trop grand, trop beau et trop riche pour un peuple qui ne sait pas quoi en faire. Son histoire millénaire montre bien qu’il a toujours été conquis et envahi par différents conquérants. Chacun a laissé des empruntes indélébiles que l’on retrouve dans notre vocable, nos comportements, nos manières, nos noms, nos plats culinaires, nos faciès, nos caractères et nos relations interpersonnelles. Il y a de tout en nous: du Vandale, du Romain, du Berbère, de l’Arabe, de l’Espagnol, du Turc, du Français.  Nous ne savons plus qui nous sommes. Bien heureusement, notre religion a pu nous amalgamer. 

Ce pays aurait été un paradis terrestre entre les mains d’une puissance étrangère qui souffre de certains aléas de la nature. Le Japon, l’Allemagne, la Suisse, pour ne citer que ceux-là, auraient inondé le continent Européen, uniquement en produits agricoles naturels, en énergie solaire abondante et en infrastructures touristiques s’étalant sur une côte de 1200 Km. Il y a de tout dans notre pays. Ce qui manque le plus c’est la volonté politique d’entreprendre des initiatives bénéfiques et conformes à tout un peuple épris de libertés et de droits.

Nous sommes condamnés à être conquis, envahis. Nous sommes maudits par le bon dieu qui nous a tout donné et tout appris.

Ce citoyen de ce pays qu’on appelle l’Algérie n’a aucune véhémence, aucune fougue pour le plaisir de vivre, d’admirer ce que ce pays lui offre. Tous les pays du monde, en l’occurrence Européens, nous envie. Ils ne comprennent absolument pas ce qui se passe, au point où le désir de se l’approprier indirectement fulmine dans leurs relations avec nos dirigeants qui sont prêts à le brader pour des privilèges matériels mal acquis. Ils ne comprennent pas, comme moi-même d’ailleurs, qu’un si riche pays produise du chômage, de la misère et de la pauvreté. Je ne comprends pas qu’on puisse abandonner ce pays au premier venu et de surcroît aux traîtres consanguins de la nation.  

Il y a toujours eu un manque dans l’aboutissement de nos révolutions. Entre le désir de se libérer du conquérant et le maintien d’une nation indépendante s’insurgent des fouteurs de trouble, des bandits de grands chemins issus du même tissu pour saborder et devenir le lien défaillant.

En remontant l’histoire millénaire de notre pays, il y a toujours eu de la méfiance, de la traîtrise et de la haine envers ses siens. Jugurtha, Fatma N’soumer, Abdel Kader, Abane Ramdane et même Boudiaf n’ont pas pu édifier un pays nation. Des traîtres ont toujours réussi à maintenir un lèse de majesté avec l’ancien conquérant. La preuve en est, c’est qu’ils finissent toujours par élire domicile chez celui-ci lorsqu’ils sont rassasiés. Ils n’ont que les mains en Algérie mais les pieds, ailleurs.

Aujourd’hui, nous sommes encore dans ce cas de figure avec l’ancien colonisateur. La France ne voulait en aucun cas abandonner l’Algérie. Il fallait trouver une manière de toujours avoir une main mise sur ce pays. Elle savait ce que recelait notre pays en richesses. C’est ce qui l’importe le plus. Quant à son peuple et ses dirigeants, nous leurs accorderons un minimum de privilèges et de flatteries pour les tenir en laisse. Ils obéiront au doigt et à l’œil car ils ne savent pas quoi en faire de ce pays. Ils auront toujours besoin de quelqu’un pour leur dire quoi faire.

Ainsi est notre destin, auquel je n’y crois pas tellement. Il suffirait peut être d’un petit déclic providentiel consensuel de mémoire et de conscience pour sortir de ce piège que nous tendent nos ennemis.

Croire au destin absolu est une façon de se résigner à ne rien faire lorsque la vie vous met en épreuve et à se complaire lorsqu’on est à l’aise.

Je crois que le citoyen Algérien d’aujourd’hui doit se réinventer, se métamorphoser pour comprendre les enjeux géopolitiques et géostratégiques qui gravitent autour de son pays. Il doit changer certaines choses. Il doit bâtir une vie qui a du sens dans un monde insensé et avoir le courage et l’élégance de jouer avec les cartes qu’il a en main.

                Lui seul peut décider de son destin. Il aura ainsi celui qu’il aura mérité.

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